Brèves Vatican

Le Vatican, selon le Corriere della Sera, va per-
mettre aux homosexuels dʼaccéder à la prêtrise sʼils
sont en mesure de prouver quʼils ont vécu en céliba-
taires chastes pendant au moins trois ans.
Le Vatican empêchera cependant de devenir prêtre tout homme qui fera
publiquement état de son homosexualité ou manifestera une attirance ex-
cessive pour la «culture homosexuelle», même si ce nʼest que sur un plan
intellectuel, ajoute le quotidien italien. /Photo dʼarchives/REUTERS/
Stefano Rellandini
Les évêques terminent un synode sans ouverture
Par: CHRISTIAN LAPORTE
Le rapport final du premier synode sous Benoît XVI est sans surprise. Il
demande aux prêtres dʼêtre «dʼhumbles ouvriers dans la vigne du Sei-
gneur».
Certains vaticanistes laissaient entendre que lʼadresse finale, dimanche,
du synode sur lʼeucharistie, le premier du pontificat de Benoît XVI, allait
manifester une ouverture sur des problèmes de lʼÉglise. Il nʼen est rien!
La «mise à jour de la pastorale eucharistique» appelle au statu quo absolu,
voire même au retour à une Eglise qui risque dʼêtre davantage marginali-
sée dans un Occident largement sécularisé.
Tout en constatant que cette sécularisation a conduit « à lʼindifférence
religieuse et à diverses expressions de relativisme», les pères synodaux
(re) mettent les décideurs politiques en garde contre les législations qui
ne respectent pas «la dignité de toute personne, de la conception jusquʼà
sa fin naturelle». Ils condamnent indirectement de cette façon le mariage
et lʼadoption homosexuels.
Sur le plan liturgique, sʼil
nʼest pas question (pour le mo-
ment?) de faire de concessions
aux traditionalistes, les évêques
demandent «de corriger les abus
qui se sont glissés dans la pra-
tique». Ils saluent le retour en
force de «lʼadoration du Très Saint
Sacrement» et encouragent les
processions, ces «saines manifes-
tations de piété populaires». Les
évêques se félicitent au passage
de «la croissance des mouvements
et des communautés qui forment
des missionnaires pour la nou-
velle évangélisation» – une fleur
au chapeau des charismatiques,
de lʼOpus Dei ou, encore, des Lé-
gionnaires du Christ.
Les évêques se réjouissent que
«plus de jeunes, dûment catéchisés
(sic) pratiquent la confession per-
sonnelle». Sʼils se disent «préoc-
cupés grandement par le manque
de prêtres», ils proposent comme
seul remède «une promotion plus
active des vocations sacerdotales»
! Cela dit, lʼadresse demande aux
prêtres de «mener une vie sacerdo-
tale cohérente et de se montrer di-
gnes du pape Benoît XVI en étant
comme lui dʼhumbles ouvriers
dans la vigne du Seigneur». Quant
aux séminaristes, il importe que
«leur vie de formation soit impré-
gnée par une authentique spiritua-
lité eucharistique».
Au passage, les pères synodaux
rendent hommage aux diacres
permanents, aux catéchistes, aux
agents de pastorale et aux nom-
breux laïcs actifs mais sans leur
assigner de nouvelles missions,
surtout là où la crise des vocations
sacerdotales est la plus forte. Pas
une once dʼouverture non plus à
lʼégard des «divorcés remariés»
sinon pour réaffirmer «quʼils ne
sont pas exclus de la vie de lʼÉgli-
se». Ils pourront donc assister à
la messe mais pas communier…
même lorsque leur foi est sincère
et que leur divorce fut de ce fait
une réelle déchirure.
Elle est loin la rumeur
dʼavril où La Repubblica parlait
dʼune ouverture du nouveau Pape
sur ce terrain. Lʼadresse se termine
par un appel à la poursuite du
dialogue oecuménique mais ici
non plus, pas de main tendue aux
frères séparés notamment à propos
de lʼintercommunion.