
(English below)
Roger-Luc Chayer (Image : Stock Cabaret)
Il y a belle lurette qu’on espérait l’arrivée d’un cabaret dans le Village gai de Montréal, avec des spectacles variés. En fait, j’avais entendu parler, il y a environ dix ans, de la possibilité de transformer un commerce en cabaret, mais le projet ne s’est jamais concrétisé, jusqu’à ce que Danny Jobin, déjà propriétaire ou co-propriétaire de plusieurs établissements dans le Village comme le District Vidéo Lounge, le Club Date, le Stock Bar ou le Wiser, décide de se lancer dans cette aventure.
Danny n’a jamais eu peur des défis. La place qu’il occupe dans le Village est exemplaire et redonne vie à ce quartier de Montréal en manque d’amour. Mais quelle est la différence entre un bar, un restaurant et un cabaret ?
La différence entre un bar, un restaurant et un cabaret ne tient pas seulement à ce qu’on y consomme, mais surtout à ce qu’on vient y chercher.
Le bar, d’abord, reste un lieu de rencontre. On y va pour boire un verre, pour socialiser, pour décrocher un peu du quotidien. L’ambiance peut varier — tranquille ou festive — mais l’essentiel n’est pas sur scène, il est dans les échanges.
Le restaurant, lui, repose sur une autre promesse : celle de manger. On s’y attarde pour un repas, pour une expérience culinaire qui peut être simple ou raffinée, mais qui demeure au cœur du lieu. Tout est organisé autour de l’assiette.
Le cabaret, enfin, amène ailleurs. Ici, on ne vient pas seulement consommer, on vient voir, entendre, ressentir. Le spectacle devient central — qu’il soit musical, humoristique, burlesque ou drag — et transforme complètement l’expérience. On peut y boire, on peut y manger, mais surtout, on y vit quelque chose.
Et le lancement du Stock Cabaret est exactement ce soir.
Avant ce lancement, on savait déjà à quoi s’attendre sur le fond : un mélange de drag, humour, burlesque, performances artistiques, animation et soirées thématiques, avec une volonté claire de créer quelque chose de plus éclaté et festif dans le Village.
Autrement dit, oui, la programmation existe, mais elle est pensée pour évoluer. On est loin d’un calendrier figé : c’est un cabaret vivant, qui va se construire en même temps que son public.
Quant à la programmation, ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est cette volonté claire de ne pas faire les choses à moitié. On sent que le Stock Cabaret ne cherche pas simplement à ajouter des spectacles, mais à transformer l’expérience du lieu.
On ne quitte pas l’univers du Stock — il est toujours là, avec son énergie, ses danseurs, son côté assumé — mais quelque chose s’ajoute. Une scène, une intention, presque une mise en récit des soirées.
Dans les rendez-vous déjà annoncés, certaines signatures commencent à se dessiner. Foxy Lexxy Brown impose un ton plus sensuel, plus construit, avec des soirées comme Foxy Nights qui flirtent avec le cabaret contemporain. À l’inverse, Sasha Baga joue davantage sur l’énergie, l’animation, le lien direct avec le public, dans des concepts comme La Baga Boom.
Puis il y a cette ouverture vers d’autres formes, notamment l’humour avec Rachelle Élie. Ce n’est pas anodin. Ça montre qu’on ne veut pas enfermer le lieu dans une seule esthétique, mais plutôt lui donner de l’ampleur.
Au fond, ce qui prend forme, ce n’est pas une programmation figée, mais une dynamique. Une suite de propositions qui peuvent évoluer, se transformer, s’ajuster. Un cabaret qui se construit en temps réel, en dialogue avec son public — et ça, dans le Village, ce n’est pas banal.
Merci Danny Jobin pour ta contribution au Village gai de Montréal !
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It has been ages since people had been hoping for the arrival of a cabaret in Montreal’s Gay Village, with varied performances. In fact, I had heard, about ten years ago, of the possibility of transforming an existing business into a cabaret, but the project never materialized—until Danny Jobin, already the owner or co-owner of several establishments in the Village such as District Vidéo Lounge, Club Date, Stock Bar, or Wiser, decided to take the plunge.
Danny has never shied away from challenges. The place he occupies in the Village is exemplary and brings life back to this Montreal neighborhood in need of love. But what is the difference between a bar, a restaurant, and a cabaret?
The difference between a bar, a restaurant, and a cabaret is not only about what you consume, but more importantly, about what you come looking for.
The bar, first, is primarily a place to meet people. You go there to have a drink, to socialize, to take a break from the everyday. The atmosphere can vary—quiet or lively—but the essence isn’t on stage; it’s in the interactions.
The restaurant, on the other hand, rests on a different promise: the promise to eat. You stay for a meal, for a culinary experience that can be simple or refined, but that remains at the heart of the place. Everything revolves around the plate.
The cabaret, finally, takes you somewhere else. Here, you don’t just come to consume; you come to see, hear, and feel. The performance becomes central—whether musical, comedic, burlesque, or drag—and completely transforms the experience. You can drink, you can eat, but above all, you live something.
And the launch of Stock Cabaret is happening tonight.
Before this launch, we already knew what to expect in substance: a blend of drag, comedy, burlesque, artistic performances, animation, and themed nights, with a clear desire to create something more dynamic and festive in the Village.
In other words, yes, the programming exists, but it is designed to evolve. We are far from a fixed calendar: this is a living cabaret, which will grow alongside its audience.
Regarding the programming, what strikes you from the start is the clear intention not to do things halfway. You can feel that Stock Cabaret is not simply adding performances; it aims to transform the experience of the place.
The world of Stock remains intact—it is still there, with its energy, its dancers, its bold personality—but something is added. A stage, an intention, almost a storytelling of the evenings.
Among the events already announced, some key signatures are starting to emerge. Foxy Lexxy Brown sets a more sensual, structured tone with nights like Foxy Nights, flirting with contemporary cabaret. In contrast, Sasha Baga focuses more on energy, animation, and direct connection with the audience in concepts like La Baga Boom.
Then there is the opening toward other forms, notably comedy with Rachelle Élie. This is not insignificant. It shows that the venue doesn’t want to be confined to a single aesthetic but rather to expand its scope.
Ultimately, what is taking shape is not a fixed program, but a dynamic flow. A series of offerings that can evolve, transform, and adjust. A cabaret built in real time, in dialogue with its audience—and that, in the Village, is not trivial.
Thank you, Danny Jobin, for your contribution to Montreal’s Gay Village!