LA RIPOSTE AU TOUR DE L’ÎLE

Roger-Luc Chayer

Il s’est produit quelque chose de terrible pour la Ville de Montréal le dimanche 3 juin dernier et ça s’appelait Le Tour de l’Île! Des centaines de milliers de Montréalais se sont retrouvés captifs, otages chez eux, et ce, par la faute de la ville qui persiste, année après année, plaintes après plainte, à maintenir un événement qui fait un tort immense aux Montréalais, sans parler de l’iniquité causée par le Tour de l’Île ou le Marathon de Montréal.

Les premières victimes sont les automobilistes qui subissent une terrible iniquité en ne pouvant plus circuler librement sur les routes de Montréal et qui se retrouvent pris en otage. Pourtant, les propriétaires de voitures paient une immatriculation, la taxe pour les transports en communs, un permis de conduire et une assurance alors que ceux qui leur ravissent leur droit de circuler ne paient rien de cela. Autant dire que les cyclistes, dans les faits, ne contribuent en rien aux routes qu’ils bloquent pour leur cause.

Leur principal argument est qu’ils peuvent prendre le contrôle une seule journée par année alors que les automobilistes ont le contrôle les 364 autres jours. Faux! Cet argument des années ‘80 ne tient plus la route car aujourd’hui, à Montréal, il existe des centaines de kilomètres de pistes et de voies cyclables qui permettent aux cyclistes de se rendre à peu près partout. On a sacrifié la largeur de la plupart des rues pour y construire des pistes protégées ou y peindre des voies protégées et on a même changé la réglementation pour mieux protéger les cyclistes, comme en permettant de doubler si la distance entre le véhicule et le vélo est de plus d’un mètre et en interdisant même de doubler un vélo si la rue est étroite. En cela, quant à la sécurité des cyclistes, ce sont d’excellentes mesures. Or, ces sacrifices sur la largeur des rues et sur le doublement ont

été faits par les automobilistes. On a empiété sur la voie carrossable des automobilistes qui paient pour circuler afin d’offrir des espaces pour des cyclistes qui ne paient rien. N’oublions pas aussi que les automobilistes et autres conducteurs de véhicules à moteur contribuent largement au budget de l’État avec les taxes sur l’essence.

Le 3 juin dernier, le Tour de l’Île a fait très mal à Montréal. Comme au temps de Coderre qui condamnait des rues et des boulevards entiers pour refaire le sous-sol de la ville, le tour cycliste a étouffé des milliers de commerces. Quant à l’argument avancé par les cyclistes qui disent qu’eux, au moins, ne polluent pas, il est aussi faux! Toutes ces voitures coincées dont les moteurs tournent sans avancer pendant des heures, ces camions au diesel, ces bus censés être une solution écologique, je parie que la pollution était pire ce dimanche-là qu’à l’ordinaire.

Pour supposément améliorer la circulation, le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) avait annoncé quelques jours avant l’événement qu’un partenariat avait été fait entre les organisateurs du tour et l’application de circulation Waze qui devait, en principe, être à jour quant aux trajets. Or, en arrivant à un barrage policier sur la rue Crémazie Est, qui ne devait pas s’y trouver et qui bloquait des milliers de voitures au coin Pie-IX, la policière sur place, lorsqu’informée que Waze indiquait ce chemin, que la mise à jour devrait être faite, sa réponse a été «j’m’en fiche de Waze, vous ne passerez pas». Informée que c’est la police qui recommandait Waze et devant la colère de dizaines de conducteurs qui sortaient de leurs véhicules pour aller lui parler, elle s’est excusée pour le ton utilisé. Il n’est pas trop tard pour améliorer les choses pour les autres événements de l’été, au travail Madame Plante!