Montréal paralysée : la folie des aménagements de Valérie Plante

Rue de Rouen après

Roger-Luc Chayer (Photo : (avant) Google Street View (après) Groupe Gay Globe Média)

Gestion catastrophique de la circulation à Montréal sous Valérie Plante

Tous les habitants de la grande région urbaine de Montréal savent que la mairesse Valérie Plante a tout mis en œuvre pour étouffer la circulation motorisée, dans une volonté de satisfaire son ego et d’affirmer son hégémonie sur la Ville de Montréal. Les cônes oranges, les changements continuels de sens de circulation, les blocages causés par des centaines de chantiers fantômes où il ne se passe strictement rien, ainsi que les fermetures de rues sous prétexte de les verdir, participent tous à une destruction massive de la grille de circulation à Montréal à tous les niveaux.

Madame Plante et ses collaborateurs semblent oublier que, contrairement aux villes européennes très concentrées — Paris intra-muros, par exemple, ne mesure qu’environ neuf kilomètres du nord au sud —, l’île de Montréal couvre 499 kilomètres carrés et a été conçue non pas pour la proximité, mais pour l’industrialisation et la mobilité urbaine. Montréal est avant tout une ville de transport et de circulation.

Montréal n’est pas Paris ou Rome, Madame Plante

Montréal a été conçue dans un contexte où l’industrialisation dictait la manière de penser la ville. Son emplacement sur le Saint-Laurent en faisait un point stratégique pour le commerce, favorisant la construction d’un port, de voies ferrées et plus tard de routes destinées à acheminer les marchandises plutôt qu’à structurer une ville résidentielle. Les quartiers ouvriers se sont développés autour des zones industrielles et le réseau routier a suivi cette logique de transport et de production.

Contrairement à Paris, dont la forme s’est fixée bien avant l’ère industrielle, Montréal a grandi à une époque où la mobilité des biens et la proximité des usines comptaient davantage que la beauté ou la convivialité urbaine. C’est ce qui explique la présence de grandes artères droites et fonctionnelles, pensées pour relier rapidement le port, les manufactures et les banlieues industrielles de Montréal.

Un dogmatisme qui est en train de tuer la ville de Montréal

Le dogmatisme de la mairesse Valérie Plante est en train de tuer ce qui fonctionnait si bien jusqu’à son avènement.

En paralysant l’ensemble des artères de la ville, elle bloque le cœur du Québec et du Canada, tout comme un caillot peut obstruer une artère et provoquer un infarctus. Nous savons tous qu’un infarctus peut causer des dommages permanents, voire la mort. C’est exactement ce qui se passe à Montréal.

Street view

Rue du Havre entre Ontario et Hochelaga avant les changements

La rue du Havre est un exemple éloquent

La photo ci-dessus montre la rue du Havre, dans l’arrondissement de Ville-Marie, directement sous la responsabilité de la mairesse Valérie Plante. On y voit une rue vibrante et fonctionnelle, dotée de quatre voies nord-sud, de stationnements de chaque côté et d’une circulation dense. Deux voies permettaient une circulation fluide des véhicules, tout en maintenant une bonne accessibilité. On y avait même aménagé des pistes cyclables prioritaires de part et d’autre, assurant la sécurité et la fluidité des déplacements à vélo. Mais alors, pourquoi vouloir réparer ce qui n’était pas brisé?

Par incompétence, par dogmatisme ou par pure irresponsabilité? La question mérite d’être posée, car, comme à son habitude avec les milliers de kilomètres de voies de circulation à Montréal, Valérie Plante ne consulte jamais personne : elle impose, elle dicte et elle ordonne.

Réaménagement catastrophique de la rue du Havre

La mairesse a donc ordonné que la rue du Havre, entre les rues Ontario et Hochelaga — déjà victime d’un véritable festival de blocages permanents en béton —, soit entièrement réaménagée et entravée par tous les moyens possibles. Sur la photo en titre plus haut, on peut constater les résultats catastrophiques de cette décision à tous les niveaux.

Il ne reste désormais que trois voies : une piste cyclable totalement hors normes, plus large que la moyenne et marquée de zigzags inutiles qui nuisent à la fluidité, ainsi qu’une seule voie de circulation pour les voitures, du sud vers le nord, avec des aménagements incohérents, des ruptures, des blocs de béton épars et une logique difficile à comprendre.

Pire encore, 95 % des stationnements sur la rue destinés aux résidents et aux automobilistes ont été supprimés, au grand désespoir de ces derniers. Et comme si cela ne suffisait pas, les quelques places restantes ont été hachurées, réduisant leur nombre d’environ cent cinquante à une dizaine tout au plus.

Une intersection qui va finir par tuer

Une nouveauté inquiétante dans le réaménagement de la rue du Havre concerne l’intersection avec la rue de Rouen. Des stops ont été installés à chacun des quatre coins, mais les cyclistes, voyant un passage clouté traverser la rue du Havre, ne respectent jamais ces arrêts et traversent à pleine vitesse.

Les véhicules circulant du sud vers le nord sur la rue du Havre s’arrêtent bien au coin de Rouen, mais la visibilité est fortement limitée par un immeuble résidentiel situé juste à l’intersection, empêchant de voir ce qui arrive de Rouen. Résultat : les cyclistes, qui ne s’arrêtent pas — j’ai observé la situation sur plusieurs jours et 100 % d’entre eux ne respectent pas le stop —, s’exposent à un accident grave, voire mortel.

À la vitesse à laquelle ils roulent, si un véhicule s’arrête puis redémarre en supposant que les cyclistes respecteront le stop, une collision serait inévitable en cas de non-respect. Évidemment, personne n’assure le respect de la loi, ni la police ni des surveillants, et les infractions se produisent toutes les minutes, surtout aux heures de pointe.

Conclusion : Montréal sacrifiée sous Valérie Plante

Le réaménagement de la rue du Havre illustre à lui seul une gestion municipale aveugle et dangereuse : sous prétexte de moderniser et de « verdir » la ville, on sacrifie la sécurité, la fluidité et le bon sens, transformant une artère fonctionnelle en un piège quotidien pour automobilistes et cyclistes. Si c’est ça la vision de Montréal, on se dirige droit vers le chaos plutôt que vers le progrès.

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Gayglobe.net

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