
MAGAZINE GAY GLOBE — ÉDITION #110
Céline Dion, René Angélil et une année charnière pour Gay Globe
Édition #110 — 2016 — 32 pages
Le Magazine Gay Globe #110 est un numéro particulièrement important dans l’histoire de la publication. Il paraît au début de 2016, dans un contexte marqué par la mort récente de René Angélil, compagnon et gérant de Céline Dion, mais aussi par une série de débats qui traversent profondément la communauté LGBT : la question trans, la place de l’homosexualité dans la pensée catholique, le vieillissement des personnes vivant avec le VIH, les nouvelles technologies médicales, la désinformation sur Internet et l’arrivée massive des applications de rencontres.
La couverture annonce « Céline Dion — Le retour triomphal de la grande diva », tandis que la première grande page intérieure est consacrée à René Angélil, décédé le 14 janvier 2016 à Las Vegas. Gay Globe lui rend un hommage particulièrement personnel, rappelant notamment que le couple Céline Dion-René Angélil soutenait depuis plus de treize ans le travail du magazine en matière de prévention du VIH/SIDA.
Le numéro est également exceptionnel parce qu’il contient une mise au point de Roger-Luc Chayer sur la ligne éditoriale de Gay Globe concernant la question trans, une enquête sur les 50 personnalités gaies les plus puissantes, un dossier historique sur saint Thomas d’Aquin et l’homosexualité, un article sur un nouveau préservatif sans latex, un dossier médical consacré à la giardiase, les statistiques impressionnantes de Gay Globe Média en 2015, une importante affaire judiciaire concernant Steeve Biron, un dossier sur le VIH et le vieillissement, une réflexion sur la manipulation de l’information sur Internet, un dossier sur les punaises de lit, plusieurs nouvelles VIH/SIDA, un portrait historique du poète Abû Nuwâs, le mouvement protestant des Attestants, l’hépatite C, la vente de Grindr à une entreprise chinoise, ainsi qu’un long récit consacré à Julien.
Les crédits indiquent Roger-Luc Chayer comme éditeur, Camila Polanco-Andaur à la révision et aux corrections, Michel Cloutier aux relations publiques, Claude Lussier comme conseiller aux finances et Rémi Tamimount comme adjoint administratif.
Table des matières détaillée
| Page | Titre | Sujet traité |
|---|---|---|
| 2 | René Angélil est éternel | Hommage de Roger-Luc Chayer à René Angélil après son décès, rappel de sa carrière, de son rôle auprès de Céline Dion et surtout de son soutien de longue date à Gay Globe Magazine et à la prévention du VIH/SIDA. |
| 3 | Mise au point — Éditorial | Roger-Luc Chayer explique la ligne éditoriale de Gay Globe sur la question trans et précise que publier différentes théories ne signifie pas nécessairement y adhérer. |
| 4 | La soupe au chou | Recette proposée par Franck Hénot, d’Intermarché Boyer, attribuée au conjoint de Roger-Luc Chayer, Danny. |
| 5 | L’aberration trans | Témoignage de Lucille, une personne ayant subi une transition chirurgicale et affirmant avoir entrepris cette démarche notamment pour éviter de devoir révéler son homosexualité à sa famille conservatrice. |
| 6 | Nouvelles brèves internationales | Actualités LGBT internationales concernant notamment Daech, Robert Spitzer, le Maroc, la Tunisie et un Américain souhaitant rejoindre Al-Qaïda. |
| 7 | Pouvoir financier gai | Présentation des 50 personnalités LGBT considérées comme les plus puissantes financièrement, politiquement ou socialement dans le monde. |
| 8-9 | Homosexualité selon St-Thomas | Analyse de la pensée de saint Thomas d’Aquin à partir du livre Amours du dominicain Adriano Oliva, qui remet en question l’idée selon laquelle Thomas aurait simplement condamné l’homosexualité. |
| 9 | Condom sans latex | Présentation d’un nouveau préservatif à base d’hydrogel et d’antioxydants végétaux, développé avec le soutien de la Bill & Melinda Gates Foundation. |
| 10-11 | Alerte santé : la Giardiase | Dossier médical détaillé sur la giardiase, sa transmission, ses symptômes, son diagnostic et ses risques particuliers pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. |
| 11 | Stats Gay Globe Média | Bilan exceptionnel de l’année 2015 : fréquentation du site, pages consultées, fichiers téléchargés et positionnement de Gay Globe Média au Québec. |
| 12-13 | Chronique automobile | Présentation et évaluation d’une Hyundai Sonata 2014 d’occasion. |
| 14-15 | Affaire Steeve Biron | Analyse de la décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada et réponse de Roger-Luc Chayer à certaines représentations médiatiques de l’affaire. |
| 16-17 | VIH : divulgation ou pas? / VIH et vieillissement | Réflexion sur la divulgation du statut sérologique et dossier sur les personnes vivant avec le VIH après 40 ans. |
| 18-19 | Les gros-mots sur l’Internet | Éditorial de Roger-Luc Chayer sur la perte de contrôle du contenu Internet, les faux comptes, les fausses nouvelles, les manipulations et la nécessité éventuelle d’une forme de régulation. |
