
Par: Arnaud Pontin
Image: Générée électroniquement ©Gay Globe
Cet article traite d’une affection masculine rare, mais souvent alarmante pour ceux qui en sont atteints : l’hématospermie. Cette situation de santé, finalement assez commune chez les hommes de tous âges, nous a été rapportée par un lecteur, Serge, qui souhaitait que nous la démystifiions afin d’informer non seulement nos lecteurs, mais aussi la population en général. En effet, lorsqu’il en a été victime, il n’en avait jamais entendu parler.
Un jour comme un autre, Serge, un homme de 35 ans actif sexuellement, a remarqué — après une relation sexuelle tout à fait normale, comme il en a régulièrement — que son éjaculation contenait une grande quantité de sang rouge vif. C’était une première pour lui.
Évidemment, cette découverte l’a profondément inquiété. Il faut dire que cette manifestation, à la fois soudaine et spectaculaire, peut faire peur et provoquer une vive réaction psychologique chez la personne atteinte. Les conjoints aussi peuvent être troublés par la présence de sang dans l’éjaculat, ce qui peut en impressionner plus d’un… Serge a immédiatement contacté son médecin de famille pour l’alerter de ce qui venait de se produire. En attendant son rendez-vous, prévu moins de 24 heures plus tard, il a consulté plusieurs sites médicaux sur Internet afin de mieux comprendre la situation.
Mais ses recherches ne l’ont pas vraiment rassuré. Les explications allaient de causes bénignes et accidentelles — comme la rupture d’un petit vaisseau sanguin dans le système reproducteur — à des hypothèses plus sérieuses, comme un cancer de la prostate, même si ce dernier ne représente que moins de 20 % des cas d’hémato-spermie.
L’hématospermie se manifeste principa-lement par la présence de sang dans le sperme, ce qui lui donne une teinte rosée, brunâtre ou rouge vif. Cette coloration peut survenir de façon isolée ou persistante, selon la cause sous-jacente. Parfois, elle s’accompagne d’une sensation de brûlure à l’éjaculation, de douleurs pelviennes ou lombaires, ou encore de troubles urinaires comme une envie fréquente d’uriner ou une légère gêne en urinant. Cependant, dans bien des cas, elle se produit sans aucun autre symptôme associé, ce qui peut la rendre encore plus déconcertante pour la personne concernée. Son médecin lui a alors prescrit des analyses de sang et d’urine afin de détecter une éventuelle infection des voies urinaires, une infection transmissible sexuellement ou toute autre cause infectieuse pouvant expliquer la situation. Il a également demandé un dosage du PSA (antigène prostatique spécifique), une hormone dont le taux sanguin peut indiquer une anomalie ou un cancer au niveau de la prostate.
Bonne nouvelle : aucune infection urinaire ni ITS n’a été détectée. Le taux de PSA était à 0,56 ce qui est excellent. Avec le temps, la présence de sang dans le sperme est passée du rouge vif au brun (signe de sang coagulé), avant de disparaître complètement. Pour favoriser une guérison complète, son médecin lui avait recommandé de s’abstenir de toute activité sexuelle pendant quelques jours, afin de permettre au vaisseau sanguin en cause de cicatriser correctement.
Selon les médecins, l’hématospermie peut survenir à tout âge et résulte, dans la grande majorité des cas, d’un petit incident bénin qui peut très bien ne jamais se reproduire. En cas d’inquiétude, il ne faut surtout pas hésiter à consulter son médecin — et, surtout, éviter de paniquer.