Radio-Canada
En Nouvelle-Écosse, certains conférenciers américains viendraient faire la promotion d’une « thérapie » pour transformer de jeunes homosexuels en hétérosexuels.
L’Église adventiste du septième jour organisera une conférence dans les Maritimes le mois prochain, à Pugwash, en Nouvelle-Écosse. Deux conférenciers jeunesse
, en particulier, font sourciller des organismes LGBTQ+.
Adam Reid, président de Fierté Halifax, a demandé à l’organisme d’annuler la visite de ces conférenciers. Selon lui, ils viennent faire la promotion de la thérapie
de conversion, même s’ils cachent
leurs motifs en n’employant pas ce terme controversé.
Cette pratique pseudoscientifique prétend pouvoir changer l’orientation sexuelle d’une personne, de l’homosexualité vers l’hétérosexualité.
Dans le programme de l’Église adventiste du septième jour pour cette conférence, on peut notamment lire :
Citation tirée du programme de la conférence de l’Église adventiste du septième jour Photo : Église adventiste du septième jour
Citation d’un conférencier « jeunesse » tirée du programme de la conférence Photo : Église adventiste du septième jour
Les conférenciers ont refusé la demande d’entrevue de Radio-Canada. Les représentants canadiens de l’église aussi.
Adam Reid, directeur général de Fierté Halifax Photo : Radio-Canada/Peter Dawson
Adam Reid, de Fierté Halifax, s’inquiète des effets négatifs que pourrait entraîner ce genre de discours chez les jeunes.
On sait bien que les jeunes, les adolescents trans et gais, ont des taux de suicide beaucoup plus hauts que la population en général
, relate M. Reid. Alors, il faut vraiment qu’on supporte ces enfants, ces jeunes, et [ne] pas leur donner des messages mixtes qui peuvent vraiment compliquer cette expérience.
L’aspect le plus important, c’est de dire aux parents, maintenant, que ça n’a pas de place dans la vie de leurs enfants.
Une pratique pseudoscientifique interdite en certains endroits
Aucune loi n’empêche la « thérapie » de conversion en Nouvelle-Écosse, mais la province n’appuie en aucun sens sa promotion ou sa pratique, a indiqué mercredi le ministre provincial de la Santé, Randy Delorey.
Au Canada, l’Ontario et le Manitoba interdisent cette pratique. Aux États-Unis, 11 États, le District de Columbia et plusieurs dizaines de municipalités interdisent formellement que des personnes d’âge mineur ne soient soumises à ces « traitements ».
L’Organisation mondiale de la santé, la Société canadienne de psychologie, l’American Psychiatric Association et l’American Medical Association s’opposent aussi à cette pratique.
D’après un reportage d’Olivier Lefebvre