| 20-21 | Punaises de lit incluses | Guide pratique pour éviter de rapporter des punaises de lit après un voyage, notamment à l’hôtel, à la buanderie et au retour à la maison. |
| 20-21 | Brèves VIH/SIDA | Actualités médicales sur le VIH, notamment les recherches de Bionor sur la stratégie « kick and kill », les autotests et l’annonce de la séropositivité de Charlie Sheen. |
| 24 | Ces grands homos du passé — Abû Nuwâs | Portrait historique du célèbre poète arabe Abû Nuwâs et de sa vie marquée par la poésie, l’érotisme et les relations masculines. |
| 25 | Qui sont les Attestants? | Présentation d’un mouvement protestant français opposé à la bénédiction des couples homosexuels. |
| 26 | L’hépatite C est vaincue! | Dossier sur les nouveaux antiviraux à action directe permettant de guérir une très grande proportion des personnes infectées par le VHC, mais dont le coût demeure prohibitif dans plusieurs pays. |
| 27 | Grindr devient chinois | Analyse de l’acquisition de 60 % de Grindr par Kunlun Tech et réflexion de Gay Globe sur les risques potentiels pour la confidentialité des utilisateurs homosexuels. |
| 28-29 | À Dieu Julien | Suite d’un long témoignage de Caroline Gréco consacré à la maladie, à l’hospitalisation et au décès de Julien. |
| 30 | Courrier des lecteurs | Réactions de lecteurs au décès de René Angélil, à la couverture précédente consacrée au pape et à différentes affaires traitées par Gay Globe. |
La table des matières originale confirme cette organisation et donne une image très précise des préoccupations éditoriales de l’édition #110.
Les grands dossiers de cette édition
René Angélil : « il est éternel »
Le numéro s’ouvre sur un texte qui est probablement l’un des documents les plus importants de la collection Gay Globe concernant René Angélil.
Roger-Luc Chayer lui rend hommage après son décès à Las Vegas le 14 janvier 2016.
Le texte retrace son parcours : les Baronets, son passage dans le milieu de la chanson québécoise, son travail d’impresario, sa rencontre avec Céline Dion et la construction de la carrière internationale de cette dernière.
Le magazine rappelle également les différents mariages d’Angélil, ses enfants, son mariage avec Céline Dion en 1994 et les problèmes de santé qui ont marqué les dernières années de sa vie.
Mais l’élément le plus important pour l’histoire de Gay Globe est ailleurs.
Un partenariat de plus de treize ans
Gay Globe révèle que le partenariat entre Céline Dion, René Angélil et Roger-Luc Chayer dure alors depuis plus de treize ans.
Le magazine explique que Céline et René avaient choisi de soutenir une publication gaie familiale et professionnelle, notamment parce qu’ils considéraient le lectorat homosexuel comme particulièrement fidèle à Céline depuis ses débuts.
Leur soutien devait notamment permettre à Gay Globe Média de diffuser des informations et des messages de prévention du SIDA auprès de ce public.
Cette information donne au décès de René Angélil une dimension particulière pour les archives de Gay Globe : il ne s’agit pas simplement d’un hommage à une célébrité québécoise, mais de la disparition d’une personnalité qui avait entretenu pendant plus d’une décennie une relation directe avec le média et sa mission de prévention.
Chayer écrit également que la famille Gay Globe suivra l’évolution de la nouvelle et continuera à rendre hommage à Angélil.
La mise au point sur la question trans
La page 3 est particulièrement importante pour comprendre la philosophie éditoriale de Gay Globe en 2016.
Roger-Luc Chayer explique avoir été invité à clarifier sa position personnelle concernant la question trans, notamment parce que les articles publiés par le magazine avaient donné lieu à différentes interprétations.
Sa réponse est très claire sur le plan éditorial : il refuse de transformer son éditorial en déclaration personnelle et explique plutôt que le rôle du magazine est de permettre l’expression de différentes tendances et différentes théories.
Il affirme notamment que présenter une théorie ne signifie pas nécessairement que la rédaction y adhère.
Le numéro devient ainsi un document intéressant sur la conception que Gay Globe se fait alors du journalisme : présenter les différentes positions, même lorsqu’elles sont contradictoires, afin de permettre au lecteur de se faire une opinion.
Cette mise au point est particulièrement importante parce qu’elle précède immédiatement le dossier « L’aberration trans », dont le contenu est extrêmement critique envers certaines pratiques médicales et certaines conceptions de la transition.
L’aberration trans : un témoignage extrêmement controversé
La page 5 constitue l’un des textes les plus controversés de l’édition.
Gay Globe y présente le témoignage de Lucille, une personne transsexuelle qui explique avoir entrepris une transition parce qu’elle ne voulait pas affronter le rejet familial associé à son homosexualité.
