L’Heureux Bouddha : un voyage unique à Montréal

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Arnaud Pontin et Roger-Luc Chayer

On dit qu’à Montréal, tout le monde finit un jour ou l’autre par se retrouver sur la rue Masson, soit pour acheter du pain bio, observer un hipster promener son chien végane, ou, plus curieusement, pour pousser la porte de l’Heureux Bouddha. Si ce nom évoque déjà un gros monsieur joufflu qui rigole en croquant un rouleau impérial, c’est à peu près l’idée. Depuis une bonne vingtaine d’années, ce petit commerce mi-boutique ésotérique, mi-bazar de quartier, sert de refuge spirituel — et matériel — à ceux qui préfèrent allumer de l’encens plutôt qu’un cigare et tapoter un bol chantant au lieu de crier après leurs voisins.

L’histoire de l’Heureux Bouddha est aussi colorée que ses étagères débordantes de figurines, de pierres semi-précieuses et de clochettes tibétaines. Il paraît que tout a commencé avec un couple de passionnés de spiritualité orientale qui, après un voyage initiatique en Asie (et un retour avec deux valises pleines de statuettes trop lourdes pour le bagage à main), a décidé que le Plateau avait déjà trop de librairies d’occasion, mais pas assez de Bouddhas rieurs. Direction Rosemont, donc, quartier populo-bobo parfait pour prêcher la zénitude à coups de malas et de chandelles parfumées.

Depuis, l’Heureux Bouddha est devenu un point de chute incontournable pour tous ceux qui veulent réharmoniser leurs chakras avant d’aller bruncher. On y trouve tout ce qu’il faut pour transformer son deux et demi mal insonorisé en temple de sérénité : lampes de sel rose, encens qui fait tousser votre chat, tuniques importées d’Inde et sages conseils sur la meilleure façon de méditer entre deux arrêts de bus. Les habitués y passent autant pour jaser avec le proprio — un personnage qu’on soupçonne capable de vous vendre la paix intérieure avec le sourire — que pour renouveler leur stock de pierres de lune, persuadés que c’est la seule chose qui les protège du mauvais œil de leur patron.

Mais derrière le comptoir croulant sous les amulettes, l’Heureux Bouddha joue aussi son rôle de petit moteur économique local. Mine de rien, ce commerce contribue à faire vivre toute une chaîne d’artisans, d’importateurs et de fournisseurs qui se frottent les mains chaque fois qu’un nouveau lot de Bouddhas en résine débarque du port. Il attire aussi une clientèle fidèle qui, après avoir déboursé cinquante dollars pour une statuette de Ganesh, finit inévitablement par faire un détour au café d’à côté ou à la boulangerie du coin. Bref, grâce à l’Heureux Bouddha, la rue Masson respire mieux, médite plus fort et garde son côté éclectique, un pied dans l’encens, l’autre dans la réalité bien montréalaise.

Alors si vous passez par là et que vous entendez une clochette teinter, c’est peut-être votre karma qui vous dit qu’il est temps d’investir dans un petit Bouddha ventru. Et si ça ne change pas votre vie, au moins ça fera sourire vos invités. Namasté et bonne promenade sur Masson!

https://www.facebook.com/heureuxbouddha

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