La vie et les amours homosexuels du roi Frédéric II de Prusse

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Chad G. Peters

Le roi Frédéric II de Prusse, également connu sous le nom de Frédéric le Grand, a régné de 1740 à 1786. Sa vie a été marquée par des succès militaires, des réformes administratives et des réalisations culturelles. Cependant, un aspect qui a intrigué les historiens est sa vie personnelle non conventionnelle, en particulier ses relations homosexuelles.

Né le 24 janvier 1712, Frédéric a grandi dans un environnement strict et discipliné sous son père, le roi Frédéric-Guillaume Ier. La relation entre le père et le fils était tendue en raison des intérêts littéraires, musicaux et philosophiques de Frédéric, qui entraient en conflit avec les idéaux militaires de son père. Lorsque Frédéric accéda au trône en 1740, il mit immédiatement en œuvre des réformes plus en phase avec ses aspirations intellectuelles, ce qui lui valut le surnom de « despote éclairé ».

Un aspect notable de la vie personnelle de Frédéric était ses relations étroites avec des hommes, suscitant des spéculations sur son orientation sexuelle. La relation la plus connue fut avec Hans Hermann von Katte, un officier prussien. Leur amitié devint un sujet de discorde, conduisant à l’exécution de Katte en 1730, orchestrée par le père de Frédéric. Cet événement laissa une empreinte durable sur Frédéric, influençant à la fois sa vie personnelle et politique.

Les liaisons homosexuelles de Frédéric se poursuivirent tout au long de sa vie, avec des chercheurs suggérant des relations avec des individus tels que le comte Algarotti et le marquis d’Argens. Malgré les normes sociales de l’époque, l’orientation sexuelle de Frédéric ne provoqua ni scandale public ni soulèvement. Au contraire, son focus sur l’art de gouverner, la stratégie militaire et les entreprises culturelles contribua à consolider son héritage.

La passion de Frédéric pour les arts joua un rôle significatif dans sa vie. Il fut le mécène de philosophes tels que Voltaire et développa une amitié étroite avec l’écrivain français. Leur correspondance révéla l’esprit vif de Frédéric, sa curiosité intellectuelle et, indirectement, éclaira sa vie personnelle. Voltaire, dans ses lettres, faisait référence aux relations de Frédéric avec des hommes sans condamnation explicite, suggérant un certain niveau d’acceptation ou du moins de tolérance.

L’orientation sexuelle du monarque prussien ne freina pas ses réalisations. Les campagnes militaires de Frédéric, en particulier les guerres de Silésie, illustrèrent sa maîtrise stratégique. Le Traité de Hubertusburg en 1763 marqua la fin de la Guerre de Sept Ans et consolida la Prusse en tant que grande puissance européenne.

Sur le front intérieur, Frédéric mit en place des réformes administratives et légales, contribuant à la modernisation de la Prusse. Il promut la tolérance religieuse, abolit la torture et encouragea l’éducation. Cependant, malgré ces mesures progressives, l’homosexualité resta un crime pendant son règne.

Les relations personnelles de Frédéric, y compris ses liaisons homosexuelles, furent largement tenues secrètes. Il maintint une image publique soigneusement élaborée mettant l’accent sur ses aspirations intellectuelles et ses réalisations. Le climat social et politique de l’Europe du XVIIIe siècle, avec ses attitudes nuancées envers l’homosexualité, permit à Frédéric de naviguer discrètement dans sa vie personnelle.

En vieillissant, la santé de Frédéric déclina, et il fit face à une pression croissante de la part des puissances voisines. Malgré les défis, il continua de régner jusqu’à sa mort le 17 août 1786. Son héritage est complexe, marqué par ses succès militaires, ses réformes administratives et sa vie personnelle.

De nos jours, les historiens continuent d’analyser et de débattre de la signification de l’homosexualité de Frédéric dans le contexte de son règne. Bien que cela ajoute une couche de complexité à sa personne, c’est simplement un aspect d’un souverain qui a laissé une empreinte indélébile sur l’histoire prussienne et européenne.