Québec gaie Est-ce que Québec serait la norme?

La rivalité Montréal-Québec, qui existe depuis le début des temps, a aussi un visage gai puisque les communautés de ces deux villes se font aussi compétition pour gagner la palme de la plus représentative de nos réalités.

Dans les deux plus grandes cités françaises d’Amérique, il existe exactement les mêmes services, les mêmes groupes militants et communautaires, les mêmes médias ou presque, la différence réside clairement pour tout observateur dans ceux qui dirigent ces institutions, les visionnaires…

Alors qu’à Montréal on privilégie l’action contre le SIDA d’un point de vue alimentaire (Fondation d’Aide Directe SIDA Montréal) ou en visant les problèmes sociaux souvent à l’origine de la transmission de la maladie, à Québec, un autre groupe tout aussi bien organisé (MIELS) favorise l’action sur le terrain et la levée de fonds ayant pour objectif de mieux servir les clientèles atteintes. Quand Montréal fait sa parade, c’est avec faste, bruit, grands cris et un défilé du style parade de mode, à Québec on organise une Fête Arc-en-Ciel où on discute beaucoup plus, où on allie l’art à la réflexion et où on permet aux groupe gais des régions de trouver une vitrine accueillante dans les rues fermées pour l’occasion.

Cette rivalité se ressent aussi dans les médias gais. Par exemple, notre publication a été la première a consacrer une section “Québec” dans ses pages, avec annonceurs et sujets spécifiques à la Capitale, parce que ce qui se fait à Québec chez les gais est si différent de Montréal que cela mérite une diffusion spécifique. Nos collègues des autres médias gais préfèrent avoir des sections publicitaires regroupées sans consacrer de rédactionnel à la Capitale et en cela, nous croyons qu’il s’agit d’une erreur. La Capitale quant à elle possède ses propres canaux de communication. Ils sont complémentaires aux médias gais nationaux, plus restreints en diffusion mais non moins intéressants par leur apport à la diversité. Un bel exemple de travail différent et de bonne qualité est le magazine pour femmes homosexuelles Sapho.

Enfin, dans la rivalité entre les deux grandes villes, Québec s’en sort souvent mieux. Est-ce le fait que 98% des québécois sont français alors que seuls 49% des montréalais le sont et qu’il est plus difficile d’unifier une métropole multiculturelle autour d’une même idée? Nul ne le sait précisément, mais ce que nous savons ici à Gay Globe Magazine et TV, c’est que les montréalais envient drôlement les québécois pour leurs succès, y compris au sein même de la communauté gaie. Bravo Québec!