Le récit affirme qu’à l’origine, Luc était un jeune homme attiré par d’autres hommes mais profondément réticent à se définir comme homosexuel devant sa famille.
Selon son témoignage, le changement de sexe lui semblait plus facile à expliquer à ses proches que l’annonce de son homosexualité.
Il entreprend alors une démarche médicale qui comprend les hormones puis une intervention chirurgicale.
Après des complications et une grande insatisfaction personnelle, il consulte un psychologue afin de comprendre ce qui l’avait conduit à cette décision.
Le témoignage affirme alors que la peur de l’étiquette homosexuelle aurait joué un rôle déterminant.
Il faut toutefois lire ce dossier comme un témoignage et une prise de position éditoriale de 2016, et non comme une description de l’état actuel des connaissances médicales sur la transidentité.
C’est justement ce qui en fait un document d’archives intéressant : il montre les débats qui existaient à cette époque et la manière dont Gay Globe choisissait de les présenter.
Les nouvelles internationales
La page 6 rassemble des nouvelles extrêmement variées.
Le magazine rapporte notamment le phénomène de certains homosexuels syriens qui auraient rejoint Daech pour protéger leur famille ou se protéger eux-mêmes.
Le dossier cite Subhi Nahas, militant syrien homosexuel ayant alerté la communauté internationale sur la situation des LGBT sous le contrôle de l’organisation terroriste.
Le numéro rend également hommage au psychiatre américain Robert Spitzer, décédé le 25 décembre précédent.
Spitzer avait joué un rôle majeur dans la dépsychiatrisation de l’homosexualité aux États-Unis et dans son retrait des classifications comme maladie mentale.
Gay Globe rappelle que l’Organisation mondiale de la santé n’a officiellement retiré l’homosexualité de sa classification des maladies qu’en 1990.
La page rapporte aussi une affaire au Maroc concernant deux hommes arrêtés après avoir été filmés en train de s’embrasser dans un établissement scolaire, ainsi qu’un cas américain concernant un homme souhaitant rejoindre Al-Qaïda en réaction à la légalisation du mariage homosexuel aux États-Unis.
Enfin, l’actrice tunisienne Jalila Baccar est citée pour avoir déclaré publiquement que l’homosexualité n’était pas une maladie et qu’elle existait depuis des millénaires.
Le pouvoir financier gai
La page 7 présente une liste de 50 personnalités LGBT considérées comme particulièrement puissantes dans les domaines financier, politique, culturel et médiatique.
Le magazine s’appuie sur une liste publiée par Out.com.
Le premier nom présenté est celui de Tim Cook, alors PDG d’Apple.
Le numéro souligne qu’à lui seul, Cook dirige une entreprise d’une puissance économique mondiale exceptionnelle.
Ellen DeGeneres figure également parmi les personnalités majeures, en raison notamment de l’immense audience de son émission et de sa capacité à influencer les perceptions du public.
Anderson Cooper, Neil Patrick Harris, Zachary Quinto, Robin Roberts et Michael Sam sont également cités comme personnalités particulièrement visibles.
La liste devient ensuite extrêmement diversifiée : acteurs, producteurs, politiciens, journalistes, entrepreneurs, sportifs, designers et philanthropes.
On retrouve notamment Ellen Page, Laverne Cox, Tom Ford, Jane Lynch, Ryan Murphy, Andy Cohen, Greg Berlanti, David Geffen, Frank Ocean, Brittney Griner, Kathleen Wynne, Tammy Baldwin, Jared Polis, David Cicilline, Mark Takano et plusieurs autres.
Le magazine insiste sur un point commun : ces personnalités sont présentées comme ayant un impact sur la société au-delà de leur seule identité homosexuelle.
C’est donc également un dossier sur la notion de modèle LGBT.
Saint Thomas d’Aquin et l’homosexualité
Les pages 8 et 9 constituent l’un des dossiers historiques et religieux les plus intéressants du numéro.
Gay Globe reprend un article de Catherine Golliau, publié dans Le Point, consacré à la pensée de saint Thomas d’Aquin à partir du livre Amours du dominicain Adriano Oliva.
Le dossier cherche à montrer que la pensée de Thomas d’Aquin sur l’homosexualité est plus complexe que la représentation traditionnelle qui en est parfois faite.
L’analyse distingue notamment l’inclination homosexuelle, située dans le domaine de l’âme, des actes sexuels considérés comme contre nature.
Le texte affirme que cette distinction permet de comprendre pourquoi l’inclination elle-même ne serait pas nécessairement assimilée à une faute morale.
La deuxième partie du dossier rappelle cependant que cette évolution théologique n’a pas été appliquée à l’amour homosexuel dans la doctrine catholique moderne.
Le texte évoque également les exemples historiques de Serge et Bacchus et de Perpétue et Félicité, ainsi que la présence historique d’homosexuels dans certaines fonctions publiques à Florence.
Le dossier pose finalement une question très provocatrice : l’Église serait-elle hypocrite dans son traitement de l’homosexualité?
