«Grâce au pape François, les homos ne se cachent plus»

Le Parisien

JMJ. Brandon, 58 ans, Irlandais installé aux Etats-Unis venu à Cracovie à l’occasion des JMJ

Dans une pièce attenante à un café-librairie alternatif de Cracovie, un prêtre, vêtu de son aube, célèbre la messe en anglais, juste à côté d’une table autel sur laquelle reposent une bougie et un calice. Son nom ? « On ne le communique pas mais c’est un curé officiel de l’Eglise », assure une organisatrice de l’événement. Face à cet ecclésiastique anonyme, une bonne vingtaine de fidèles gays et lesbiennes participant aux JMJ. Ils répondent à l’initiative, non inscrite au programme officiel, de l’association polonaise des chrétiens homosexuels et transgenres baptisée Arc-en-ciel et foi. Dans l’assemblée, tous bénissent François, qui, au sujet de l’homosexualité, ne cesse de répéter : « Qui sommes-nous pour juger ? »

 

Depuis qu’il a été élu, le souverain pontife s’est aussi entretenu avec un transsexuel au Vatican ou avec un couple gay lors de son voyage aux Etats-Unis. « C’est le premier pape qui, publiquement, a des mots pour notre communauté, des paroles importantes qui touchent également nos familles, nos voisins… » applaudit Marcela, 33 ans, catholique polonaise de Poznan et l’une des porte-parole du mouvement Arc-en-ciel et foi.

 

Mais, selon elle, le chef de l’Eglise catholique doit encore aller plus loin. « Il faut qu’il continue à encourager les prêtres à nous regarder comme des personnes appartenant pleinement à la communauté chrétienne et à ne plus se focaliser sur nos comportements sexuels. Cela ne passe pas par une révolution car l’Eglise ne la supporterait pas mais par une évolution, pas à pas », suggère-t-elle.

 

«On veut une place égale»

 

Marcela dénonce les propos homophobes d’une partie de son clergé. « Un prêtre a dit un jour qu’il avait envie de vomir quand il voyait des homosexuels. Il y a aussi des mouvements radicaux qui affirment qu’ils veulent nous tuer et qui, pourtant, distribuent la Bible. »

 

Brandon, 58 ans, Irlandais installé aux Etats-Unis, remercie, lui aussi, François. « Grâce à lui, les homos ne se cachent plus », encense-t-il. Mais désormais, au-delà des « signes d’espoir », il exige de la part du Saint-Père des actes forts. « On ne nous donne pas de responsabilités. On veut une place égale. Les homos ont beaucoup à apporter aux paroisses en matière de tolérance mais aussi de souffrances », confie celui qui a rencontré son futur mari il y a vingt ans, lors d’une messe à New York.

 

Il invite, sans vraiment y croire, le dignitaire argentin à « un changement des dogmes ». « Un mariage, même pour l’Eglise, ça peut être aussi entre deux hommes ou deux femmes », lâche-t-il, non loin d’une peinture au mur représentant deux saints amoureux.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GROUPE GAY GLOBE MÉDIA
Privacy Overview

This website uses cookies so that we can provide you with the best user experience possible. Cookie information is stored in your browser and performs functions such as recognising you when you return to our website and helping our team to understand which sections of the website you find most interesting and useful.