70- Fuite de documents militaires confidentiels à Wikileaks Une rupture amoureuse entre militaires gais à l’origine?

Par 360.ch
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L’agent de renseignement Manning, accusé d’avoir organisé des fuites de documents sur le conflit afghan, aurait agi après une rupture d’avec son ex-boyfriend. La droite se déchaîne contre l’ouverture de l’armée aux gays.

Bradley Manning, un G.I. de 22 ans, dort en prison depuis le mois de mai dernier. Il est soupçonné d’avoir transmis au site Wikileaks les images d’un fiasco militaire en Afghanistan où plusieurs civils, dont deux journalistes, avaient été tués. Selon le Pentagone, le jeune agent de renseignement militaire serait en outre le responsable de la fuite de dizaines de milliers de documents top secret.

Alors que l’affaire continue de soulever un vaste débat sur la liberté d’Internet et sur les opérations militaires américaines en Irak et en Afghanistan, elle a récemment pris un tour inédit avec l’examen de l’orientation sexuelle du suspect.

Selon «The Daily Telegraph», Manning, qui ne cachait pas son homosexualité, pourrait avoir agi alors qu’il souffrait d’une dépression  suite à sa rupture d’avec son compagnon. Le quotidien britannique se base sur l’historique de la page Facebook du soldat. En particulier, les statuts utilisés par Manning avant son arrestation refléteraient un profond dépit à l’égard des services de renseignement où il travaillait, ainsi que sa déception vis-à-vis de son ex-boyfriend. Il se serait décrit «plus que frustré par l’armée et la société en général» ou «plombé par le sentiment de n’avoir plus rien».

Manning aurait posté ces états d’âme peu avant la date où il aurait, selon l’accusation, téléchargé les documents confidentiels sur des CD déguisés en albums de Lady Gaga (!).

Ces révélations font le beurre de la droite américaine qui combat la levée, ordonnée par Barack Obama, du «Don’t ask, don’t tell». Jusqu’à cette année, ce principe exigeait des soldats américains une discrétion absolue sur leur orientation sexuelle. Il n’en fallait pas plus pour mettre le bourbier militaire sur le compte de l’ouverture de l’US Army envers les gays et les lesbiennes. Cette politique, écrit notamment le site ultraconservateur Accuracy in Media, «s’est maintenant retournée dans des proportions considérables contre les forces américaines. Cela pourrait causer non seulement des perte au sein de l’armée […] mais aussi porter atteinte aux relations avec le Pakistan et l’Afghanistan et mener à une possible défaite dans la région.»

Bradley Manning est actuellement détenu sur une base militaire de Virginie, en attente de son procès devant une cour martiale. Il serait sous surveillance après avoir tenté de mettre fin à ses jours.

L’US Army admet avoir étudié une «bombe gay»

Une ONG américaine s’est procuré un document de travail prouvant que ce projet d’arme chimique a bel et bien été examiné par le Pentagone.

L’armée américaine a finalement admis qu’elle avait examiné en 1994 la réalisation d’une arme permettant de stimuler chez l’ennemi des «attitudes homosexuelles». Évoquée une première fois en 2005 sur Internet, l’affaire avait alors provoqué l’indignation des associations LGBT américaines.
C’est le Sunshine project, une ONG luttant contre les armes chimiques qui s’est procuré un document de travail. Parmi celles-ci, «un exemple dégoûtant , mais totalement non-fatal, serait des aphrodisiaques puissant, surtout si ceux-ci causent un comportement homosexuel.» Le projet était estimé à près de 8 millions de dollars sur 6 ans.