
NDLR : Ce dossier aborde la circoncision sous différents angles médicaux, scientifiques, historiques et personnels. Le sujet pouvant être sensible pour certaines personnes, les témoignages et les informations présentés doivent être lus dans leur contexte.
Arnaud Pontin (Image : IA / Gay Globe)
Quand on discute entre amis ou dans des groupes de conversation du sujet de la circoncision, c’est toujours dans le cadre de débats « pour ou contre ». Toutes et tous ont leurs opinions, qui reposent sur leurs connaissances, mais souvent aussi sur leurs préjugés concernant cet acte chirurgical pourtant encore très répandu aujourd’hui, non seulement dans les pays où la circoncision demeure fortement associée à des traditions religieuses, mais également dans des pays où elle est largement pratiquée pour des raisons culturelles ou autres, comme au Canada et aux États-Unis.
La circoncision est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer tout ou partie du prépuce, le repli de peau qui recouvre le gland du pénis. Le gland est ensuite laissé partiellement ou complètement découvert. Elle peut être pratiquée pour des raisons religieuses, culturelles, médicales ou personnelles, à différents âges selon les pays et les circonstances.
Les principales raisons médicales de la circoncision
Sur le plan médical, la circoncision peut être recommandée lorsque le prépuce est à l’origine de problèmes persistants ou de complications. Le cas le plus fréquent est le phimosis, une situation dans laquelle le prépuce est trop étroit pour être rétracté normalement. Lorsqu’il provoque des douleurs, des infections répétées, des difficultés à uriner ou des problèmes lors des rapports sexuels, une circoncision peut parfois être envisagée, notamment lorsque les autres traitements n’ont pas donné les résultats souhaités.
La circoncision peut également être pratiquée à la suite d’un paraphimosis, lorsque le prépuce, une fois rétracté derrière le gland, reste bloqué et ne peut plus être remis en place. Cette situation peut compromettre la circulation sanguine du gland et nécessite une prise en charge médicale rapide.
Des inflammations ou infections répétées du gland et du prépuce, appelées balanites ou balanoposthites, peuvent également constituer une indication lorsque les traitements médicaux ne permettent pas de contrôler le problème. Certaines maladies entraînant une cicatrisation ou un durcissement du prépuce, notamment le lichen scléreux, peuvent aussi rendre la circoncision nécessaire.
Plus rarement, l’intervention peut faire partie du traitement de certaines lésions précancéreuses ou de certains cancers du pénis lorsque ceux-ci touchent le prépuce.
Il faut toutefois rappeler qu’avoir un prépuce ne constitue pas, en soi, un problème médical. Chez une personne qui ne présente aucune complication, la circoncision n’est généralement pas considérée comme médicalement nécessaire. Chez les jeunes garçons, un prépuce qui ne se rétracte pas complètement peut par ailleurs être parfaitement normal pendant plusieurs années et ne signifie pas nécessairement qu’une circoncision est indiquée.
Richard, 55 ans : une circoncision qu’il ne regrette pas
À 55 ans, Richard, un Québécois gai, n’a pratiquement aucun souvenir de sa circoncision. Elle a été pratiquée alors qu’il était très jeune, à une époque où cette intervention était beaucoup plus courante dans certaines familles québécoises. Pour lui, il ne s’agit donc pas d’une décision qu’il a prise, mais d’une caractéristique physique avec laquelle il a grandi et qu’il considère aujourd’hui comme faisant pleinement partie de son identité corporelle.
Avec le recul, Richard dit apprécier plusieurs aspects de sa situation. Il mentionne d’abord la sensation qu’il éprouve au quotidien. Contrairement à certaines personnes qui associent la circoncision à une diminution de la sensibilité sexuelle, il ne considère pas avoir été privé d’une expérience qui lui manquerait. « Je ne sais évidemment pas ce que j’aurais ressenti si j’avais eu un prépuce, puisque j’ai toujours été circoncis », explique-t-il. Pour lui, sa perception de la sensibilité de son pénis est simplement celle qu’il connaît depuis toujours.
L’hygiène constitue également un élément important à ses yeux. Le fait que le gland soit constamment découvert lui donne le sentiment que l’entretien quotidien est simple et qu’il y a moins de zones où peuvent s’accumuler l’humidité ou les sécrétions. Cette perception n’est d’ailleurs pas inhabituelle : l’hygiène fait partie des raisons fréquemment invoquées par les hommes en faveur de la circoncision. Elle ne signifie toutefois pas qu’un homme non circoncis ne puisse maintenir une excellente hygiène, puisque le lavage régulier du prépuce et du gland permet lui aussi une hygiène adéquate.
