Le nouveau gel anti-sida peut-il être efficace?

Un gel à appliquer au quotidien sur les muqueuses, comme on prendrait la pilule, pour se protéger du sida. Cette découverte de chercheurs de l’Université de Genève et de la Fondation Mintaka pourrait révolutionner la lutte contre le virus. Les scientifiques prévoient de tester leur produit dès 2010. Quel espoir peut-on mettre dans cette avancée?

Cette découverte est présentée comme un grand pas dans la lutte contre le sida…
Tout à fait. On considère que le préservatif risque de lâcher dans environ 5% des cas. En théorie, son efficacité est donc très bonne. Mais dans la pratique, si on l’utilise uniquement une fois sur deux, les résultats sont moins réjouissants.
Les statistiques montrent que les nouvelles infections sont en hausse chez les hommes. Pourraient-ils aussi utiliser un tel produit?
Oui, ce produit pourrait aussi être utilisé dans les relations anales.
Un tel gel pourrait-il être aussi efficace que le préservatif?
Tant qu’on reste au conditionnel, tout est possible! Mais il faut le prouver. La première étape était de démontrer son efficacité chez le singe.
Combien?
Selon notre expérience, entre cinq et dix ans jusqu’à la mise sur le marché.
Cette découverte représente-t-elle le grand espoir de la recherche contre le sida?
Pour ce gel, les scientifiques utilisent des microbicides. Cette approche est étudiée depuis au moins quinze ans et c’est aujourd’hui une priorité de la lutte contre le sida. Mais d’autres substances sont testées. Par exemple, des recherches sont menées sur la possibilité d’utiliser des médicaments anti-VIH au niveau local. Par le passé, certains espoirs ont été douchés. Nous pensions par exemple pouvoir utiliser des spermicides pour lutter contre le VIH.
Or, nous avons finalement réalisé que cette substance, en irritant et en provoquant des inflammations, favorise au contraire le virus. Ce piège n’a été découvert qu’en essayant le produit, et nous ne sommes pas à l’abri de tels accrocs. Mais les nouvelles substances semblent plus efficaces contre le VIH et nous avons donc bon espoir.