Le magazine relie cette interrogation aux scandales impliquant des membres du clergé et rappelle que, selon saint Thomas lui-même, l’hypocrisie constitue un péché particulièrement grave.
Le préservatif sans latex
La page 9 présente un projet scientifique particulièrement intéressant pour son époque.
Des chercheurs américains développent un nouveau type de préservatif qui ne serait pas fabriqué à partir de latex.
Le matériau envisagé est un hydrogel, auquel seraient associés des antioxydants provenant de plantes.
L’objectif est notamment d’offrir une solution aux personnes allergiques ou sensibles au latex tout en maintenant une protection contre le VIH.
Le projet reçoit un financement de la Bill & Melinda Gates Foundation, qui avait sélectionné une équipe texane parmi plus de 1 700 candidatures.
Le dossier est particulièrement intéressant aujourd’hui parce qu’il illustre les efforts déployés au milieu des années 2010 pour améliorer simultanément la protection, le confort et l’acceptabilité du préservatif.
La giardiase : une alerte santé
Les pages 10 et 11 sont consacrées à la giardiase, une infection parasitaire causée par Giardia intestinalis.
Gay Globe insiste sur le fait que la maladie est particulièrement présente dans certaines populations gaies nord-américaines et européennes en raison de ses modes de transmission.
Le dossier explique le cycle du parasite : les organismes vivent dans l’intestin grêle, puis prennent une forme kystique lorsqu’ils atteignent le côlon et sont éliminés dans les selles.
Le magazine détaille ensuite les symptômes possibles, les mécanismes de transmission et les précautions à prendre.
Ce dossier est caractéristique de la place accordée par Gay Globe aux ITS et aux maladies infectieuses dans ses pages de santé.
2015 : une année record pour Gay Globe Média
La page 11 est probablement l’une des pages les plus importantes pour l’histoire interne du média.
Roger-Luc Chayer y présente les statistiques de Gay Globe Média pour l’année 2015.
Selon les chiffres publiés dans le magazine, le site aurait enregistré :
642 181 visiteurs uniques
3 585 063 pages consultées
5 552 252 fichiers téléchargés
Le temps moyen de consultation aurait été de 7,48 minutes, avec une moyenne de 6,2 pages par visiteur.
Le magazine compare également ces résultats à ceux de son principal concurrent, présenté comme ayant une moyenne de 1,7 page par visite et seulement 2,34 minutes de consultation.
Chayer présente ces chiffres comme la preuve que Gay Globe Média constitue alors le premier média gai au Québec.
Cette page est extrêmement précieuse pour les archives parce qu’elle permet de documenter l’évolution numérique de Gay Globe à une époque où le média fonctionne déjà simultanément avec :
le magazine papier,
le site Internet,
le fil de presse,
GGTV,
les réseaux sociaux
et les archives PDF.
Le numéro montre donc un média déjà fortement numérisé.
La Hyundai Sonata 2014
Les pages 12 et 13 proposent une chronique automobile consacrée à la Hyundai Sonata 2014 d’occasion.
Le texte insiste sur son design, son confort, son élégance et son comportement routier.
L’article présente la Sonata comme une berline intermédiaire particulièrement raffinée, adaptée aussi bien à la ville qu’à la campagne.
Le dossier s’inscrit dans une tradition assez particulière de Gay Globe : le magazine ne se limite pas aux sujets LGBT au sens strict et propose également des contenus automobiles, culturels, culinaires et de consommation.
L’affaire Steeve Biron
Les pages 14 et 15 constituent un dossier judiciaire particulièrement développé.
Gay Globe revient sur le cas de Steeve Biron, détenu dans le système correctionnel canadien et ayant demandé une semi-liberté.
Roger-Luc Chayer explique avoir lui-même été présent lors de l’audience et conteste certains éléments présentés dans les médias.
Le dossier rapporte notamment que l’agente chargée du dossier avait présenté aux commissaires une évaluation détaillée du cheminement de Biron et de son travail de réinsertion.
La demande visait notamment à permettre à Biron de poursuivre des études en architecture, de participer à certains programmes et de retrouver une vie plus normale avec son conjoint.
Gay Globe rappelle à cette occasion la philosophie du système correctionnel canadien, présenté comme accordant une importance particulière à la réinsertion sociale.
Chayer critique ensuite certaines affirmations publiées dans les médias concernant la décision de la Commission des libérations conditionnelles.
Il conteste notamment l’affirmation selon laquelle certains commissaires auraient considéré Biron comme actuellement dangereux et souligne la distinction entre le Service correctionnel du Canada et la Commission des libérations conditionnelles, qui sont des organismes distincts.
Ce dossier est particulièrement représentatif du journalisme très personnel de Gay Globe : Roger-Luc Chayer ne se contente pas de rapporter l’information, mais explique qu’il était présent à l’audience et oppose son observation directe à certaines versions médiatiques.
VIH et vieillissement
La page 16 est consacrée au vieillissement des personnes vivant avec le VIH.
Le dossier s’appuie sur les travaux de SIS Observatoire en France.
