Mort au Traxx

 

Par Le National
© Roger-Luc Chayer / Le National

Mort au Traxx

Il est 23h30 quand un client vient signaler qu’il y a un mort dans la Back-Room. Celui-ci n’est pas encore décédé quand Olivier et Frédéric vont se rendre compte. Olivier est vendeur, Fred donne un coup de main de temps en temps. C’est Olivier qui recueillera le dernier souffle de cet homme de 51 ans. Un corse. Il était à NICE pour se soigner. Il venait de suivre une chimiothérapie. Il se savait fragilisé du cœur puisqu’il avait un traitement vasodilatateur médicamenteux. Le poppers n’est pas incriminé, il semblerait bien qu’il n’en ait pas utilisé. Mort naturelle suite à un accident cardiaque. Une crise cardiaque comme nous disons couramment.

Voilà le début d’une longue nuit pour une trentaine de clients de l’établissement. Car bien sûr la police est appelée. L’Hôtel de Police est situé à 1 minute à pied. Rapide donc, ils arrivent et ils n’arrivent pas seuls : Pompier etc… et Quatre fourgons ! Sur place un peu de nervosité. Il est difficile de relater ces choses, les témoins sur le coup ne comprennent pas pourquoi, alors qu’il n’y a aucune trace de violence, de sang, que les policiers soient si nerveux. Leur attitude est assez étrange, verbalement agressifs et soupçonneux, ils obligent chaque personne présente à aller regarder le cadavre pour  « l’identifier », un par un, ou par deux les clients se plient aux exigences.

Leurs identités sont contrôlées (normal) mais en plus, contrairement à la loi française les policiers leur posent la question de leur orientation sexuelle, celle-ci est notée dans le Procès verbal ! Ils intimident volontairement, interpellent et finalement embarquent tout le monde. Direction le poste pour plus d’information, vérification des déclarations, des identités. Le premier sortira à 4h 30 du matin et le dernier à 6 h15 ! Le médecin légiste sur place avait très vite indiqué la crise cardiaque comme étant la cause probable de la mort. Alors pourquoi cet excès de zèle ? Pourquoi leur imposer la vue du mort ? Pourquoi retenir plus de 4 heures, trente personnes dans leurs locaux ? Pourquoi noter leur orientation sexuelle, alors que le fichage des personnes homosexuelles est interdit depuis vingt ans en France ? Pourquoi encore cette agressivité, et cette violence lorsque que des personnes se présentent a l’entrée, ignorant ce qui se passait : deux clients , secoués, coincés violemment dans le sas d’entrée, identités contrôlées et notées ?

La loi française prévoit un soutient psychologiques aux personnes témoins de ce genre de drame et accident, ici au contraire il est évident que la police a entretenu les effets traumatisants, a ajouté en plus l’intimidation, la violence verbale !

Ces attitudes normalement sont évitables, grâce à une loi qui interdit dans les procédures toutes les discriminations basées sur la race, l’orientation sexuelle, la religion… Manifestement les policiers qui sont intervenus ce soir là ignoraient ces dispositions. La question est donc : Problème de formation ? Ou intolérance à peine retenue ?