Nice-Matin
Les découvertes de nouvelles séropositivités augmentent depuis trois ans. Le centre régional d’information et de prévention du sida tire la sonnette d’alarme.
Qui craint encore le sida ? Cette terrible épidémie, dont les premiers cas furent décrits il y a tout juste trente ans, ne fait plus aussi peur, au moins dans nos pays occidentalisés, où les médecins ont appris à dompter le VIH, à défaut de l’anéantir.
Dans notre région pourtant, la situation est réellement inquiétante. Alors que l’épidémie semble se stabiliser en France, les découvertes de nouvelles séropositivités ont augmenté significativement en région Paca entre 2008 et 2009. Pire, selon le Centre régional d’information et de prévention du sida de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Crips Paca), cette augmentation se confirme et s’accentue sur les six premiers mois de 2010. « Les chiffres collectés par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) pour ce premier semestre sont supérieurs de 18 % à ceux de la même période en 2009, alors même que les données du Var n’ont pas encore été validées », indique le Dr Brigitte Reboulot, directrice du Crips (1). « Et dans ce département comme dans les autres, la tendance est à l’augmentation, et de façon très significative. Les chiffres ont été multipliés par deux entre 2008 et 2009. »
Les Alpes-Maritimes plus touchées
La Var n’est cependant pas le plus touché. Il n’arrive qu’en troisième position derrière les Bouches-du-Rhône et, largement en tête, les Alpes-Maritimes. Même si, en valeur absolue, le nombre de nouvelles séropositivités est plus élevé dans les Bouches-du-Rhône, c’est dans le 06 que le nombre de nouveaux cas par million d’habitants bat tous les records (voir ci-dessous). Et c’est la même chose pour le nombre de cas de sida par million d’habitants qui monte à 2 690 contre 1 471 dans les Bouches-du-Rhône et 1 068 dans le Var. Les nouvelles séropositivités sont essentiellement liées à des contaminations par relations sexuelles.
Mais, tandis que les cas liés à des relations hétérosexuelles ont tendance à baisser, ceux liés à des relations homosexuelles s’affichent à la hausse. Ils représentent, en 2009, 60 % des nouvelles déclarations de séropositivité (voir en page suivante). Autre indice inquiétant relevé par le Crips, le taux de diagnostic tardif est également en augmentation constante.
Un réservoir de virus toujours plus grand
Le Dr Brigitte Reboulot attire également l’attention sur la notion de réservoir de virus. Les progrès médicaux ont permis de mieux vivre avec le VIH et de diminuer significativement le nombre de décès. « Désormais, on décompte chaque année 8 à 15 fois plus de nouvelles séropositivités par VIH que de décès liés au sida, ce qui augmente progressivement et de façon importante le nombre de personnes vivant avec le virus. » Et avec, très clairement, le risque pour chacun de croiser le virus et d’être contaminé lors d’un rapport sexuel non protégé.
1. Les données varoises n’ont pu être traitées à temps à cause d’un problème administratif.