Mais lorsqu’on demande à Richard ce qu’il apprécie le plus, sa réponse est spontanée : l’apparence. Il aime l’aspect du pénis circoncis et estime que cette apparence lui correspond davantage. Il décrit cette préférence comme essentiellement personnelle, sans prétendre qu’elle devrait être partagée par les autres hommes.
« Je trouve ça plus esthétique », résume-t-il. Pour Richard, le gland découvert donne au pénis une apparence qu’il juge plus nette, plus simple et plus harmonieuse. Cette dimension esthétique accompagne sa perception de son propre corps depuis l’enfance et s’est naturellement intégrée à son image de lui-même.
Son témoignage rappelle ainsi que le débat sur la circoncision ne se résume pas toujours à une opposition entre arguments médicaux et religieux. Pour certains hommes circoncis depuis leur enfance, cette caractéristique physique est devenue tellement familière qu’ils ne la perçoivent pas comme une absence, mais simplement comme une partie normale de leur corps.
Dans le cas de Richard, à 55 ans, aucune nostalgie particulière : il se dit satisfait de sa circoncision, apprécie l’aspect qu’elle donne à son pénis et considère que la simplicité d’entretien constitue un avantage. Quant à la sensibilité, il ne se reconnaît tout simplement pas dans le discours voulant que la circoncision représente nécessairement une perte perceptible : n’ayant jamais connu son corps autrement, il juge son expérience à partir de ce qu’il ressent aujourd’hui.
Une pratique vieille de plusieurs millénaires
L’origine exacte de la circoncision demeure inconnue. Ce que les historiens peuvent toutefois établir avec une certaine certitude, c’est que cette pratique est extrêmement ancienne et qu’elle existait bien avant l’apparition des grandes religions monothéistes. Les plus anciennes preuves historiques solides remontent à l’Égypte ancienne, où des représentations datant d’environ 2300 ans avant notre ère montrent des hommes soumis à une intervention qui semble correspondre à une circoncision. Une scène particulièrement connue se trouve dans la tombe d’Ankhmahor, à Saqqarah.
Il serait cependant imprudent d’affirmer que les Égyptiens ont « inventé » la circoncision. La pratique pourrait être beaucoup plus ancienne, mais les éventuelles traces antérieures sont trop ambiguës pour permettre aux historiens de l’établir avec certitude. Les motivations qui ont conduit les premiers peuples à pratiquer cette intervention demeurent elles aussi sujettes à discussion. Rite de passage vers l’âge adulte, marque d’appartenance à une communauté, symbole religieux, mesure d’hygiène ou pratique associée à la sexualité et à la fertilité : plusieurs hypothèses ont été avancées au fil des recherches, sans qu’une explication unique puisse être retenue.
La circoncision va prendre une importance considérable avec l’apparition du judaïsme. Dans la tradition biblique, elle devient le signe de l’alliance entre Dieu et Abraham. La Genèse raconte que Dieu demande à Abraham de circoncire les hommes de sa maison et que cette pratique doit ensuite être perpétuée de génération en génération. La circoncision devient ainsi l’un des marqueurs fondamentaux de l’identité religieuse juive.
Cette évolution est importante sur le plan historique, car elle signifie que la circoncision n’est pas née avec le judaïsme. Elle était déjà pratiquée dans certaines sociétés du Proche-Orient et d’Afrique plusieurs siècles avant que la tradition biblique ne lui attribue cette signification particulière. Le judaïsme va toutefois contribuer à lui donner une dimension religieuse extrêmement forte qui perdurera jusqu’à aujourd’hui.
Avec l’expansion de l’islam, la circoncision masculine se répand également dans une grande partie du monde musulman. Son statut religieux varie cependant selon les traditions et les écoles islamiques. Elle devient néanmoins une pratique culturelle et religieuse profondément enracinée dans de nombreuses sociétés d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie.
L’histoire de la circoncision ne s’arrête pas aux religions. À partir du XIXe siècle, elle commence à prendre une nouvelle dimension dans certaines sociétés occidentales, particulièrement dans les pays anglophones. Des médecins commencent alors à la présenter comme une intervention pouvant favoriser l’hygiène ou prévenir certaines maladies. Aux États-Unis, la pratique va progressivement devenir très répandue, y compris chez des familles qui ne lui attribuent aucune signification religieuse.
