30 ANS DE JOURNALISME PRO

Photo de Roger-Luc Chayer par Rémi Tamimount

Roger-Luc Chayer

C’est au mois de mai 1993 que j’ai signé mon premier texte dans le Magazine RG, alors publié par Alain Bouchard. Je me présentais en quelques phrases simples et j’annonçais que j’allais poursuivre une collaboration régulière avec le Magazine RG et c’est effectivement ce qui s’est produit pendant environ cinq ans.

Parfois mes textes, surtout certaines enquêtes plus pointues, se retrouvaient publiés dans d’autres médias gais canadiens anglophones, parfois je participais à quelques émissions de radio avec André Arthur, mais toujours à propos de dossiers très recherchés qui n’auraient pas pu facilement être travaillés de l’extérieur de nos communautés.

En 2000, je contactais l’éditeur de la Revue Le Point pour lui dire que sa revue comportait beaucoup de fautes de français, c’est alors qu’il m’a demandé de devenir son réacteur en chef, poste que j’ai occupé pendant 2 ans jusqu’en novembre 2002, jusqu’au moment où mon éditeur a annoncé à tout le monde qu’il voulait fermer la publication.

Après avoir réfléchi à la situation et étant convaincu qu’une presse LGBT profes-sionnelle avait une place importante dans la société en général, j’ai décidé d’acheter la publication et de la continuer avec une toute nouvelle équipe, ou presque.

Contrairement à la compétition qui avait un regard très communautaire lié aux reven-dications historiques de nos communautés, j’ai toujours regardé au-delà justement pour aller traiter de sujets qui n’étaient pas directement liés aux LGBTQ+, mais qui pouvaient influencer nos vies, avoir une incidence sur nos décisions en général. 

L’exemple que j’aime donner est le fameux plat de spaghettis! Rien à voir avec les LGBTQ+, mais nous aussi on en mange et on a intérêt à connaître les meilleures recettes, alors on en parle!

C’est dans cette optique que j’invite les contributeurs, chroniqueurs et journalistes qui écrivent dans le magazine à traiter de sujets qui vont au-delà de nos frontières LGBTQ+, parce que nous vivons dans une société très diversifiée culturellement, pluraliste et que tout nous concerne! Le Centre Mondial du Pluralisme a d’ailleurs une magnifique définition du mot qui représente à 100% notre vision éditoriale: « Les sociétés pluralistes favorisent la participation égale de tous les citoyens dans la sphère politique, économique et socioculturelle de la nation. Elles permettent ainsi aux individus et aux groupes d’exprimer leur identité culturelle, linguistique et religieuse dans le cadre d’une citoyenneté partagée. »

Est-ce qu’après trente ans de journalisme il reste encore des sujets à découvrir ou à traiter? Bien sûr que oui. Tous les jours il se passe quelque chose, se produit une découverte médicale ou scientifique ou des décisions se prennent qui ont des effets sur nous. Il faut alors toujours être prêt à expliquer l’actualité, à faire circuler l’info et à continuer de sortir de nos frontières rassurantes en traitant des dossiers audacieux qui nécessitent parfois beaucoup de travail. Mais c’est avec l’équipe de Gay Globe Média et avec nos partenaires, annonceurs et journalistes qu’on y arrive! Allez pour un autre 30 ans!