La politique d’exactitude des prix

La récente Loi sur l’exactitude des prix affichés dans les commerces du Québec ne semble pas facile à imposer aux commerçants qui, dans certains cas, tentent encore de négocier avec les clients les mauvais prix affichés alors que la Loi interdit ces négociations. La compensation doit être accordée au client nonobstant la cause de l’erreur faute de quoi une amende de 2500$ pourrait être imposée comme pour le cas du Canadian Tire Massicote de la rive-sud de Montréal.

Par exemple, et ce sont de véritables cas, Michel se présente au Canadian Tire du “Boulevard” à Montréal et voit que la cire auto de la marque Turtle Wax est en spécial à 2$ de moins que son concurrent. Il arrive à la caisse et on lui demande le prix régulier. Il demande à ce que la politique des prix soit appliquée, qu’on l’on retranche donc le premier 10$ de la facture en pénalité, le gérant se pointe et lui explique que les bouteilles n’étaient pas au bon endroit et que les codes indiqués sur les étiquettes ne sont pas les même que le produit, de manière à ne pas respecter la politique nationale imposée par la Loi. Faux, peu importe la raison de l’erreur, si la bouteille est annoncée sur les tablettes au mauvais prix, le client doit recevoir le produit gratuitement s’il est vendu à moins de 10$ ou on doit lui soustraire 10$ de sa facture si le produit est vendu à plus de 10$. En insistant un peu, Michel recevra son 10$ de rabais mais ne manquera pas de dénoncer Canadian Tire pour avoir tenté de négocier.

Un autre exemple, Luc se rend chez Rona de la rue Masson et achète un pistolet d’arrosage annoncé à 9,95$. Arrivé à la caisse, on lui demande 14,95$. Surpris, il découvre que le commerce n’affiche pas sa politique des prix conformément à son obligation selon la Loi. Il exige de recevoir le pistolet gratuitement et la caissière lui refuse, préférant faire appeler le gérant qui, une fois arrivé lui explique que l’ensemble des pistolets étaient au mauvais endroit et que le prix indiqué était une erreur, qu’il allait par contre lui offrir le rabais de 2$ comme s’il l’achetait au prix spécial indiqué pour s’excuser.

En agissant ainsi, Rona Masson contrevenait à la Loi et s’exposait à de très lourdes amendes puisque le client n’a pas à connaître les raisons de la méprise et n’a surtout pas à accepter un rabais alors que la sanction prévue par la Loi est un pistolet gratuit, rien de moins, et sans taxes évidemment. Luc a décidé d’expliquer au gérant qu’il devait se conformer à la Loi, lui montrant un exemplaire de la politique obligatoire selon la Loi sur Internet et le gérant a accepté de lui remettre gratuitement le pistolet puisque l’erreur ne venait pas du client évidemment. Rona venait d’éviter une amende salée pour refus de respecter la politique d’exactitude des prix imposée par le Gouvernement du Québec.