43- Les Pays-Bas renoncent à renvoyer en Iran les immigrés illégaux homosexuels ou chrétiens

Rita Verdonk, la ministre néerlandaise de lʼimmigration, est revenue, mercredi 18 octobre, sur sa décision dʼautoriser le renvoi vers Téhéran dʼhomosexuels iraniens qui avaient demandé lʼasile aux Pays-Bas. Dans une lettre adressée la veille aux députés de la Seconde Chambre, Mme Verdonk a indiqué que tous ceux qui “craignent dʼêtre poursuivis ou de subir des traitements inhumains (…) peuvent prétendre à recevoir une autorisation de séjour”.
Les éventuelles expulsions de chrétiens iraniens, dont des musulmans convertis, sont, elles, suspendues jusquʼen mai 2007. Elles feront lʼobjet dʼun moratoire en lʼattente dʼun rapport de la diplomatie néerlandaise sur la situation précise des croyants non musulmans en Iran. A un mois des élections législatives du 22 novembre aux Pays-Bas, celle que la presse néerlandaise appelle “Rita de fer” met ainsi fin à une polémique quʼelle avait déclenchée en février à la Chambre en affirmant, en réponse à des députés, que les homosexuels et les chrétiens ne risquaient rien en Iran. Sʼappuyant, disait-elle, sur des rapports officiels néerlandais, la ministre affirmait que personne ne pouvait, en Iran, être exécuté pour homosexualité. Même si elle est passible de la peine capitale, la sodomie, justifiait la ministre, nʼest plus la “cause unique” dʼune condamnation à mort.
Entre-temps, lʼorganisation non gouvernementale Human Rights Watch a confirmé que le code iranien prévoit la flagellation des homosexuels, hommes et femmes, ainsi que leur exécution si leur “crime” se répète à trois reprises. LʼONG, évoquant une répression systématique des homosexuels, invitait également à la prudence face aux assurances diplomatiques obtenues de Téhéran. En 2005, quelque 500 Iraniens ont demandé lʼasile aux Pays-Bas ; 166 ont été rapatriés. Une dizaine sʼétaient déclarés homosexuels, dont lʼun se disait menacé de mort dans son pays. Compte tenu du revirement opéré par la ministre, les Iraniens qui, désormais, prouveront leur nationalité, leur homosexualité ainsi que le fait quʼils nʼont pas de casier judiciaire et quʼils nʼont pas introduit de demande dans un autre Etat de lʼUnion européenne, bénéficieront du droit dʼasile. En cas de mensonge, ils seront immédiatement privés de leur titre de séjour.