L’Aciclovir serait efficace contre le SIDA

Des chercheurs de l’Université de Washington ont publié lundi dans le journal médical The
Lancet les résultats de leur recherche montrant que l’aciclovir réduirait le taux de concentration
de plasma de l’immunodéficience humaine (VIH), le virus responsable du Sida

Le Dr Jairam Lingappa et ses
collègues de University of
Washington ont démontré que
l’aciclovir, un traitement généralement
utilisé pour soigner le
virus Herpès Simplex de type 2
responsable de l’herpès génital,
pourrait légèrement ralentir
la progression du virus.
Les auteurs de l’étude ont mené
des tests sur 14 sites des pays
d’Afrique auprès 3.381 hommes
et femmes hétérosexuels
infectées conjointement par le
virus du sida et par le virus Herpès
Simplex de type 2.
Les chercheurs ont constaté au
bout de deux ans que la prise
de l’acyclovir réduit légèrement
la progression de l’infection à
VIH de 16%. Les auteurs de
l’étude ont tenu à préciser que
l’acyclovir ne réduit pas la transmission
du virus du Sida chez
les partenaires des personnes
séropositives.
Des études menées en République-
Unie de Tanzanie ont
relevé une augmentation des
taux d’infections sexuellement
transmissibles, ou d’irritations
et écoulements génitaux, de 5%
chez les femmes et 6% chez
les hommes en 2003–2004 à,
respectivement, 6% et 7%, en
2007–2008 (Tanzania Commission
for AIDS et al., 2008).
Malgré une association jamais
démentie entre l’infection
à HSV-2 et l’infection à VIH,
aucun élément à ce jour ne permet
d’établir l’efficacité d’une
stratégie de prévention du VIH
consistant à supprimer le HSV-
2 au niveau des communautés.
Ainsi, en 2008, les résultats
d’une vaste étude sur plusieurs
pays ont montré qu’une thérapie
suppressive par aciclovir
ne réduisait pas l’acquisition
du VIH chez les hommes et les
femmes séronégatifs au VIH et
positifs au HSV-2.
Des éléments récents confirment
le rôle joué de longue
date par les infections sexuellement
transmissibles non traitées
dans l’accélération de la
transmission sexuelle du VIH.
Par exemple, selon les résultats
d’une étude menée auprès
des ménages en Ouganda, les
personnes présentant une infection
symptomatique par le
virus de l’herpès simplex de
type 2 (HSV-2) sont près de
quatre fois plus susceptibles de
contracter une infection à VIH
(Mermin et al., 2008b).
Ces résultats cadrent avec
ceux d’un examen systématique
mené antérieurement sur
19 études et desquels il ressort
qu’une infection à HSV-2 est
associée à une multiplication
par trois des risques d’acquisition
du VIH chez les hommes
comme chez les femmes au
sein de la population générale
(Freeman et al., 2006).