Image trompeuse du sida

La livraison semestrielle de lʼInstitut scientifique de santé
publique (ISSP) dresse une situation du sida en Belgique au 31 dé-
cembre 2004 qui indique surtout que sur le front de la prévention la
pression reste plus que jamais de mise. Car certains chiffres positifs
peuvent sʼavérer trompeurs et entraîner des effets dramatiques.
984 cas de plus en 2004
Depuis 1986, le nombre de nouvelles infections VIH diagnostiquées en
Belgique a évolué dans un intervalle relativement étroit situé entre 2 et 2,9
nouveaux diagnostics/jour. Entre 1997 et 2000, on a observé une tendan-
ce ascendante des nouveaux diagnostics VIH (+36 pc), suivie dʼune aug-
mentation plus modérée en 2001, 2002 et 2003. Le nombre de nouveaux
cas dʼinfections VIH diagnostiqués en 2004 (984 cas) est lui en diminu-
tion de 6,4 pc en comparaison de lʼannée 2003. Au 31 décembre 2004, et
depuis le début de lʼépidémie, un total de 17497 personnes ont été recon-
nues infectées par le VIH. Parmi les personnes infectées, on retrouve 1,6
fois plus dʼhommes que de femmes, le groupe dʼâge le plus représenté
est celui de 30-34 ans chez les hommes et de 25-29 ans chez les femmes. La nationalité, le sexe et la voie de transmission probable sont con-
nus pour 10468 patients (62 pc). Parmi les hommes belges pour lesquels
un facteur de risque a été mentionné, 67,2 pc ont rapporté des contacts
sexuels avec dʼautres hommes et 5,1 pc lʼinjection de drogue par voie in-
traveineuse. Une transmission par voie hétérosexuelle serait responsable
de 25 pc des infections.
Parmi les femmes de nationalité belge, la transmission hétérosexuelle est
citée dans 77 pc des cas comme responsable de lʼinfection. La situation
est très différente en concerne les patients dʼautres nationalités, puisque
la transmission hétérosexuelle y est prépondérante dans les deux sexes
(62 pc des cas pour les hommes et 87,7 pc des cas pour les femmes).
Sur le front de la maladie, au 31 décembre 2004, 3341 diagnostics
de sida ont été notifiés. En terme dʼévolution temporelle du nombre
de nouveaux malades, un plateau a été observé pendant la période
1991-1995, avec une moyenne de 255 cas diagnostiqués par an.
Lʼincidence a diminué brutalement à partir de 1996. Une baisse
attribuée à lʼutilisation de nouvelles associations dʼanti-rétroviraux.
Entre 1998 et 2003, lʼincidence sʼest stabilisée; elle fluctue entre 117
et 140 nouveaux cas rapportés par an. La proportion de malades
découvrant leur séropositivité au moment de la maladie était de
22 pc en 1995, elle est de 42,5 pc pour les années 2002 à 2003…