
Roger-Luc Chayer (Image : IA / Gay Globe)
Une nouvelle légende urbaine à propos des hommes gays se propage à vitesse grand V et concernerait la présence importante d’un virus du nom de Shamonda qui se transmettrait sexuellement et en particulier chez les hommes gays.
Non seulement cette information est fausse, il n’existe qu’un seul cas documenté d’un humain en France qui a contracté ce virus et en voici les faits avérés.
Qu’est-ce que le virus Shamonda ?
Le virus Shamonda est un virus connu depuis les années 1960, principalement observé chez les animaux, notamment les bovins, les moutons et les chèvres. Il se transmet surtout par de petits insectes piqueurs appelés Culicoides, qui agissent comme vecteurs en passant d’un animal infecté à un autre.
Chez les animaux, il peut provoquer de la fièvre, de la diarrhée et des complications liées à la gestation. Jusqu’à récemment, il ne faisait pas partie des virus considérés comme une menace connue pour la santé humaine.
La situation a attiré l’attention en octobre 2026, après la découverte d’un premier cas humain documenté en France. Le patient, dont le système immunitaire était fortement affaibli, est décédé. Les circonstances exactes de sa contamination ne sont pas encore clairement établies.
Il est important de préciser qu’aucune transmission sexuelle ni transmission d’un humain à un autre n’a été démontrée. Rien ne permet donc d’associer ce virus aux relations sexuelles entre hommes ou d’en faire une nouvelle infection sexuellement transmissible.
Pour le moment, il s’agit d’un virus principalement animal, dont la présence chez l’humain demeure exceptionnelle et encore peu documentée.
Pourquoi et qui a intérêt à faire circuler ces fausses informations en associant y continuellement les hommes gays?
Il y a quelque chose de particulièrement troublant dans cette histoire du virus Shamonda. Pourquoi faut-il que, chaque fois qu’une nouvelle maladie fait son apparition dans l’actualité, certains s’empressent de l’associer aux hommes gays, même lorsque rien ne permet de soutenir une telle affirmation?
Cette association n’est pas nouvelle. Depuis les années 1980 et les débuts de l’épidémie de VIH/sida, l’homosexualité a trop souvent été présentée comme synonyme de maladie, de danger et de comportements à risque. Certains semblent encore vouloir entretenir cette vieille association. Il y a probablement plusieurs motivations derrière ces publications.
D’abord, l’homophobie, qui trouve dans les questions de santé un terrain particulièrement facile à exploiter. Faire croire qu’un virus se transmettrait sexuellement chez les hommes gays permet de raviver des préjugés et de nourrir la peur à leur endroit.
Ensuite, il y a la recherche de visibilité. Sur les réseaux sociaux, les informations alarmantes, surtout lorsqu’elles touchent à la sexualité, attirent les clics, les commentaires et les partages. Certains utilisateurs savent très bien qu’une affirmation spectaculaire circulera beaucoup plus rapidement qu’un démenti scientifique.
Il ne faut pas non plus écarter la désinformation volontaire. Des individus ou des groupes peuvent avoir intérêt à entretenir un climat de méfiance envers les communautés LGBTQ+, en utilisant la santé publique comme prétexte.
Mais attention : sans identifier les auteurs des premières publications et retracer leur origine, on ne peut pas affirmer qui se trouve derrière cette campagne particulière. Ce qui est inacceptable, c’est de transformer une information médicale non vérifiée en accusation contre toute une communauté.
Les hommes gays n’ont pas à porter le poids de chaque nouvelle maladie qui apparaît dans l’actualité. La science doit établir les faits, pas les préjugés.
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