À cette époque, environ 150 000 personnes vivaient avec le VIH en France.
Le vieillissement de cette population devient une nouvelle préoccupation médicale, puisque les traitements antirétroviraux ont considérablement augmenté l’espérance de vie.
Le dossier révèle que les participants à l’enquête vivaient en moyenne depuis 18 ans avec le VIH et que 97,4 % étaient sous traitement antirétroviral.
Seulement 7,2 % avaient alors une charge virale détectable ou instable.
Mais l’allongement de la durée de vie fait apparaître de nouveaux problèmes : maladies cardiovasculaires, troubles métaboliques, ostéoporose, cancers non classant SIDA, troubles cognitifs et maladies rénales.
Les participants étaient majoritairement des hommes : 75,8 %, avec un âge moyen de 52 ans.
Ce dossier constitue un document historique important parce qu’il montre le passage progressif d’une vision du VIH centrée sur la survie à une vision centrée sur le vieillissement avec le VIH.
Les « gros-mots » sur Internet
Les pages 18 et 19 sont consacrées à une réflexion de Roger-Luc Chayer sur Internet.
Le titre, « Les gros-mots », accompagne une question particulièrement prémonitoire :
« Est-ce que le temps est venu de policer l’Internet international? »
Chayer décrit Internet comme une sorte de nouveau Far West, où les utilisateurs auraient progressivement perdu le contrôle de la qualité du contenu.
Il s’inquiète notamment de la manipulation de l’opinion par des individus utilisant les réseaux sociaux à des fins commerciales, politiques ou personnelles.
Il évoque les faux profils, les sollicitations, le spam, les messages non autorisés sur Facebook, les citations de personnalités utilisées hors contexte et surtout la diffusion massive de fausses nouvelles.
L’un des passages les plus intéressants est son observation selon laquelle certains utilisateurs invoquent la liberté absolue sur Internet tout en utilisant cette liberté pour manipuler l’information.
Avec le recul, ce texte apparaît comme particulièrement prémonitoire.
En 2016, les débats sur les fausses nouvelles, les algorithmes, les comptes automatisés et la manipulation des réseaux sociaux ne font que commencer à prendre leur ampleur.
Gay Globe identifie déjà le problème.
Les enfants issus de deux patrimoines homosexuels
La page 18 rassemble plusieurs nouvelles scientifiques.
L’une d’elles porte sur la gamétogenèse in vitro, technologie qui, si elle devenait un jour applicable à l’être humain, pourrait théoriquement permettre à deux hommes ou à deux femmes d’avoir un enfant possédant du matériel génétique provenant des deux partenaires.
Le magazine précise toutefois que la technique n’avait alors été testée que sur des souris et que ses conséquences demeuraient inconnues.
Cette nouvelle est intéressante parce qu’elle montre déjà, en 2016, les possibilités envisagées par les nouvelles techniques de reproduction pour les couples homosexuels.
La page rapporte également un dossier sur l’immunothérapie contre le cancer et présente David Bowie comme une icône gaie internationale.
Les punaises de lit
Les pages 20 et 21 changent complètement de registre avec un dossier pratique consacré aux punaises de lit.
Le magazine donne des conseils pour éviter de rapporter des parasites après un voyage.
À l’hôtel, il recommande notamment d’inspecter le lit, le matelas, le sommier, la tête de lit et les espaces autour du mobilier avant d’y déposer les bagages.
Il conseille également de ne pas placer les valises sur le lit et de les maintenir sur une surface dure.
Au retour, les vêtements doivent être lavés à l’eau chaude et les articles non lavables placés dans une sécheuse à température élevée.
Le dossier est signé par MBM Extermination Inc.
Il constitue un bon exemple de contenu pratique destiné aux lecteurs de Gay Globe, notamment aux voyageurs.
Martin Shkreli et le piratage de Twitter
Dans les pages 20-21, Gay Globe revient également sur Martin Shkreli, devenu célèbre après avoir augmenté de manière spectaculaire le prix du médicament Daraprim.
Le magazine rappelle que le prix d’une pilule était passé de 13,50 $ à 750 $.
Shkreli avait ensuite vu son compte Twitter piraté, le pirate publiant des messages rappelant ses nombreuses controverses.
L’article rappelle également ses activités controversées sur les réseaux sociaux et ses interventions publiques.
Ce dossier est intéressant parce qu’il relie deux thèmes récurrents du numéro : l’industrie pharmaceutique et les dangers du numérique.
VIH : « kick and kill »
Les pages 21-23 contiennent plusieurs nouvelles médicales sur le VIH.
L’une des plus intéressantes concerne la société norvégienne Bionor, qui développait un vaccin thérapeutique appelé Vacc-4x.
L’objectif était de combiner le vaccin avec la romidepsine, un anticancéreux capable de réveiller certaines cellules où le VIH demeurait dormant.
L’idée était de faire sortir le virus de son réservoir puis de permettre au système immunitaire de détruire les cellules concernées : la stratégie dite « kick and kill ».