La circoncision que l’on connaît aujourd’hui est donc le résultat de plusieurs milliers d’années d’histoire. D’un rite dont les premières motivations restent mystérieuses, elle est devenue successivement un marqueur religieux, culturel, médical et, pour certains hommes, simplement une caractéristique physique avec laquelle ils ont grandi.
Plus de quatre millénaires après les premières représentations égyptiennes connues, la circoncision demeure d’ailleurs l’une des interventions chirurgicales les plus pratiquées au monde, mais aussi l’une des plus controversées. Ses partisans mettent notamment de l’avant certains avantages médicaux ou hygiéniques, tandis que ses opposants soulèvent des questions concernant l’intégrité corporelle et le consentement lorsque l’intervention est pratiquée sur un enfant.
Michel, 45 ans : « J’ai toujours eu le sentiment qu’on m’avait enlevé une partie de mon corps »
À 45 ans, Michel est un Français qui porte depuis longtemps une question intime qu’il a rarement osé aborder ouvertement : celle de sa circoncision, pratiquée durant son enfance. Pendant des années, il n’y avait guère réfléchi. Comme beaucoup d’enfants circoncis très jeunes, il n’avait pas choisi l’intervention et n’en conservait pas de véritable souvenir. C’est en devenant adulte, puis en découvrant progressivement ce qu’était le prépuce et son rôle anatomique, que son regard sur son propre corps a commencé à changer.
Aujourd’hui, Michel utilise un mot particulièrement fort pour décrire son expérience personnelle : “mutilation”. Il ne prétend pas que tous les hommes circoncis devraient partager son opinion, mais il considère personnellement que l’intervention lui a retiré une partie de son anatomie sans qu’il puisse donner son consentement.
« Ce qui me dérange le plus, ce n’est pas seulement ce qui a été fait. C’est le fait que je n’ai jamais eu la possibilité de décider pour moi-même », explique-t-il.
Cette prise de conscience a progressivement eu des conséquences sur son rapport à son corps. Michel raconte avoir connu des périodes de colère, de frustration et de tristesse, particulièrement lorsqu’il s’est mis à comparer son anatomie avec celle d’hommes non circoncis. Son sentiment d’injustice s’est également renforcé avec l’âge.
Il insiste toutefois sur une distinction importante : il ne prétend pas que la circoncision aurait nécessairement provoqué chez lui un trouble psychologique au sens médical du terme. Il décrit plutôt une souffrance liée à son image corporelle, à son sentiment d’intégrité physique et au fait de ne pas avoir pu consentir à l’intervention. Des recherches portant spécifiquement sur des hommes qui souhaitent restaurer leur prépuce montrent que ces préoccupations peuvent effectivement constituer une motivation importante, même si elles ne représentent évidemment pas l’expérience de la majorité des hommes circoncis.
Avec le temps, Michel s’est intéressé à la possibilité d’une restauration du prépuce. Il a découvert qu’il existe deux grandes approches : la restauration non chirurgicale par expansion progressive de la peau et certaines techniques chirurgicales de reconstruction. La première consiste à exercer progressivement une tension sur la peau restante afin de stimuler son expansion. Elle peut demander des mois, voire plusieurs années, et ne permet pas de recréer exactement le prépuce naturel ni les tissus spécialisés qui ont été retirés.
La chirurgie est beaucoup plus complexe et demeure relativement rare. Elle ne consiste pas à « remettre » le prépuce d’origine, ce qui est anatomiquement impossible. Le chirurgien cherche plutôt à créer une nouvelle couverture cutanée à partir de tissus disponibles, parfois prélevés sur une autre partie du corps. La peau est ensuite positionnée autour du pénis et maintenue par des sutures pendant la cicatrisation. Selon la technique utilisée, l’intervention peut nécessiter une anesthésie générale et une période de récupération durant laquelle les activités physiques et sexuelles doivent être limitées.
Michel sait parfaitement que cette intervention ne lui rendrait pas exactement l’anatomie qu’il aurait eue s’il n’avait jamais été circoncis. Il ne s’attend donc pas à une véritable « marche arrière ». Ce qu’il recherche serait plutôt une modification de son apparence et une sensation de couverture du gland qui lui permettrait de se rapprocher de l’anatomie qu’il considère comme la sienne.
