52- Poppers = dossier criminel

Dans les semaines qui viennent, en fait à partir de la fin décembre, les policiers procéde- ront à des enquêtes, à des arrestations et déposeront des accusations criminelles contre les personnes qui vendent des poppers. Le tout pourrait culminer en des peines de prison et des amendes similaires à ce que l’on retrouve en matière de crack, de cocaine ou des autres drogues.
En entrevue exclusive avec Le Point, Monsieur Christian Cloutier, Commandant du poste de police 22 à Montréal, déclarait que l’enquête sur les poppers était terminée et que dorénavant, la vente de ces produits ne serait plus tolérée.
“L’utilisation est légale, la vente toutefois n’est pas permise. En fait, le poppers est une drogue qui est inscrite à l’annexe F de la Loi sur les Aliments et Drogues. Pour pouvoir posséder des poppers, il faudra dorénavant avoir une prescription. Il est interdit de vendre ou d’avoir en sa possession avec l’intention de vendre, des poppers comme pour les autres médicaments. Il faut avoir une prescrip- tion pour s’en procurer”, déclare le Commandant Cloutier qui souhaite aussi ajouter qu’avant de commencer à faire de la répression policière, les agents serviront des avertissements et des avis aux commerces et individus qui vendent des poppers pendant environ un mois. Suivront par la suite les procédures normales en matière de drogues et de répression.
“Le Nitrite d’Amyle ou le Nitrite de Butyle se présente sous forme d’un liquide très volatile et les vapeurs sont aspirées par le nez. Ces produits sont des vasodilatateurs utilisés en médecine pour soigner des problèmes cardiaques par exemple. L’utilisateur peur l’inhaler directement à même la bouteille ou laisser la bouteille ouverte dans un endroit et permettre aux autres personnes d’inhaler du produit. Une forte dose de poppers peut avoir des efffets négatifs violents sur la santé”, poursuit Monsieur Cloutier.
Les études démontrent d’ailleurs une fait nouveau qui intéressera certainement les utilisateurs de poppers. Il semblerait qu’une dépendance au produit surviennent pour les utilisateurs réguliers: “l’usage régulier peut produire une dépendance psychologique. Les gens associent ce produit à leur érection et il se créé une dépendance”, ajoute le commandant du poste 22, cette dépendance pourrait d’ailleurs expliquer la croissance des ventes et l’utilisation accrue de cette drogue fortement associée à la communauté gaie.
Sensibilisation au début, répression dès janvier 2008…
Le Commandant Cloutier nous informe que les policiers commenceront par informer le mieux pos- sible les vendeurs de poppers qu’ils ne peuvent plus en vendre sans s’exposer à des accusations criminelles et cette période de sensibilisation ne devrait durer qu’environ 30 jours. Suivront par la suite la mise en place des procédures typiques de répression comme des enquêtes sur les points de vente, des arrestation et les accusations contre les vendeurs ou les personnes en possession de certaines quantités de poppers. Un dossier criminel pourrait résulter des condamnations qui sui- vront, avec les conséquences que l’on connait sur les restrictions de voyages et sur la réputation.
Le Point souhaite remercier le Commandant Christian Cloutier du poste 22 (Village gai) à Montréal pour sa collaboration agréable et efficace dans ce dossier.