Le magazine précise toutefois un élément essentiel : les résultats rapportés n’avaient pas encore été validés ni publiés dans une revue scientifique.
Le numéro traite également des autotests VIH, alors disponibles en pharmacie en France depuis septembre 2015.
Une enquête baptisée « Arc Alpin » cherchait à mesurer leur réception par le public.
Enfin, la page évoque la séropositivité de Charlie Sheen, annoncée quelques mois auparavant.
Le numéro rassemble ainsi plusieurs étapes importantes de l’évolution de la lutte contre le VIH : dépistage, autotests, réservoir viral, vaccins thérapeutiques et recherche d’une guérison fonctionnelle.
Abû Nuwâs : un grand homosexuel du passé
La page 24 poursuit la rubrique historique de Gay Globe avec Abû Nuwâs, célèbre poète arabe né entre 747 et 762 et mort vers 815.
Le magazine le présente comme l’un des plus importants représentants de la poésie arabe classique.
Le dossier raconte notamment son enfance difficile, son passage à Kufa et sa formation auprès de grands philologues et poètes.
L’un de ses premiers maîtres, Wâliba Ibn al-Hubâb, aurait également été son amant et l’aurait initié à la poésie et au libertinage.
Abû Nuwâs est ainsi présenté dans la tradition des « grands homos du passé », une rubrique destinée à rappeler l’existence historique de personnalités homosexuelles ou bisexuelles bien avant l’époque contemporaine.
Le récit de sa mort demeure incertain : certaines traditions parlent d’un décès dans un cabaret, d’autres d’une mort en prison ou d’un assassinat.
Cette incertitude elle-même fait partie du portrait historique présenté par Gay Globe.
Les Attestants
La page 25 est consacrée aux Attestants, mouvement issu du protestantisme français.
Le groupe rassemble des protestants opposés à la décision de l’Église protestante unie de France d’autoriser la bénédiction liturgique des couples homosexuels.
L’EPUdF avait décidé d’ouvrir cette possibilité à ses pasteurs et paroisses, tout en mettant en place des groupes de travail afin d’accompagner les communautés et de préparer une liturgie spécifique.
Les Attestants s’opposent à cette évolution.
Ils affirment vouloir accueillir les personnes homosexuelles et condamner l’homophobie, mais refusent de considérer le mariage homosexuel comme équivalent au mariage hétérosexuel.
Le dossier révèle qu’environ 11 % des pasteurs de l’EPUdF étaient alors rattachés à ce mouvement.
Gay Globe présente donc une nouvelle fois un débat religieux autour de la question homosexuelle, mais cette fois dans le monde protestant.
L’hépatite C : la guérison devient possible
La page 26 constitue l’un des dossiers médicaux les plus importants du numéro.
Les nouveaux traitements contre l’hépatite C permettent alors de guérir plus de 95 % des cas dans certaines situations.
Les antiviraux à action directe, dont le sofosbuvir/Sovaldi, sont présentés comme beaucoup plus efficaces que les anciens traitements à base d’interféron et de ribavirine, avec beaucoup moins d’effets secondaires.
Mais le problème est financier.
Le traitement standard de douze semaines pouvait coûter de 40 000 à 60 000 euros.
Le dossier souligne donc un paradoxe majeur : la médecine possède désormais les moyens de guérir une maladie virale grave, mais l’accès au traitement dépend encore fortement des ressources financières des systèmes de santé.
Le magazine évoque également les différences entre les politiques de remboursement de la France, de l’Allemagne et d’autres pays.
Au Québec, il rappelle que les tests de dépistage des hépatites sont couverts par l’État.
Grindr devient chinois
La page 27 est particulièrement intéressante aujourd’hui.
Gay Globe rapporte que la société chinoise Kunlun Tech vient d’acquérir une participation majoritaire de 60 % dans Grindr.
À l’époque, Grindr revendique environ 2 millions d’utilisateurs quotidiens dans 196 pays.
L’opération valorise l’entreprise et fait de la Chine un acteur majeur de l’application de rencontres homosexuelles.
Mais Roger-Luc Chayer ajoute immédiatement une mise en garde éditoriale.
Il souligne que les utilisateurs doivent réfléchir aux conséquences potentielles de la détention de données sur des personnes homosexuelles par une entreprise chinoise.
Gay Globe pose notamment la question suivante : la Chine pourrait-elle théoriquement avoir accès à l’identité des utilisateurs et constituer une immense base de données sur les hommes homosexuels?
Le magazine va jusqu’à demander si certains utilisateurs devraient envisager de fermer leur compte de manière préventive.
Avec le recul, cette page est particulièrement intéressante puisqu’elle soulève très tôt les questions de confidentialité, géolocalisation, données personnelles et sécurité numérique qui allaient devenir centrales dans l’univers des applications de rencontres.
À Dieu Julien
Les pages 28 et 29 sont consacrées à la suite du récit « À Dieu Julien », de Caroline Gréco.
Le texte est beaucoup plus intime que la plupart des dossiers du magazine.
