Débat des chefs : un spectacle décevant pour les Québécois

Le débat des chefs dans le cadre de l’élection générale du Québec prévue le 8 décembre 2008 vient de se terminer. Il met en évidence les périls qui guettent les Québécois face à trois carriéristes politiques qui semblent prêts à nous balancer n’importe quoi sans penser à la population.

Un débat inutile : entre politique partisane et manque d’arguments

Je pense sincèrement que de tels débats devraient être refusés à l’avenir. Non seulement ils sont inutiles, mais ils servent surtout les partis à faire de la politique partisane au lieu de débattre réellement. Debattez, arguez, raisonnez, mais cessez de sombrer dans les idéologies insensées si c’est le pouvoir que vous souhaitez.

Jean Charest : chiffres et discours déconnectés de la réalité

Jean Charest, Premier ministre et chef du Parti libéral, s’est montré incapable d’écouter, coupant la parole à tous. Il a servi une multitude de chiffres non vérifiables, espérant que le bruit et les lumières détournent l’attention alors qu’en coulisses, il vide les poches des Québécois.

Est-ce vraiment ce que nous voulons ? La population québécoise est-elle si naïve qu’une simple manipulation de chiffres suffit à susciter la sympathie ? Cette stratégie renforce mon cynisme face à un Québec intellectuellement en perte de vitesse.

Mario Dumont : un intégriste obsédé par la famille

Mario Dumont m’inquiète plus que jamais. Il focalise uniquement sur un segment de la population : sa famille, la « famille québécoise » telle qu’il la conçoit. Mais de quelle famille parle-t-il ? Celle de ses proches directs ?

Son obsession pour LA FAMILLE exclut implicitement les autres, notamment les célibataires et les homosexuels, qu’il semble mépriser car ils ne contribuent pas à la reproduction. Pourtant, la loi devrait être égale pour tous.

Quelques chiffres éclairent cette réalité : 100% des enfants dans les centres d’accueil sont issus de parents comme lui, et 50% des Québécois sont célibataires et sans enfants. Sa vision politique exclut donc une grande partie de la société, ce qui explique la chute de l’ADQ dans les sondages et menace l’avenir du parti.

Pauline Marois : la seule sincérité dans un débat chaotique

Je m’attendais à mieux de Pauline Marois. Elle a aussi coupé la parole souvent, mais elle a fait des admissions sincères, notamment sur la crise en santé causée par la retraite anticipée du personnel médical et sur des erreurs en éducation.

Dans ce débat chaotique, Marois sort probablement grande gagnante, Charest conserve ses acquis, et Dumont prouve qu’il ne peut être le Premier ministre de tous, mais seulement un chef de famille – un rôle bien insuffisant pour diriger le Québec. Pourrait-on lui souhaiter d’être père si son fils était gai ? La question reste douloureuse.

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