La violence conjugale en prison aux USA!

Notre chroniqueur Stéphane G. purge une peine de prison de longue durée aux États-Unis. Il
a accepté de se confier dans nos pages et de partager sa vie avec les lecteurs dans le but de
mieux faire connaître certaines réalités. On peut lui écrire à info@gayglobe.us.

La prison est un milieu violent.
Cette violence est parfois accentuée
par les conditions de
détention, la perte de contrôle
sur sa vie, les privations et la
frustration de se sentir diminué
au quotidien.
Il faut donc faire attention et être
prudent avec ses paroles, ses
gestes, ses regards car un seul
mauvais geste peut provoquer
une réaction cataclysmique. On
dit bonjour avec le sourire, les
yeux vers le sol…
À cette menace s’ajoute celle
vécue par les homosexuels en
couple, la violence conjugale
en prison. Ici, la plupart des
couples sont de type dominant/
dominé. La jalousie, la possessivité
et le contrôle de l’autre
forment les fondations habituelles
de la vie de couple en
prison. Je n’accepte personnellement
pas ce genre de relation
pour ma part.
Depuis quatre ans en prison,
j’ai vécu quatre relations amoureuses.
Elles ont toutes été violentes
autant physiquement que
verbalement. Avec le temps, j’ai
appris que j’attirais ce genre de
relation parce que je suis dépendant
sexuel et affectif. J’ai
donc décidé de travailler sur
moi et de corriger ces traits de
caractère car il est plus facile
de se changer soi-même que
d’essayer de changer les autres
c’est connu.
Malgré la violence vécue avec
ces hommes dans mes relations
et les placements en protection
à quatre reprises, je suis
quand même reconnaissant envers
ces ex-conjoints car sans
eux, je n’aurais pas compris ma
propre situation, pas aussi rapidement
du moins.
Cependant, je reste convaincu
que rien ne justifie que l’on frappe
quelqu’un. Surtout pas au
nom de l’amour. Si un homme
veut se battre, qu’il se mette
des gants de boxe et qu’il saute
dans l’arène, là où un autre
aussi intéressé que lui l’attendra
et sera prêt à se battre. Je
ne me considère toutefois pas
affecté par le syndrome de la
“femme battue” qui retourne
toujours inévitablement vers
son agresseur.
J’aurais pu m’enliser dans de
telles relations destructrices et
y perdre mon identité. Je n’ai
jamais toléré la violence Dieu
merci, ni la mienne ni celle des
autres. Ma façon de réagir face
à la violence, qu’elle soit dans la
société libre ou en prison aura
toujours été la même depuis
mon enfance, tu me touches, je
me pousse!
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