Sa démarche est aussi devenue une manière de reprendre possession de son corps. Après avoir vécu son enfance avec une décision prise par d’autres, il veut que toute éventuelle intervention future soit, cette fois, sa propre décision.
Pour autant, Michel n’a pas encore arrêté son choix. Avant d’envisager une opération, il souhaite consulter un urologue ou un chirurgien spécialisé afin de connaître les possibilités réelles, les limites de la reconstruction et les risques associés. Les spécialistes soulignent justement que la restauration chirurgicale du prépuce est peu courante et qu’elle ne peut pas reproduire complètement l’anatomie originale.
La circoncision protège-t-elle contre les ITSS?
La réponse est plus nuancée qu’un simple « oui » ou « non ». Les données médicales montrent que la circoncision peut offrir une certaine protection contre plusieurs infections transmissibles sexuellement et par le sang, mais cette protection n’est ni universelle ni suffisante pour remplacer les autres moyens de prévention.
L’effet le mieux établi concerne le VIH chez les hommes ayant des rapports vaginaux avec des femmes. Plusieurs essais cliniques réalisés en Afrique subsaharienne ont montré que la circoncision réduisait d’environ 50 à 60 % le risque d’acquérir le VIH chez les hommes hétérosexuels. Le mécanisme pourrait notamment être lié à la présence, dans le prépuce, de cellules particulièrement susceptibles d’être infectées par le VIH et à la possibilité de petites lésions de la muqueuse lors des rapports sexuels.
La circoncision semble également réduire le risque de certaines autres infections, notamment le papillomavirus humain (VPH/HPV) et l’herpès génital causé par le HSV-2, particulièrement dans les populations hétérosexuelles étudiées. Les données disponibles indiquent cependant une protection beaucoup moins nette pour d’autres ITSS.
Pour des infections très courantes comme la gonorrhée et la chlamydia, les données ne démontrent pas de protection significative et constante liée à la circoncision. La situation est également plus complexe pour la syphilis, puisque les différentes études n’arrivent pas toutes aux mêmes conclusions.
La situation est particulièrement importante à considérer chez les hommes gais et bisexuels et les autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH). Les données disponibles ne permettent pas d’affirmer que la circoncision procure la même protection contre le VIH que celle observée chez les hommes hétérosexuels. Le CDC considère d’ailleurs les données concernant les hommes ayant des relations sexuelles anales comme insuffisantes ou inconcluantes. Une méta-analyse portant sur plus de 119 000 HARSAH a trouvé une association entre circoncision et réduction du risque de VIH dans certaines populations, mais pas dans les pays à revenu élevé.
Il faut donc éviter une interprétation trop simple : être circoncis ne signifie pas être protégé contre les ITSS. Un homme circoncis peut parfaitement contracter le VIH, le VPH, l’herpès, la syphilis, la gonorrhée, la chlamydia ou d’autres infections. La circoncision peut constituer, dans certaines circonstances, une couche supplémentaire de réduction du risque, mais elle ne remplace ni le dépistage, ni la vaccination contre le VPH et l’hépatite B lorsque celle-ci est indiquée, ni les condoms, ni la PrEP pour le VIH lorsque celle-ci est appropriée.
Autrement dit, sur le plan de la prévention des ITSS, la circoncision offre une protection partielle contre certaines infections, mais pas une protection générale. Et pour un homme gai, les données sont beaucoup moins convaincantes que pour les hommes hétérosexuels concernant le VIH.
La circoncision diminue-t-elle la sensibilité sexuelle?
La question de la sensibilité sexuelle est au cœur du débat sur la circoncision. Le prépuce contient de nombreuses terminaisons nerveuses et constitue une partie sensible de l’anatomie du pénis. Son retrait modifie donc nécessairement l’anatomie et les sensations mécaniques du pénis. Mais cela ne signifie pas automatiquement qu’un homme circoncis éprouvera moins de plaisir sexuel.
Les études scientifiques donnent d’ailleurs une image beaucoup plus complexe qu’on pourrait le croire. Plusieurs revues systématiques concluent qu’il n’existe pas de preuve solide permettant d’affirmer que la circoncision entraîne, dans l’ensemble, une diminution de la fonction sexuelle, de l’excitation, de l’orgasme ou de la satisfaction sexuelle. Une revue systématique portant sur plus de 40 000 hommes a notamment conclu que les études de meilleure qualité ne démontraient pas d’effet défavorable global sur la sensibilité pénienne ou le plaisir sexuel.
