Spécial élections 2008

Le Canada sera en mode électoral A Mari Usque Ad Mare d’ici quelques semaines, les grands partis traditionnels veulent notre vote, certains pensent même pouvoir former un gouvernement minoritaire sous Jack Layton. Est-ce que les Canadiens sont prêts à donner à sa Majesté un gouvernement majoritaire en 2008? Est-ce que les partis sont prêts à affronter le jugement du peuple?

Vous attendez toujours, chaque élection, les analyses et surtout les éditoriaux des journalistes qui viennent confier, au moment approprié, leurs péripéties impliquant les partis politiques qui veulent maintenant votre vote. Pendant des années, dans le présent cas, 3 ans, les politiques agissent et se comportent comme ils le peuvent et au moment de faire campagne électorale, ces mêmes politiques se transforment en sauveurs, en êtres supérieurs qui ont réponse à tout. C’est donc aux journalistes de faire leur travail, de vous rapporter leurs analyses afin de permettre aux électeurs de connaître les dessous de ces candidats et de ces partis qui sont toujours convaincus de pouvoir prendre le pouvoir.

Ces partis politiques, qu’ils soient canadiens ou québécois, agissent toujours de la même manière, leurs tactiques sont hautement prévisibles mais l’opinion publique, elle, est ce qu’il y a de plus aléatoire. C’est ce que l’on nomme démocratie. Dans cette édition du Point, nous vous présentons un dossier politique qui résulte directement de nos observations des dernières années et qui fera contrepoids à ceux qui viendront nous promettre mer et monde, qui régleront tous nos maux de société et qui, parfois, sont prêts à aller aussi loin que le pur mensonge pour voler et mutiler votre vote.

Vous comptez sur vos journalistes pour vous livrer la vérité et vous permettre de savoir ce que les politiques n’oseraient jamais vous dire? Le Point est là pour ça. Nous dénoncions justement dans une édition récente les manipulations politiques de certains partis qui veulent associer leur publicité dans Le Point à notre silence. Jamais, never! Qu’on se le dise, Le Point est un magazine qui a donné sa parole à ses lecteurs de ne jamais succomber à l’appât publicitaire pour taire les gestes politiques de ceux qui veulent nous diriger. Qu’on se le dise aujourd’hui encore plus, aucun budget ne peut être assez élevé pour acheter le silence de cette rédaction. Vous trouvez que dans les autres médias gais il y a beaucoup de publicités de partis politiques? Maintenant vous en savez les raisons. Cherchez dans ces médias des critiques ouvertes et libres en matière politique et vous aurez la réponse. Bonne élection…

Avant de présenter chaque parti d’importance nationale pour le Québec, je voudrais faire une mise au point sur l’objectivité des journalistes. Elle n’existe pas! Demander aux journalistes d’être objectifs dans leurs opinions, c’est d’exiger d’eux qu’ils se comportent comme des robots, ce qu’ils ne sont pas. Les journalistes sont les témoins privilégiés des actes politiques au fil des années, leur demander d’être objectifs dans leurs opinions et commentaires c’est de mutiler le concept et l’esprit critique de l’éditorial. Traiter équitablement les partis politiques pour un média c’est une chose tout à fait possible, mais demander à un journaliste de devenir un robot et de ne pas avoir d’opinions, c’est de demander à ceux qui ont l’obligation de livrer l’information de le faire en taisant volontairement le plus odieux de ce qu’ils savent et ça, vous ne trouverez pas ce type de journalisme au Point.

Les partis politiques les plus pertinents au Québec sont depuis longtemps, le Bloc québécois, le Parti libéral, le Parti conservateur, le NPD et possiblement le Parti vert qui gagne en popularité depuis quelques années. Nous savons tous ce que font les partis politiques pendant la période électorale typique pour gagner votre vote, nous n’y reviendrons pas, les médias traditionnels sauront nous le relater plus que nécessaire. Que font toutefois ces mêmes partis, députés et candidats en dehors des périodes électorales et est-ce que ces gestes sont susceptibles de modifier votre opinion sur ces partis? Voilà la question que nous devons nous poser. Plutôt que de vous donner des exemples abstraits, nous irons droit au but en vous livrant le résultat de nos observations, le reste ne dépend que de vous…

