Scandale en santé au Québec I

Une enquête de plus d’un an de la Revue Le Point vient de mettre en évidence des pratiques de la part de certains acteurs du système de santé au Québec qui préoccupent non seulement les patients mais les partis d’opposition aussi qui découvrent, avec nos conclusions, que l’imagination n’a pas de limite auprès de certains membres du réseau de santé du Québec.

Luc a 43 ans, suite à un mouvement du genou, une vive douleur s’installe et l’empêche de marcher. Il consulte alors un orthopédiste qui parle de déchirement et d’intervention rapide mais doit voir avant ce qui se passe à l’aide d’une résonnance magnétique. Luc demande alors un rendez-vous à un grand hôpital de l’Est de Montréal et on lui explique qu’il doit d’abord, pour recevoir une date de rendez-vous, faire parvenir la demande du médecin par la poste et attendre un rappel. Il s’exécute et attend. Plus de 2 mois plus tard et toujours handicapé par son genou, il contacte l’hôpital et apprend qu’il est sur une liste de rappels pour les rendez-vous. Quelques semaines plus tard, il reçoit enfin un appel et on lui dit qu’il aura un rendez-vous l’an prochain seulement, parce qu’il vient juste d’être placé sur la liste d’attente fort longue. Exaspéré, Luc explique qu’il attend déjà depuis des mois d’avoir le test et se fait répondre que la liste de rappels n’est pas la liste d’attente, rien à voir. Pendant ce temps, l’hôpital divulgue ses résultats au Ministre de la santé du Québec et ne mentionne que les performances de la liste d’attente, et non de la liste invisible de rappels qui elle, n’est pas comptabilisée. L’hôpital a donc trouvé un ingénieux moyens de faire diminuer la liste d’attente. C’est simple, on empêche simplement les patients d’entrer sur la liste d’attente grâce à une liste invisible de rappels et le tour est joué. Vraiment?

Maurice à 53 ans et ne se sent pas bien depuis quelques mois. Il souffre de déprime qui ne semble pas vouloir le quitter et développe des symptômes graves d’anxiété qui l’empêchent de travailler. Il décide d’en parler à son généraliste qui décide, avec son accord, de faire une demande de consultation en psychiatrie dans un hôpital de Montréal afin de déterminer le meilleur moyen de traiter ces troubles. Le médecin est responsable de l’envoi du formulaire de “demande de soins partagés” à l’hôpital et télécopie le formulaire le même jour que la consultation. Pourtant, Maurice ne reçoit aucune nouvelle les premières semaines. (Suite à la page 28)