D’autres recherches arrivent à des conclusions similaires. Une revue systématique publiée en 2016 n’a pas trouvé de diminution générale de la fonction sexuelle chez les hommes circoncis et rapportait même, dans certaines études, une sensibilité pénienne accrue ou une diminution de l’éjaculation précoce. Les auteurs soulignaient toutefois que les données demeuraient insuffisantes pour répondre à toutes les questions, particulièrement lorsqu’on compare les hommes circoncis à différents âges.
Plus récemment, une méta-analyse publiée en 2025 portant sur 15 études et plus de 14 700 hommes a même trouvé une association entre la circoncision et une satisfaction sexuelle légèrement supérieure, ainsi que certains indicateurs favorables concernant la fonction érectile et les difficultés orgasmiques. Les auteurs appellent toutefois à la prudence en raison de l’hétérogénéité importante des études analysées.
Cela ne signifie pas pour autant que tous les hommes vivent la circoncision de la même manière. Un homme qui a été circoncis à l’âge adulte peut comparer ses sensations avant et après l’intervention. Les témoignages de ces hommes sont donc particulièrement intéressants, même s’ils ne constituent pas à eux seuls une preuve scientifique. Certaines études menées auprès d’hommes circoncis à l’âge adulte ont effectivement rapporté une diminution de la sensibilité chez une partie des participants, alors que d’autres n’ont pas constaté de différence importante.
Chez les hommes circoncis durant l’enfance, la comparaison est beaucoup plus difficile. Ils ne savent généralement pas ce qu’ils auraient ressenti avec un prépuce puisqu’ils n’ont jamais connu cette anatomie à l’âge adulte. Un homme circoncis depuis son enfance peut donc parfaitement déclarer avoir une excellente sensibilité et une vie sexuelle très satisfaisante, sans que cela permette de déterminer quelle aurait été sa sensibilité s’il n’avait pas été circoncis.
Il existe également une distinction essentielle entre sensibilité anatomique et plaisir sexuel. Une personne peut avoir moins de sensibilité à certains types de stimulation tout en éprouvant autant, voire davantage, de plaisir sexuel. Le désir, l’excitation, la qualité de l’érection, la stimulation du gland, les mouvements pendant la pénétration, les sensations psychologiques et la relation avec le partenaire interviennent tous dans l’expérience sexuelle.
Gay Globe tient à remercier son journaliste Arnaud Pontin pour le traitement extrêmement professionnel de ce dossier et remercie également Richard et Michel pour leurs témoignages sincères, que les lecteurs pourront découvrir et apprécier.
SOURCES DE L’ARTICLE
NHS – National Health Service (Royaume-Uni)
Information médicale sur la circoncision, ses indications cliniques, notamment le phimosis, les infections récurrentes et certaines maladies du prépuce.
NHS – Circumcision
Centers for Disease Control and Prevention (CDC)
Données sur la circoncision masculine, la prévention du VIH et certaines infections transmissibles sexuellement. Le CDC précise notamment que les données demeurent inconclusives concernant la protection contre le VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
CDC – Primary Prevention Methods
PubMed – National Library of Medicine
Revue systématique portant sur 40 473 hommes et évaluant les effets de la circoncision sur la sensibilité pénienne, la fonction sexuelle, le plaisir et la satisfaction. Les études de meilleure qualité ne montrent pas d’effet négatif global sur ces paramètres.
PubMed – Does male circumcision affect sexual function, sensitivity, or satisfaction?
PubMed – National Library of Medicine
Revue historique consacrée aux origines de la circoncision. Elle rapporte notamment que la plus ancienne représentation connue d’une circoncision remonte à environ 2300 av. J.-C. en Égypte.
PubMed – Circumcision from a historical perspective
RESSOURCES POUR ALLER PLUS LOIN
Québec
CHU de Québec – Université Laval, service d’urologie
Une ressource médicale québécoise particulièrement utile pour comprendre la circoncision, ses indications, son déroulement et les soins postopératoires. Le CHU explique notamment la différence entre circoncision et frénectomie.