Il raconte les derniers jours de Julien, son hospitalisation, la présence de sa mère et de ses proches et la difficulté de vivre l’approche de la mort.
Caroline Gréco décrit les ambulanciers, les infirmières, les amis et les longues heures passées au chevet du malade.
Elle évoque également les souvenirs de Julien, son rire, ses habitudes et les objets qui resteront associés à sa mémoire.
Le récit est profondément personnel et tranche avec les articles de santé ou de politique du reste du numéro.
Il rappelle que Gay Globe ne se limite pas au journalisme d’actualité : le magazine accueille également des récits humains et littéraires.
Le courrier des lecteurs : René Angélil et Gay Globe
La page 30 revêt une importance particulière pour les archives.
Une lectrice, Monique L. de Terrebonne, écrit à la rédaction après le décès de René Angélil.
Elle souligne l’importance qu’il représentait pour Gay Globe et pour la communauté LGBT et rappelle le rôle de Céline et René dans la lutte contre le SIDA et la prévention.
La rédaction lui répond en insistant sur l’importance historique d’Angélil.
Roger-Luc Chayer précise alors que René Angélil souhaitait soutenir une publication gaie et que Gay Globe Magazine était la seule publication au monde à bénéficier de ce soutien dans cette forme.
Il explique que l’objectif d’Angélil était notamment de contribuer à sauver des vies face au VIH grâce au travail de prévention du magazine.
Chayer affirme que Gay Globe poursuivra cette mission en gardant en mémoire l’exemple donné par Angélil.
Cette réponse est extrêmement importante pour les archives de Gay Globe parce qu’elle documente directement, dans les pages du magazine, la relation entre René Angélil, Céline Dion et Gay Globe Média.
Un numéro où Gay Globe définit son identité
Le #110 est remarquable parce qu’il juxtapose des sujets qui peuvent sembler très différents, mais qui dessinent en réalité une même conception du média.
On y trouve :
la culture québécoise, avec René Angélil et Céline Dion;
la religion, avec saint Thomas d’Aquin et les Attestants;
la santé sexuelle, avec la giardiase et le préservatif sans latex;
le VIH, avec le vieillissement, les autotests et les recherches thérapeutiques;
la médecine, avec l’hépatite C et les technologies de reproduction;
la politique internationale, avec Daech, le Maroc et la Tunisie;
la technologie, avec Internet et Grindr;
la justice, avec l’affaire Steeve Biron;
l’histoire LGBT, avec Abû Nuwâs;
la littérature, avec À Dieu Julien;
et même l’automobile, la cuisine et la lutte contre les punaises de lit.
Cette diversité n’est pas accidentelle.
Elle correspond à une conception du magazine gai comme média généraliste destiné à une communauté, et non comme publication exclusivement consacrée aux droits LGBT.
Un numéro particulièrement révélateur de Roger-Luc Chayer
Le #110 est aussi un excellent document pour comprendre le style éditorial de Roger-Luc Chayer.
Il ne se contente pas de reprendre des dépêches.
Dans plusieurs dossiers, il intervient directement.
Il donne son opinion sur Internet.
Il défend sa conception de la liberté éditoriale.
Il intervient personnellement dans l’affaire Steeve Biron parce qu’il affirme avoir assisté à l’audience.
Il commente la vente de Grindr.
Il présente les statistiques de son propre média.
Et surtout, il signe l’hommage à René Angélil au nom de Gay Globe Média.
Cette présence personnelle du directeur dans le contenu éditorial est une caractéristique majeure du magazine.
Un document exceptionnel sur Gay Globe en 2016
La page des statistiques permet également de comprendre l’ampleur que Gay Globe avait atteinte au moment de la publication du numéro.
Avec plusieurs millions de pages et de fichiers consultés ou téléchargés en 2015, le média se présente comme un véritable groupe de presse numérique, et non simplement comme un magazine papier.
Le numéro mentionne explicitement la présence de Gay Globe dans plusieurs sphères de diffusion : papier, Web et réseaux sociaux, auxquels s’ajoutent le site, le fil de presse et GGTV.
Cette évolution est essentielle pour comprendre la suite de l’histoire du média.
Le #110 appartient à une période où le magazine papier reste important, mais où le véritable moteur de croissance devient déjà Internet.
La question de la désinformation apparaît déjà
Le dossier sur Internet mérite une attention particulière.
En 2016, Chayer décrit déjà plusieurs phénomènes qui allaient devenir beaucoup plus importants au cours des années suivantes :
les fausses nouvelles;
les faux profils;
la manipulation des opinions;
les citations sorties de leur contexte;
les comptes piratés;
le spam;
la diffusion de contenus non vérifiés;
et l’utilisation commerciale ou politique des réseaux sociaux.
Il pose même la question d’une intervention réglementaire internationale.
Avec le recul, cette page du #110 apparaît comme un véritable document précurseur sur la crise de l’information numérique.
La question de la confidentialité de Grindr
Le dossier Grindr est lui aussi étonnamment prémonitoire.
