Montréal: Quelles alternatives?

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Roger-Luc Chayer

Après plus de six ans à la tête de la Métropole du Québec, la mairesse Valérie Plante devra affronter une nouvelle élection en 2025, une échéance cruciale pour son parti, Projet Montréal. Des critiques se sont élevées contre la gestion de la ville, notamment en raison de la multiplication de pistes cyclables peu utilisées, de travaux bloquant des rues sans raison apparente ou s’étirant indéfiniment, et de changements de sens de circulation inexpliqués. De plus, la mairesse est impliquée dans plusieurs affaires de gestion troublante des affaires publiques et financières.

Pour l’élection de 2025, les Montréalais espèrent des alternatives politiques, envisageant un possible renouveau d’Ensemble Montréal, l’ancien parti de Denis Coderre, bien que ce dernier n’ait pas connu de succès notable depuis sa dernière défaite. Un nouveau parti, le Parti Action Montréal, dirigé par Gilbert Thibodeau (voir la photo ci-dessus), émerge également comme une option. En explorant le programme de ce nouveau parti politique, on découvre qu’il aborde de nombreux sujets d’intérêt général pour les Montréalais, suscitant toutefois des controverses. Il est important de noter que ces observations ne visent pas à promouvoir les objectifs du Parti Action Montréal et de son chef, Gilbert Thibodeau, sans favoritisme envers d’autres partis. Cependant, il semblait crucial de souligner quelques observations faites sur Facebook, notamment sur la page de Robert Sévigny, cofondateur, dirigeant, représentant et agent officiel du parti.

Lorsqu’on aspire à mener une politique inclusive, il est essentiel de présenter une variété d’idées qui puisse rallier un large éventail de personnes, favorisant ainsi la création d’un consensus et la réussite électorale. Cependant, le problème avec le Parti Action Montréal réside dans le fait que, en creusant un peu plus, des positions très préoccupantes se dévoilent, susceptibles de compromettre son succès. Il est crucial d’en discuter ouvertement. Voici quelques exemples de propos publiés par le représentant du parti sur sa page Facebook, certains étant repris par le chef sur Facebook. Le soulignement est de Gay Globe. Le 12 janvier, Robert Sévigny publiait: « Fini les catégories non genrées aux Gémeaux!!! L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision – section Québec a retrouvé la raison: fini les catégories non genrées ou mixtes aux Gémeaux. En septembre prochain, au 39e gala, on célébrera à la fois les meilleures prestations des femmes et des hommes. Le bon sens est de retour. » (Homophobie)

Le 8 janvier: « Il y a un mur entre nous et la réalité… Ce mur s’appelle les « médias « . Ce mur est un outil qui sert à nous détourner de vérités dérangeantes. » (Un classique du conspirationnisme…)

Le 5 janvier: « LADIES.!.. ALWAYS CHECK YOUR BACKGROUND FOR DILDOS.. » avec des photos de femmes à côté de dildos, mais une photo de la Vice-première ministre du Canada Chrystia Freeland et à côté d’elle, le Premier ministre Justin Trudeau, ce qui est hautement offensant pour les canadiens et qui ne fait pas honneur au parti! (Vulgarité)

Ces messages surprenants étaient ponctués de demandes de dons. Par souci d’éthique et de précision, j’ai envoyé la première page de mon article à M. Thibodeau avant sa publication, une pratique que j’adopte régulièrement lorsqu’il s’agit de sujets d’opinion afin d’éviter toute erreur factuelle. J’ai ensuite reçu une réponse du représentant officiel du parti, M. Sévigny, qui m’écrivait: 

« Bonjour monsieur Chayer, merci pour votre texte qui illustre qu’aucun parti ne peut obtenir l’adhésion totale à sa vision et son programme point par point. En démocratie le désaccord est légitime tout en étant signe d’amélioration continue et de bonification des sujets traités. 

Maintenant, en ce qui concerne les posts dand FB, le premier mentionné reflète notre position chez Action Montréal tout en restant respectueux des positions différentes, le deuxième est une vérité sans contredit, les médias aiment dirigés le courant philosophique et sociétal, la dernière élection étant la plus belle exemple de ce fait, on parlaait seulement de deux partis et de deux candidats à la mairie de Montréal quand il y en avait plusieurs et votre troisième étant une replubication que je trouvais comique face au sujet que les photos adressaient mais sans la prétention que vous invoquer soit la photo de Freeland et Trudeau à côté. Finalement, Les Montréalais décideront par eux même du genre de politique et politiciens qu’ils veulent à l’administration de Montréal. Comme vous le savez très bien, l’administration municipale n’est pas un gouvernement et le parti politique est strictement là pour les fins de financement oublique. Merci et bonne journée». (SIC)

La fin du message m’est absolument incompréhension, je n’ai jamais entendu parlé de financement oublique et mes recherches ne me permettent pas de comprendre la signification de ce terme. J’ai demandé à M. Sévigny de clarifier son propos et il a immédiatement corrigé le terme « financement oublique » par « financement public »… Il est de connaissance publique justement que les cinq règles les plus élémentaires de la bonne gestion municipales sont les suivantes: 

Transparence financière: Assurer une transparence totale dans la gestion des finances publiques, avec des informations claires sur les budgets, les dépenses et les revenus.

Participation citoyenne: Encourager l’engagement actif des citoyens dans les décisions municipales à travers des consultations publiques et d’autres mécanismes participatifs.

Planification stratégique à long terme: Élaborer des plans de développement durable et anticiper les besoins futurs de la communauté pour une croissance équilibrée.

Gestion efficiente des ressources: Maximiser l’utilisation des ressources disponibles, incluant une gestion responsable des fonds publics et une utilisation efficace des infrastructures existantes.

Responsabilité et éthique: Agir avec intégrité, éviter les conflits d’intérêts, et mettre en place des mécanismes de contrôle pour assurer la responsabilité et la légitimité des décisions municipales.

Je ne suis pas certain que le Parti Action Montréal parviendra à atteindre son objectif de conquérir le pouvoir avec une majorité d’élus. Malgré un programme détaillé et intéressant, les publications de ses représentants suscitent en moi des interrogations et ne me permettent pas de me forger une opinion positive susceptible de me pousser à voter en leur faveur, du moins pour le moment. Une certitude se dessine à mes yeux : les Montréalais ne souhaitent plus être assujettis à un dogmatisme excessif, ne représentant qu’une fraction restreinte des électeurs potentiels et ignorant la diversité de la population montréalaise, qu’elle soit électrice ou non. 

Je me remémore encore la promesse d’une candidate d’un autre parti affirmant vouloir exercer la politique de manière différente, et qui se retrouve désormais impliquée dans des « affaires ». L’avenir nous éclairera davantage sur le Parti Action Montréal.