CHU de Québec – Circoncision
Santé Estrie
Santé Estrie propose une fiche destinée aux adultes qui doivent subir une circoncision. Elle explique notamment que l’intervention est généralement réalisée sous anesthésie locale chez l’adulte, sa durée approximative, les soins postopératoires et le délai avant la reprise des relations sexuelles.
Santé Estrie – Circoncision
Gouvernement du Québec – Trouver une ressource en santé
Pour un homme qui ne sait pas vers qui se tourner, le portail gouvernemental permet de trouver les services de première ligne et les ressources médicales appropriées.
Québec.ca – Trouver une ressource en santé
Canada
Association canadienne d’urologie (CUA)
C’est probablement la référence médicale canadienne la plus importante pour votre dossier. La CUA a publié une ligne directrice détaillée sur le prépuce normal et la circoncision, avec une analyse des bénéfices, des risques, de l’hygiène, des infections et des questions liées à la circoncision néonatale.
Association canadienne d’urologie – Ligne directrice sur le prépuce et la circoncision
NORM Canada
Pour les hommes qui regrettent leur circoncision et s’intéressent à la restauration du prépuce, NORM constitue une ressource importante. L’organisation possède des groupes et contacts au Canada, notamment en Alberta et en Ontario. Il faut toutefois préciser au lecteur qu’il s’agit d’une organisation de soutien à la restauration et non d’une association médicale.
NORM – National Organization of Restoring Men
États-Unis
American Urological Association (AUA)
Pour une personne qui cherche une opinion médicale spécialisée, l’AUA constitue une référence professionnelle majeure en urologie. C’est une bonne porte d’entrée pour trouver de l’information médicale et, selon la région, un urologue.
CIRP – Circumcision Information and Resource Pages
Cette ressource américaine est particulièrement intéressante pour quelqu’un qui se questionne sur les conséquences de la circoncision et sur la restauration du prépuce. Elle distingue clairement la restauration chirurgicale, appelée reconstruction du prépuce, de la restauration non chirurgicale par expansion progressive de la peau. CIRP précise toutefois qu’il s’agit d’information et non de conseils médicaux.
CIRP – Foreskin Restoration
NORM – National Organization of Restoring Men
Il s’agit probablement de l’une des principales organisations internationales de soutien aux hommes qui envisagent ou entreprennent une restauration du prépuce. NORM offre de l’information sur les différentes méthodes et des groupes de soutien.
NORM – Restoration
Europe
NHS – National Health Service britannique
Le NHS offre une information médicale particulièrement claire sur la circoncision. Il explique les indications médicales, les risques et les conséquences possibles sur les sensations sexuelles. Le NHS précise notamment qu’au Royaume-Uni, la circoncision n’est généralement proposée dans le système public que pour des raisons médicales.
NHS – Circumcision
European Association of Urology – Patient Information
L’Association européenne d’urologie offre un portail destiné directement aux patients, avec des informations sur les maladies et traitements urologiques et des outils permettant de mieux comprendre les différentes options médicales.
European Association of Urology – Patient Information
15 Square – Royaume-Uni
Pour les hommes qui se questionnent sur leur prépuce, qui vivent un problème de phimosis ou qui souhaitent explorer la restauration après une circoncision, 15 Square est une organisation britannique particulièrement pertinente. Elle offre de l’information et du soutien aux hommes concernés.
15 Square
Une ressource internationale particulièrement pertinente
RestoringForeskin.org constitue également une ressource documentaire importante pour les hommes qui envisagent une restauration. Le site explique les principes de l’expansion progressive de la peau et ses limites : la restauration peut recréer une couverture cutanée, mais ne peut pas recréer les structures anatomiques qui ont été retirées lors de la circoncision. Le site précise également que sa section privée a fermé en mars 2026, mais que ses ressources publiques demeurent accessibles.
RestoringForeskin.org
Vous pouvez également commenter cet article et partager votre témoignage en utilisant le formulaire de commentaires au bas de cette page.
PUBLICITÉ

LIRE AUSSI
Cancer de la prostate : un nouveau traitement réduit de moitié le risque de progression
21 éjaculations par mois : que dit réellement l’étude de Harvard sur le cancer de la prostate?
Hommes gais et vieillissement : comprendre la sarcopénie pour rester fort et autonome
Les maladies cardiovasculaires chez les hommes gais
Hépatite B : pourquoi les hommes gays étaient ciblés dans les années 90
Testostérone en chute libre chez les jeunes adultes : causes, conséquences et enjeux médicaux