Une nouvelle étape importante s’ouvre dans la lutte contre l’épidémie de VIH. Le Conseil national du sida (CNS) publie un avis et formule des recommandations sur l’intérêt du traitement comme outil novateur de prévention des infections à VIH.
Faut-il traiter précocement pour prévenir la transmission ?
Faut-il proposer un traitement précoce aux personnes séropositives pour réduire les risques de transmission ? Faut-il intensifier le dépistage afin de traiter davantage ? Le Pr Willy Rozenbaum, président du CNS, répond clairement oui. Le traitement et la prévention classique deviennent ainsi complémentaires, avec pour objectif de diminuer le nombre de nouvelles contaminations.
Réduction de la charge virale et diminution des transmissions
Il est désormais établi que la diminution de la charge virale grâce au traitement réduit le risque de transmission du VIH. Selon plusieurs études, traiter au moins 50 % des personnes infectées pourrait considérablement réduire le nombre de nouvelles infections. À titre individuel, un traitement efficace et bien suivi induit une réduction significative de la transmission.
Une prudence face au risque résiduel
Toutefois, le CNS adopte une position mesurée : un risque résiduel de transmission persiste malgré le traitement. Contrairement aux autorités suisses, il ne recommande pas que les couples sérodiscordants abandonnent systématiquement l’usage du préservatif, même si le partenaire séropositif est sous traitement efficace. Il insiste sur la nécessité d’informer les personnes séropositives et leurs partenaires sur cette nouvelle réalité, en redéfinissant la complémentarité entre les outils de prévention : le préservatif protège toujours, mais le traitement est également un moyen de protection.
Une nouvelle responsabilité pour les personnes séropositives
Cette stratégie implique une nouvelle responsabilité pour les séropositifs. Le CNS souligne que le traitement constitue un moyen médicalisé, indépendant des comportements sexuels, permettant de rendre les personnes porteuses du virus moins contagieuses. Cependant, cette maîtrise repose exclusivement sur le partenaire infecté, qui porte la responsabilité principale de réduire le risque de transmission, surtout si aucune autre méthode de protection n’est utilisée.