Par Romandie News
edito@gglobetv.com
Photo Google
Assis dans une salle de repos, David sourit, un Fanta orange à la main. Une heure après avoir franchi le pas de la porte de la clinique de son quartier à Kisumu (ouest), il vient d’être circoncis gratuitement, afin de réduire le risque de contamination par le sida.
J’ai décidé de me faire circoncire parce que c’est hygiénique et que, en cette période de maladies, on nous a dit que lorsqu’on est circoncis, les chances d’être infecté sont réduites de 60%, explique ce banquier sans emploi de 40 ans. Marié et père d’un enfant, David Odhiambo vient ajouter son nom aux quelque 250.000 Kenyans circoncis depuis fin 2008 dans le cadre d’un programme national visant les communautés qui ne pratiquent pas traditionnellement l’ablation du prépuce, complète ou partielle.
Tout a commencé en 2000 par une étude conjointe menée par les universités de Nairobi au Kenya, de l’Illinois aux Etats-Unis et de Manitoba au Canada (UNIM) pour étudier l’impact de la circoncision sur la prévention du virus du VIH-sida.
Portant sur 2.800 hommes, cette étude a révélé que le groupe de 1.400 circoncis avait 60% de chances en moins d’être contaminés par le virus comparé à l’autre moitié de l’échantillon, non circoncise. Un taux similaire devait être constaté dans des études similaires menées en Ouganda et en Afrique du Sud.
Plusieurs théories médicales expliquent cette protection renforcée: la face interne du prépuce abrite une concentration élevée de cellules spécifiques qui constituent des points d’entrée préférentiels pour le virus du sida.
De même, la circoncision limite l’apparition des micro-coupures engendrées sur le prépuce par les frictions d’un rapport sexuel. Depuis ces résultats, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande la circoncision et les pouvoirs publics kenyans ont mis en place fin 2008 une vaste campagne de circoncision gratuite, sur la base du volontariat.
Le caractère préventif de la circoncision avait de fait déjà alerté les acteur de santé publique kenyans sur le terrain, qui avaient constaté des taux de prévalence moins élevés dans les communautés pratiquant traditionnellement la circoncision (environ 85% de la population). Ils donnent la priorité actuellement aux hommes sexuellement actifs et non circoncis.
Quand ils auront terminé cette phase, ils s’adresseront à des publics de plus en plus jeunes. De même, les acteurs de santé de la province de Nyanza continuent leur travail de pédagogie pour s’assurer que les nouveaux circoncis n’adoptent pas des comportements sexuels à risque, une inquiétude qui ne s’est pas traduite dans les faits pour le moment.
Pour en savoir plus sur la circoncision au Québec: Par Santé-Québec http://www.guidesante.gouv.qc.ca/fr/fiche/7302-02.shtml