Québec Le système de santé se meurt dʼhypocrisie

Le système de santé québécois, naguère un exemple dʼintégra-
tion et de gratuité dans le monde, nʼest plus que lʼombre de lui-même
et au rythme actuel, ne devrait plus supporter la demande dʼici un
maximum de cinq ans.
Plusieurs signaux nous indiquent que nos conclusions sont inévitables.
le système de santé gratuit du Québec avait pour objectif de permettre à
une population très taxée de conserver la santé, de prévenir les maladies
graves et de traiter adéquatement les personnes qui nécessitaient des soins
puisque ces personnes étaient aussi des contribuables. Or, avec lʼadmi-
nistration successive de gouvernements plus ou moins compétents, le
système sʼest retrouvé à être le pire en Amérique et bientôt, seuls les pays
sans système seront pires.
Le Gouvernement du parti québécois, en forçant les vieux médecins à
prendre leur retraite dans le but dʼéconomiser financièrement pendant une
courte période, en plus de démontrer un mépris pour lʼacte scientifique
médical, en le voyant comme une source de revenus, a fait disparaître de
nombreux scientifiques de la carte. Les vieux médecins qui avaient 30 ou
40 ans dʼexpérience et qui pouvaient facilement diagnostiquer un trouble
médical nʼétant plus là, les jeunes, qui ne savaient pas grand chose, se
sont retrouvés avec la pire pénurie à gérer en temps de vieillissement,
alors quʼils maîtrisaient à peine le métier.
Résultat: de nombreux patients qui décèdent à lʼhôpital ou des personnes
nécessitant des soins de longue durée qui se retrouvent seules chez elles
sans soins et complètement abandonnées.
Et pourtant, le Québec continue à garantir hypocritement lʼaccès à des
soins de santé alors que dans les faits, personne au Québec nʼest en me-
sure dʼobtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste puisque ces
derniers ne prennent plus aucun patient. Il est encore plus difficile de se
présenter à une clinique sans rendez-vous, la nouvelle mode étant que ces
cliniques ne prennent plus de nouveaux patients.
Marc, travailleur autonome dans la quarantaine a vécu dernièrement lʼex-
périence: «Après quelques années sans voir mon médecin traitant, je me
suis retrouvé avec une rechute de mes problèmes de santé quʼil savait
et je me suis simplement rendu à sa clinique pour le rencontrer, lui
parler de ma rechute et lui demander de renouveler mes prescriptions. À
ma grande surprise, la secrétaire ne trouvait pas mon dossier qui com-
portait pourtant de nombreux tests, des résultats importants et surtout,
les prescriptions antérieures. Elle mʼexpliqua alors que si on ne va pas
voir son médecin au moins une fois par année, les dossiers médicaux sont
maintenant détruits, avec tout leur contenu et on redevient un nouveau
patient. Jʼai eu beau lui expliquer que ce médecin mʼavait traité pendant
plus de 15 ans et quʼil savait tout de mon cas, inutile, non seulement elle
ne voulait pas me donner de rendez-vous parce que la clinique ne donne
plus de rendez-vous, elle ne voulait pas me faire examiner parce que
jʼétais considéré comme un nouveau client et que le médecin ne prenait
plus de nouveaux patients,  jʼétais révolté de voir que lʼon pouvait ainsi
détruire le passé médical dʼune personne simplement parce quʼelle ne
sʼétait pas présentée au moins une fois lʼan pour activer son dossier».
Le cas de Marc nʼest pas unique, il serait devenu la norme dʼaprès un
médecin interrogé par le Point mais qui a voulu garder lʼanonymat par
peur de représailles au niveau professionnel. «Nous ne pouvons absolu-
ment pas pratiquer notre métier à cause des limites imposées par lʼétat
sur nos actes. Nous connaissions depuis très longtemps lʼexistence de la
C.Difficile, cette bactérie qui tue dans les hôpitaux, moi-même je savais
quʼil existait une épidémie de C.Difficlle mortelle depuis au moins deux
ans avant que ça nʼéclate au grand jour, mais que voulez vous faire quand
personne nʼécoute plus les médecins?», déclare le jeune spécialiste.
Dans deux cliniques médicales de lʼest de Montréal, les médecins spé-
cialistes ne donnent tout simplement plus leurs horaires aux secrétaires
et évitent ainsi de devoir donner des rendez-vous. Vous voulez un ren-
dez-vous avec votre médecin spécialiste en Gastro-entérologie et vous
contactez la clinique pour une date, voilà ce quʼon répondait à Laurence
«votre médecin nʼa pas donné son horaire pour décembre donc on ne peut
pas vous donner de rendez-vous. Téléphonez en janvier et essayez-vous…
Oui mais je saigne du ventre et il mʼa demandé la dernière fois de le
contacter de toute urgence si ce symptôme arrivait, Présentez-vous à lʼur-
gence madame, ils feront ce quʼils pourront dans les circonstances»…
Si on ne sait pas, on réfère…
«Docteur, jʼai mal au dos, Allez je vous réfère à un orthopédiste. Docteur
jʼai mal au ventre, Allez je vous réfère à un gastro.» Et récemment, dans
une clinique de la rue Masson, alors quʼun patient avait enfin réussi à ob-
tenir un rendez-vous avec un otho-rinho, quelle ne fut pas sa surprise que
dʼêtre référé par ce spécialiste à un autre spécialiste du même domaine:
«il pourra vous faire de meilleurs tests», avait alors déclaré ce médecin à
Murielle, refusant du coup de lʼexaminer pour une simple otite.
Les exemples sont nombreux et le Québec nʼarrive tout simplement plus
à concilier la volonté collective de recevoir des soins de santé de qualité
et simplement dʼy avoir accès. Toute personne a qui lʼon refuse des servi-
ces médicaux couverts, ou à qui lʼon refuse un rendez-vous ou qui nʼar-
rive pas à voir un médecin parce que ce dernier ne prend pas de nouveaux
patients peut contacter en urgence le Ministère de la santé du Québec qui
a lʼobligation dʼouvrir une enquête et de vous offrir une alternative. Les
personnes lésées peuvent aussi porter plainte contre le ministère, au pro-
tecteur du citoyen du Québec, en attendant que lʼétat se réveille et nʼauto-
rise une médecine privée qui viendrait pallier à une partie de ces manques.