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« Sortir du placard, est-ce encore courageux? » s’interroge un éditorialiste du Time, cette semaine, après que la jeune actrice canadienne Ellen Page a publiquement déclaré être lesbienne.
Dans la tribune de notre nouvelle à propos de la sortie d’Ellen Page, sur le site d’ICI Radio-Canada.ca, plusieurs personnes soutiennent aussi que ce genre de déclaration publique de la part d’homosexuels, c’est dépassé ou sans intérêt.
« Que d’émotions, que d’émotions, et pour si peu de choses en plus! Faut vraiment se prendre au sérieux pas à peu près pour aller en faire tout un plat comme ça devant les médias, on s’en fout-tu de son orientation sexuelle! »
– Commentaire de Jean-François Breton
J’ai demandé à deux homosexuels, Isabelle, 29 ans, et Jordan, 31 ans, ce qu’ils en pensaient.
Selon Isabelle, les sorties du placard des personnalités publiques sont encore pertinentes parce que les jeunes homosexuels n’ont toujours pas beaucoup de modèles auxquels s’identifier. Et c’est encore plus le cas pour les lesbiennes que pour les hommes gais.
Si les deux Montréalais affirment qu’il est très facile pour eux de vivre ouvertement leur homosexualité, ils précisent que ce n’est pas le cas pour tous. « On vit dans une bulle », note Isabelle. Pour les homosexuels qui ne vivent pas dans les grands centres urbains, c’est beaucoup plus difficile d’être acceptés, dit la jeune femme, qui estime également que c’est aussi plus ardu pour ceux qui sont issus de certaines communautés culturelles.
Jordan répond par ailleurs à ceux qui clament que l’orientation sexuelle d’Ellen Page ne les intéresse pas : « Elle n’a pas fait son coming out juste pour nous dire qu’elle est gaie. C’était pour nous dire qu’elle n’était pas bien avec ça, que ça venait avec un lot de difficultés ».
Les artistes ne sont pas obligés de sortir du placard, juge Jordan. « Mais être artiste, ça implique une responsabilité », ajoute-t-il quand même.
On peut considérer qu’on est tellement ouvert d’esprit que l’orientation sexuelle des gens n’est pas un enjeu pour nous. Sauf que les statistiques du gouvernement, elles, continuent de montrer que le taux de discrimination envers les jeunes de la minorité LGBTQ est trois fois plus élevé que celui observé chez les hétérosexuels.