En 2016, Gay Globe s’inquiète déjà du fait qu’une entreprise chinoise puisse devenir propriétaire d’une application regroupant les informations personnelles de millions d’hommes homosexuels.
Le magazine met en avant un risque spécifique : la constitution éventuelle d’une base de données permettant d’identifier des personnes homosexuelles.
La question n’est donc pas uniquement commerciale.
Elle concerne directement la sécurité des utilisateurs LGBT dans des pays où l’homosexualité peut être socialement ou politiquement dangereuse.
Cette préoccupation donne à l’article une valeur historique particulière.
Le #110 dans l’histoire de Gay Globe
Le Magazine Gay Globe #110 doit être conservé comme l’un des numéros importants de la période 2016.
Il est d’abord le numéro du départ de René Angélil, personnalité qui occupait une place très particulière dans l’histoire de Gay Globe Média.
Le magazine documente noir sur blanc le partenariat de longue durée entre Céline Dion, René Angélil et Gay Globe, notamment autour de la prévention du VIH/SIDA.
Mais le numéro est également celui d’une communauté LGBT en pleine transformation.
La question trans provoque des débats.
L’Église catholique continue d’être confrontée à son histoire et à ses contradictions.
Le protestantisme français se divise autour de la bénédiction des couples homosexuels.
Le VIH devient une maladie chronique avec laquelle on peut vieillir.
L’hépatite C devient progressivement guérissable.
Les nouveaux préservatifs cherchent à dépasser les limites du latex.
Internet commence à devenir un espace où la désinformation menace directement la qualité de l’information.
Et Grindr, lancé seulement quelques années auparavant, devient suffisamment puissant pour attirer un investissement chinois de plusieurs dizaines de millions de dollars.
Un numéro charnière entre le monde LGBT traditionnel et l’ère numérique
Le plus intéressant, avec le recul, est peut-être cette coexistence entre deux mondes.
D’un côté, le numéro parle encore beaucoup de religion, de prévention du SIDA, de presse papier, de militantisme, de santé sexuelle et de personnalités publiques.
De l’autre, il traite déjà de réseaux sociaux, de cybermanipulation, de données personnelles, de géolocalisation, de rencontres en ligne et de nouvelles technologies médicales.
Gay Globe se trouve donc exactement à la jonction entre deux époques.
Le magazine papier demeure un outil essentiel de communication.
Mais le Web devient progressivement le lieu où se trouve l’essentiel du lectorat.
Les statistiques de 2015 publiées dans ce numéro le démontrent clairement.
René Angélil comme fil conducteur
Même si plusieurs dossiers n’ont aucun rapport direct avec Céline Dion ou René Angélil, son décès donne au #110 une tonalité particulière.
La première page intérieure lui est consacrée.
Le magazine rappelle son parcours.
Son soutien à Gay Globe est documenté.
Le courrier des lecteurs revient sur son importance.
Et Roger-Luc Chayer promet de poursuivre le travail de prévention auquel Angélil attachait de l’importance.
Ainsi, le décès de René Angélil devient dans ce numéro davantage qu’une nouvelle culturelle.
Il devient un événement dans l’histoire de Gay Globe Média.
Une édition à conserver intégralement dans les archives
Le #110 est donc un numéro particulièrement riche pour l’histoire du magazine.
Il documente simultanément l’histoire de Gay Globe Média, l’histoire de la communauté LGBT québécoise et internationale et l’évolution des grands enjeux médicaux et technologiques du milieu des années 2010.
Il permet de comprendre un média qui se présente alors comme un groupe généraliste, capable de publier dans un même numéro un hommage à René Angélil, une enquête médicale sur la giardiase, une chronique automobile, une analyse théologique de saint Thomas d’Aquin, une enquête sur le VIH, un débat sur Internet, une histoire d’Abû Nuwâs et un dossier sur Grindr.
Mais surtout, il contient des informations qui prennent une valeur historique avec le temps.
642 181 visiteurs uniques en 2015.
3 585 063 pages consultées.
5 552 252 fichiers téléchargés.
Plus de treize ans de partenariat avec Céline Dion et René Angélil.
Un débat déjà très développé sur la désinformation sur Internet.
Une inquiétude précoce concernant les données personnelles de Grindr.
Une réflexion sur le vieillissement des personnes vivant avec le VIH.
Des traitements permettant enfin de guérir la majorité des hépatites C.
Des recherches visant à réveiller et éliminer les réservoirs du VIH.
Le #110 constitue donc un instantané particulièrement précis de la communauté LGBT et du monde médiatique de 2016.
Il montre une communauté qui entre dans une nouvelle période : le VIH n’est plus nécessairement synonyme de mort à court terme, Internet transforme radicalement la circulation de l’information, les applications mobiles changent les rencontres homosexuelles, les technologies médicales bouleversent les possibilités de traitement et les questions de confidentialité deviennent déjà préoccupantes.
Et au milieu de cette transformation, Gay Globe conserve une fonction centrale : informer, commenter, prendre position, documenter et conserver les traces de l’histoire LGBT contemporaine.