52- SIDA : le Maraviroc enfin approuvé…

CELSENTRI (maraviroc) en comprimés est le premier représentant de la seule classe de médicaments oraux anti-VIH à faire son apparition sur le marché depuis plus de 10 ans. CELSENTRI bloque l’entrée du VIH dans les lymphocytes T4 (globules blancs à CD4+), ré- duisant ainsi la charge virale dans l’organisme des personnes infectées déjà soumises à un traitement antirétroviral.
« Il y a un besoin criant de nouveaux médicaments, afin d’aider les Canadiens atteints du VIH-SIDA, qui en trouvent de moins en moins pour maîtriser le virus », a dit Dre Cécile Tremblay, directrice UHRESS du CHUM, microbiologiste infectiologue. « L’approbation du CELSENTRI est une percée importante en ce qu’il offre une nouvelle catégorie de médicaments qui inhibent une étape précoce du cycle de vie du virus. Ce médicament peut être pris par les particuliers ayant le VIH et qui ont développé une résistance aux médicaments actuellement disponibles. »
CELSENTRI est le premier antagoniste du CCR5, une classe de médicaments qui agit en bloquant les corécepteurs CCR5, principale porte d’entrée des virus dans les lymphocytes T CD4+ du systè- me immunitaire. Au lieu de s’attaquer aux virus qui sont déjà à l’intérieur de la cellule, comme le font les autres médicaments oraux anti-VIH, CELSENTRI empêche les virus à tropisme CCR5, aussi connus sous le nom de « virus R5 », présents à la surface de la cellule d’y pénétrer. Une évaluation du tropisme viral permet d’établir si une personne est infectée par un virus R5.
CELSENTRI – Une origine unique dans les annales de la recherche La découverte en 1996 d’une mutation génétique qui immunise certaines personnes contre le VIH en empêchant le virus de pénétrer dans les cellules de leur système immunitaire, a été l’élément déclencheur qui a mené à la mise au point de CELSENTRI. « Nous avons développé CELSENTRI après avoir pris connaissance des recherches menées auprès d’un petit groupe de personnes s’étant révélées résistantes au VIH, grâce à une mutation génétique qui leur confère une protection naturelle contre ce virus », déclare Manos Perros, directeur exécutif, chef de la recherche antivirale, Laboratoires de Recherche et Développement de Pfizer. « Les chercheurs de Pfizer se sont inspirés de ce défaut génétique pour mettre au point CELSENTRI, en vue de procurer la même forme de protection antivirale aux personnes traitées ».
Les preuves issues des essais cliniques
L’homologation de CELSENTRI par Santé Canada repose sur les résultats obtenus après 6 mois dans le cadre de deux essais cliniques : MOTIVATE 1 et MOTIVATE 2. Il s’agit d’essais comparatifs avec placebos, menés en mode à double insu, qui se poursuivent actuellement. Après 24 semai- nes, à peu près 2 fois plus de sujets recevant CELSENTRI, en plus du traitement de base optimisé (TBO), ont atteint un seuil de virémie non détectable comparativement aux témoins recevant le TBO seul. En outre, les sujets recevant CELSENTRI et un TBO ont bénéficié d’une baisse de la charge virale et d’une hausse du nombre de lymphocytes T CD4+ significativement supérieures compara- tivement aux témoins traités par le TBO seul.