La vie sexuelle secrète des animaux

Radio-Canada

Ils sont peut-être tout mignons avec leur fourrure ou leurs nageoires, mais les animaux, sachez-le, peuvent être tout aussi pervers que nous. J’arrive d’une virée à Manhattan où j’ai vu une captivante exposition présentée au Musée du sexe de New York à propos de la sexualité dans le royaume animal.

Étonnée devant l’ampleur de mon ignorance sur le sujet, j’ai poussé un peu mes recherches. Voici quelques fascinantes informations sur la vie secrète des animaux que je  vous transmets pour vous permettre de briller en soirée. (Je préfère vous prévenir, il y a des choses très troublantes à la fin de ce texte. Si vous êtes enclin aux cauchemars, vous devriez peut-être vous abstenir de lire la dernière portion…)

D’abord, rectifions les faits à propos de certaines idées erronées sur la sexualité :

  • Idée préconçue : Les organismes vivants ont seulement un sexe, mâle ou femelle, et leur sexe reste stable toute leur vie.

Fait : L’hermaphrodisme est très courant sur la planète terre. Chez la majorité des plantes et possiblement la moitié des animaux, les individus possèdent les deux sexes à la fois (c’est le cas des verres de terre et des escargots) ou ils peuvent changer de sexe au cours de leur vie. Les poissons-clown comme Némo, par exemple, ont cette capacité de changer de sexe. Lorsque la femelle dominante d’un groupe meurt, un mâle change de sexe et il devient la femelle dominante.

  • Idée préconçue : Les femelles cherchent la monogamie alors que les mâles cherchent à avoir le plus grand nombre de partenaires sexuels.

Fait : Selon les espèces, les deux sexes seront tous les deux monogames ou chercheront à avoir plusieurs partenaires. La monogamie qui dure toute la vie est en fait très rare dans le royaume animal, même chez les espèces dites monogames.

  •  Idée préconçue : Il n’y a pas d’homosexualité chez les animaux

Fait : Les relations sexuelles entre partenaires de même sexe sont loin d’être rares dans la nature. Des animaux de même sexe peuvent se montrer des signes d’affection, se faire la cour, s’accoupler et se masturber mutuellement. Ces pratiques ont été observées et documentées chez plus de 500 espèces animales.

Le Musée du sexe de New York raconte d’ailleurs aux visiteurs l’histoire de Roy et Silo, deux pingouins gais du zoo de Central Park. Roy et Silo formaient un couple et ils avaient « adopté » une roche qui avait la forme d’un œuf. Attendris, les gardiens du zoo ont remplacé leur roche par un œuf fertilisé qui avait été abandonné et les deux pingouins se sont occupés de cet œuf pendant 34 jours, jusqu’à ce qu’il eût éclos.

Bon, l’histoire ne finit pas par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » parce que Silo et Roy se sont finalement séparés. Silo a rencontré Scrappy, une femelle avec qui il s’est mis en couple, et Roy est resté célibataire par la suite. Mais leur couple a tout de même duré six ans (j’ignore combien ça fait d’années en vie humaine…) et leur histoire d’amour a inspiré un livre pour enfant qui démystifie l’homosexualité.

  • Tomber sur un os

Contrairement aux humains, certains mammifères ont un os dans le pénis. Appelé « baculum », cet os sert de support à l’érection. Il est présent chez le chien, le gorille ou le chimpanzé, par exemple.

  • Un sexe qui change de couleur

Le singe vervet est reconnu pour son sexe très coloré. Son scrotum est bleu vif et son pénis est rouge. Si un singe vervet perd son rang social, alors son scrotum change de couleur et devient plus pâle.

  • Une fente génitale chez les femelles et les mâles

Peu importe leur sexe, les cétacés, les dauphins, les marsouins et les baleines ont une fente dans la région génitale qui sert à protéger leurs organes génitaux situés à l’intérieur de leur corps. Chez les mâles, la fente est plus grande et lorsqu’il est excité, son pénis sort de sa fente. Tant les fentes des mâles que celles des femelles peuvent être pénétrées.

  • Des pénis féminins

Chez certaines espèces, les femelles possèdent un organe sexuel externe semblable au pénis. L’hyène, par exemple, possède un sexe externe qui comporte des tissus érectiles par lequel elle urine, elle se reproduit et elle accouche.

Des pratiques humaines ET bestiales

Si vous pensiez que Sade et E.L. James avaient inventé les scènes de sexe les plus perverses et les plus torrides, ravisez-vous. Les animaux ont eux aussi beaucoup d’imagination…

Du sexe oral, anal… et nasal?

Les animaux peuvent se faire des fellations, des autofellations, des cunnilingus et ils peuvent pratiquer le sexe anal. Plusieurs animaux ont des relations sexuelles face-à-face, dos à face, mais aussi la tête à l’envers et chez les oiseaux, on peut assister à des relations sexuelles en plein vol.

Les dauphins de la rivière Amazon, eux, pratiquent trois formes de pénétration. Ils peuvent faire la pénétration anale, la pénétration de la « fente génitale » et pénétrer leur évent (l’orifice sur leur tête qui leur sert à respirer).

Prostitution

Des primatologues ont observé que chez certaines espèces, comme chez les singes bonobos, il arrive qu’un animal qui détient de la nourriture reçoive les avances d’un autre animal et qu’après un rapport sexuel entre les deux, l’animal qui avait de la nourriture donne une partie de son butin à l’autre. Le phénomène a été comparé par plusieurs experts à une forme de prostitution chez les animaux.

Orgies

Dans la nature, les relations sexuelles entre plusieurs partenaires à la fois sont très communes. La limule, le lièvre de mer, le serpent-jarretière et la crépidule s’adonnent tous à ces orgies. C’est le cas aussi de plusieurs espèces de grenouilles et d’insectes. Pour plusieurs, ces orgies font en sorte que, puisque la fécondation se produit en même temps pour tous, l’accouchement se produira aussi en même temps et cela augmenterait les chances de survie de la prochaine génération.

Masturbation et jouets sexuels

Les animaux peuvent se masturber en utilisant leurs pattes, leurs mains, leurs pieds, leurs nageoires ainsi que des objets. Chez les primates, par exemple, on se masturbe avec des pierres, des racines ou des fruits.

Nécrophilie (dernière chance! Voici la partie troublante dont je vous parlais plus tôt…)

Un acte de nécrophilie a été commis par notre très canadien canard colvert, surpris en train de s’adonner au viol d’un autre canard mâle décédé. Selon le chercheur qui a surpris l’acte (qui a duré 75 minutes) le canard mort avait probablement été pourchassé en vol par l’autre mâle qui voulait le violer et il a été tué pendant la poursuite en fonçant dans la fenêtre du Musée d’histoire naturelle de Rotterdam. Ça ne s’invente pas.

Et pour ceux qui n’ont vraiment pas le cœur sensible, je peux vous parler, en prime, de la limace Ariolimax, qui a son pénis sur le côté de sa tête. Hermaphrodite, cette limace se reproduit en échangeant du sperme avec un partenaire. Or, les chercheurs ont observé que souvent, après s’être accouplé, l’Ariolimax coupe le pénis de son/sa partenaire avec la bouche. Parfois, il se met à mâcher son propre pénis jusqu’à ce qu’il se détache. Et l’organe ne se régénère pas.

Bons cauchemars!

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