Le village complètement vide

Par un triste lundi après-midi du 25 juillet 2005, voilà ce à quoi ressemblait
le village gai de Montréal, situé entre les rues Amherst et Papineau, alors que
se préparait le défilé de la Fierté Gaie, qui lui, se tenait plus loin, trop loin…
Les célébrations de la Fierté Gaie à Montréal ont toujours été liées à une
explosion de couleurs, à une masse importante de participants et parfois
à des revendications comme pour le mariage gai, lʼunion civile ou lʼaccès
à des traitements spécifiques au SIDA. Toutefois, et ce depuis environ
quatre ans, une situation de malaise semble faire place à la concertation
et les organisateurs de la fierté montréalaise ne semblent plus vouloir
reconnaître lʼapport des gais et lesbiennes ni même leurs opinions et en
viennent à organiser ce qui est devenu, certainement pour lʼédition 2005,
un événement contre-productif voire même et je le dis avec réserve, ce
qui a lʼapparence dʼune fête anti-gaie.
Cʼest du moins lʼopinion de la presque totalité des personnes interrogées
par Le Point tout juste après la parade qui se tenait un lundi soir de semai-
ne, à 20h30, sans le moindre support logistique de nuit. Les ponctions
dʼopinions effectuées par le Point auprès des participants, des specta-
teurs, des commerçants du Village gai et des lecteurs du Point en général
contredisent toutes les analyses de nos confrères de la presse hétéro-
sexuelle nationale, trop habitués à publier automatiquement les commu-
niqués des organisateurs sans exercer la moindre critique ou vérification. Faits
La Fierté Gaie de
Montréal à son
apogée: 1998
Depuis 1998, déclin du
nombre de participants
et de spectateurs
2001 à 2005
Guerre entre les com-
merçants du Village qui
veulent que lʼévénement
se fasse chez eux et en-
tre les organisateurs,
Divers/Cité, qui ne sou-
haite plus sʼassocier au
Village…
2005
Parade minuscule et
peu suivie, record de
plaintes
Le dossier dépasse largement la simple critique quant au contenu de la parade.
Il y aura toujours des mécontents qui exprimeront leurs doléances sur des dé-
tails mais globalement, sur les fondements même de lʼesprit de la Fierté Gaie,
lʼunanimité semble de mise en ce qui concerne les organisateurs de cette
fierté. «Insensibles aux réalités des gais, vindicatifs face aux commerçants du
Village, non représentatifs des gais et lesbiennes du Québec, continuellement
orientés vers eux plutôt que vers lʼouverture aux autres», voilà les com-
mentaires qui reviennent le plus souvent. Le plus pressant étant la demande
de démission du conseil dʼadministration de Divers/Cité, lʼorganisateur.