50- Page 28 de la Revue Le Point

Dépistage du cancer
de la prostate:
bénéfi ces
hypothétiques
Par : AFP
Les «inconvénients» dʼun dépis-
tage systématique du cancer de la
prostate «sont certains, les bénéfi-
ces sont hypothétiques», car «seuls
les résultats des études en cours
permettront de trancher», ont mis
en garde dimanche des chercheurs
français dans un communiqué ré-
sumant leurs récents travaux.
«Lʼinconvénient majeur» dʼun dé-
pistage systématique du cancer de
la prostate par dosage du PSA (an-
tigène spécifique prostatique) «est
le surdiagnostic, cʼest-à-dire le dé-
pistage de cancers qui ne seraient
jamais devenus symptomatiques»,
soulignent Catherine Hill, épi-
démiologiste à lʼInstitut Gustave
Roussy (IGR) à Villejuif, et le Pr
Gérard Dubois (CHU DʼAmiens).
«De plus, les traitements entraî-
nent souvent impuissance et in-
continence», ajoutent-ils.
«Trouver plus tôt un cancer ne
suffit pas à démontrer que cela est
utile au patient. Seules des études
épidémiologiques qui démontrent
une baisse de la mortalité peuvent
apporter une telle preuve», insis-
tent-ils.
Lʼefficacité dʼun programme de
dépistage de masse est démontrée
pour le cancer du col de lʼutérus,
du côlon et du rectum, et du sein,
mais «pour le cancer de la pros-
tate, les études sont en cours, lʼef-
ficacité du dépistage nʼest donc
pas établie à ce jour», selon le Dr
Hill et dʼautres épidémiologistes
de lʼIGR.
LʼAssociation française dʼurologie
(AFU) recommande pour sa part
le dépistage individuel à tous les
hommes âgés de 50 à 75 ans, ainsi
quʼun dépistage à partir de 45 ans
aux patients présentant un risque
particulier (antécédents familiaux,
origine africaine ou antillaise).
Par: Le Temps Photo : Harvard
D’où viennent les résistances au SIDA?
Nous ne sommes pas égaux devant le sida. Certaines personnes luttent et résistent mieux,
d’autres s’avèrent particulièrement sans défense. Une équipe internationale de chercheurs
comptant plusieurs Vaudois et Genevois et dirigée par Amalio Telenti, de l’Institut de micro-
biologie de l’Université de Lausanne, a mis en évidence, chez les personnes capables de se
défendre naturellement contre le virus, trois gènes fortement impliqués dans le mécanisme
de résistance au VIH.
«Il existe chez les personnes qui luttent naturellement contre le virus une variante du gène HLA-B
qui empêche les mutations. C’est le gène «antisida» le plus puissant, explique Amalio Telenti. On
a encore découvert que le gène HLA-C, que l’on connaissait mais dont on ignorait l’effi cacité, était
aussi capable de moduler le contrôle immunitaire. Un troisième gène, jusqu’ici inconnu, intervient
également, mais on ne connaît pas ses mécanismes. Il y a donc tout un champ d’investigation qui
s’ouvre aux chercheurs.»
Et, pour que chacun y ait accès, la totalité de cette vaste recherche génétique, publiée dans Scien-
ce, sera à la disposition de tous. Une mine d’informations qui ouvre des perspectives pour le déve-
loppement de vaccins ou de médicaments.
Un vaccin contre le SIDA
Les recherches incessantes sur le virus du SIDA viennent d’aboutir. Une équipe internationale de
chercheurs vient de faire une découverte qui pourrait redonner espoir à bon nombre de malades
atteint par cette maladie, qui chaque année fait encore de trop nombreuses victimes.
Trois gènes sont mis en avant et pourraient ralentir la progression de la maladie notamment lors des
premiers stades de la contamination par le virus du SIDA. En effet, l’évolution du SIDA dépend en
partie du système immunitaire des patients et de leur capacité à se défendre.

Les chercheurs souhaitent que cela aboutisse sur un vaccin qui pourra agir sur ses gènes et accroî-
tre leur pouvoir de protection pour lutter plus effi cacement sur l’apparition de la maladie et surtout
sur sa progression. L’espoir renaît chez certains patients qui voient à travers cette découverte un
moyen effi cace de lutter contre le SIDA qui leur a détruit leur vie et celle de leur famille.