Le Bloc québécois : Enfant chéri mal aimé des Québécois depuis l’accord manqué du Lac Meech, le Bloc propose des candidats dans tous les comtés du Québec et uniquement du Québec. Aucune représentation pancanadienne donc mais sa présence, d’après ses dirigeants, est le fruit d’une volonté claire du peuple québécois d’être représenté par un parti auquel il peut s’identifier à part entière et non d’un parti regroupant des visions aussi larges que différentes d’un même Canada.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est le député du Village gai (Laurier-Ste-Marie) depuis de nombreuses années et depuis la dernière élection, aucun média gai n’aura eu accès à M. Duceppe pour quelque raison que ce soit. Quand nous demandons des entrevues ou que nous avons des questions pour ce dernier, des attachés politiques interviennent, répondent pour lui, même si jamais ils n’auront été élus. Le Bloc québécois perd beaucoup en popularité depuis quelques années et c’est probablement à cause des positions du parti sur des questions auxquelles les Québécois ne se reconnaissent pas comme les décisions du Gouvernement envers les régions (80% des Québécois vivent dans les villes), …la défense des sidéens en Afrique (60% des sidéens québécois ne subviennent pas à leurs besoins de base, pourquoi ne pas focaliser ailleurs?), l’obstruction systématique à toutes les idées du gouvernement Harper (même si plusieurs sont à l’avantage des Québécois) ou encore ces discours absolument déconnectés sur les gais par le député Réal Ménard (Hochelaga-Maisonneuve) qui prétend avoir un mandat présidentiel de la communauté homosexuelle (archi-faux) et ne s’est jamais excusé pour avoir causé tant de drames humains avec son endossement des Outgames de Montréal maintenant en faillite. Un député pertinent et sincère qui ne renouvellera pas son mandat toutefois est l’abbé Raymond Gravel, qui a annoncé son retrait de la vie politique pour des raisons religieuses.

Un candidat du Bloc qui semble aussi avoir une certaine pertinence avec les objectifs concrets des Québécois est le député de Rosemont, Bernard Bigras, qui semble parfois avoir des préoccupations locales, mais le même problème se pose en termes de transparence avec les membres d’un parti peut-être trop arrogant et fatigué de ne pouvoir rien accomplir… Le député Bigras de Rosemont-Petite-Patrie refuse depuis des années toutes nos demandes d’entrevues et refuse d’ailleurs de faire autre chose en cette période électorale que de poser des affiches avec sa photo. Votons et fermons notre gueule c’est ça M. Bigras? Vous errez…

Le Parti conservateur : Parti dont le chef est l’actuel premier ministre qui a formé un gouvernement minoritaire aux dernières élections et qui a demandé à sa Majesté de dissoudre le parlement fédéral, septembre dernier, pour permettre aux Canadiens d’aller aux urnes. Le Parti conservateur a une longue histoire et malgré un passé tumultueux, parfois plus trouble, il a réussi à convaincre les Québécois de voter en forte proportion pour un candidat anglophone de l’Ouest du Canada, Stephen Harper, ce qui n’avait pas été vu depuis des lustres. La plupart des premiers ministres depuis au moins 30 ans étaient tous Québécois. Le gouvernement de Stephen Harper a tenté de modifier de nombreuses règles parlementaires et a tenté surtout de corriger des inégalités sociales héritées des gouvernements libéraux antérieurs. Selon Stephen Harper, le Canada se porterait mieux s’il avait une économie plus ouverte, un système social plus orienté vers la famille et si les Canadiens payaient moins d’impôts. Le gouvernement de M. Harper est responsable de la double baisse de la TPS qui est passée de 7% sous les libéraux à 5% aujourd’hui. Le Parti conservateur n’a jamais été représenté par un candidat sérieux dans le Village gai de Montréal ou celui de Québec vu la très forte popularité des deux députés du Bloc dans ces comtés.

Le Parti libéral du Canada : Difficile de parler du Parti libéral sans se souvenir qu’il s’agit du parti le plus corrompu du Canada depuis le scandale des commandites impliquant de très nombreuses personnalités. Non seulement le Parti libéral a été à l’origine des pires magouilles pendant la période référendaire du Québec en 1995, mais ce parti souhaite maintenant obtenir le vote des Québécois pour former un gouvernement majoritaire à Ottawa.

Son nouveau chef, Stéphane Dion, a été un des principaux acteurs anti-référendaires de 1995 et ses discours de l’époque font encore trembler les souverainistes d’aujourd’hui alors qu’il parlait d’intervention militaire du Canada au Québec advenant un référendum gagnant et son opinion des Québécois souverainistes est si méprisante que l’auteur de ces lignes ne pourrait répéter ces propos ici. En termes de sommets d’hypocrisie, Dion a déclaré en septembre 2008 pendant la campagne qu’il était tout aussi nationaliste que les autres Québécois!  Le plus paradoxal dans ce que l’on pourrait qualifier de “cas Stéphane Dion”, c’est que ses positions sur la reconnaissance d’un Québec souverain peuvent certainement s’inscrire dans un contexte monarchique impérialiste qui existe depuis toujours au Canada face aux Québécois certes, mais cet homme possède aussi la double nationalité canadienne et française. Il est citoyen de la RÉPUBLIQUE française, berceau des droits démocratiques et de l’homme et comme citoyen de cette république, il a l’obligation d’adhérer à ses principes républicains, je le sais, j’ai aussi la double nationalité, tout comme lui.

Stéphane Dion demande maintenant aux Québécois d’oublier son passé absolument abject face à la nation québécoise et demande à ces mêmes Québécois de lui donner la balance du pouvoir. Voilà un drôle de revirement. Il y a pourtant quelques années, les Québécois étaient des imbéciles incapables de se gouverner selon lui et depuis qu’il est chef des libéraux, il n’a pas d’autre choix que d’implorer la nation québécoise pour obtenir le droit de gouverner le Canada entier. La politique canadienne permet n’importe quoi! Pour en avoir un délicieux exemple, on peut écouter M. Dion, en 1995, alors qu’il était politicologue à l’Université de Montréal et invité de Radio-Canada livrer son commentaire anti-souverainistes avec son arrogance habituelle au http://www.tagtele.com/videos/voir/807. M. Dion voudrait en 2008 que nous ne pensions plus à son passé. Pas question, son passé est son boulet, qu’il le porte comme nous portons le résultat du référendum depuis 1995. D’ailleurs, au même moment, en 1995, le président de la République française, M. Jacques Chirac, accordait une entrevue sur la question de la souveraineté du Québec à CNN et déclarait que la France reconnaîtrait une victoire aussi mince soit-elle pour le Oui, cette entrevue est disponible au http://www.tagtele.com/videos/voir/806/1/. M. Dion aurait donc contrevenu à la reconnaissance de son propre président de la République?

Le NPD : Parti bien mystérieux qui ne semble pas vraiment attirer les Québécois jusqu’à maintenant du moins, ce parti représenté par Jack Layton tient un discours absolument idéaliste, il a réponse à tout, il règle tous nos problèmes mais, paradoxalement, n’arrive pas à se faire reconnaître au Québec. À en croire les candidats du Nouveau Parti démocratique, le Canada pourrait être une terre paradisiaque sans problèmes sociaux mais quand vient le temps de répondre aux questions budgétaires, le NPD devient muet comme une carpe. Un peu comme sur la question du don de sang des personnes homosexuelles. Un communiqué de juin annonçait que le NPD était POUR le don de sang des gais mais depuis juin, Le Point a tenté d’avoir un représentant du parti en entrevue pour qu’il nous explique comment y parvenir, peine perdue, impossible d’avoir un seul rendez-vous. On veut le vote gai mais on ne veut pas répondre aux questions des gais… Un candidat à suivre de près est Alexandre Boulerice dans Rosemont-Petite-Patrie qui semble vouloir faire quelques changements.

Le député André Arthur : Exception qui confirme la règle et député montrant l’exemple depuis la dernière élection quant à son accessibilité, André Arthur, animateur radio devenu député indépendant du comté de Portneuf fait la preuve que le travail peut être fait avec transparence et réelle démocratie. André Arthur représente les électeurs du comté de Portneuf et rien qu’eux, il n’a jamais prétendu autrement et il semble le faire tellement bien que les sondages sont fortement en sa faveur dans son comté au point où le premier ministre a simplement décidé de ne lui opposer aucun candidat conservateur.
Le Point a obtenu une entrevue avec André Arthur sur son avenir et ses priorités, voici les réponses d’un des députés les plus populaires du Canada :
« Je serai candidat, encore indépendant, et le Parti conservateur vient de décider de ne pas me faire d’opposition… Ce sera, je crois, dans Portneuf-Jacques-Cartier, le seul comté où le parti au pouvoir n’aura pas de candidat. Tôt ou tard, il faudra accepter que la réduction de l’État et de ses taxes soit une condition de survie de la démocratie.  Autant commencer tout de suite.
Il faut cesser d’utiliser les taxes de ceux qui ne veulent pas de quelque chose, de type culturel ou autre, pour l’offrir à ceux qui ne veulent pas le payer.  À titre d’exemple : combien de Canadiens seraient prêts à payer volontairement une taxe pour maintenir Radio-Canada?
L’intégrité de l’État passe par l’intégrité des policiers.  On a vu dans l’affaire Bernier que la GRC savait qu’il sortait avec une personne compromise, mais on ne l’avertissait pas, comme pour retenir contre un ministre des faits qui pouvaient le compromettre plus tard. »