
Roger-Luc Chayer (Image : générée électroniquement / Gay Globe)
Depuis plusieurs années, nous vivons à Montréal sous l’administration de la mairesse Valérie Plante et, avouons-le, le bilan est loin d’être positif. Nous assistons chaque jour au déclin de la métropole du Québec, autrefois bien plus propre, saine et florissante. De nombreuses questions sont désormais soulevées par les Montréalais quant à la capacité de leur administration à gérer efficacement une ville de cette envergure, ainsi que sur les compétences de leur mairesse.
Les rues constamment bloquées, les innombrables cônes orange, l’itinérance, la pauvreté, l’insalubrité, le manque d’entretien, sans oublier les difficultés économiques liées au gaspillage, inquiètent et choquent de nombreux Québécois. Ils voient leur ville phare sombrer dans un état dont ils ne peuvent plus être fiers.
Vous souvenez-vous du slogan de Montréal dans les années 1990 : « La fierté a une ville : Montréal » ? Cela fait bien longtemps qu’on ne l’a pas entendu.
L’état des finances surprend et inquiète
Un des grands mystères de la politique montréalaise, c’est que les élus semblent jongler avec un déficit budgétaire colossal tout en dépensant plus que jamais pour des projets qui ne sont ni vitaux ni urgents. Personnellement, je me suis toujours demandé comment une ville comme Montréal peut consacrer autant d’argent à des pistes cyclables, à des travaux à refaire tous les deux ou trois ans, ou encore à du matériel non essentiel — alors même que cet argent n’existe pas vraiment et que les Montréalais croulent déjà sous le fardeau des taxes municipales.
Une partie de la réponse se trouve dans un article publié par nos collègues du journal La Métropole, sous la plume de M. Alain Clavet, en date du 11 octobre dernier. Cet article, fruit d’une enquête manifestement rigoureuse, expose en détail la situation financière actuelle de la Ville de Montréal et justifie le titre de notre propre texte.
Nous remercions M. Clavet, qui a généreusement autorisé Gay Globe à reproduire ici même son article intitulé : « Montréal en faillite en 2027 : une crise annoncée ! ». On peut consulter l’article original à l’adresse suivante : https://lametropole.com/2024/10/11/montreal-en-faillite-en-2027-une-crise-annoncee/
Voici l’article intégral.
La ville de Montréal fait face à une crise financière imminente qui pourrait la mener à la faillite en 2027, date à laquelle la dérogation permettant à la ville de s’endetter au-delà de ses limites légales arrivera à expiration.
La Loi sur les cités et villes, ainsi que la Loi sur l’administration financière du Québec, imposent aux municipalités d’adopter des budgets équilibrés. Toutefois, une dérogation accordée en 2017 par l’ancien premier ministre Philippe Couillard a permis à Montréal de s’endetter jusqu’à 120 % de son budget. Cette décision visait à offrir une certaine flexibilité budgétaire, mais elle s’accompagnait de conditions strictes qui n’ont pas été respectées.

Depuis l’arrivée de Valérie Plante à la mairie en novembre 2017, les dépenses de la ville ont grimpé en flèche, alimentées par la création de nouveaux postes et de structures administratives, ainsi que par des projets d’infrastructure dont les coûts sont mal maîtrisés. Entre 2017 et 2023, la dette de la ville est passée de 5,6 à 7 milliards $, soit une augmentation de près de 25 %.

Les tableaux 76 et 77 du budget de la ville de Montréal pour 2024 illustrent cette trajectoire alarmante. Avec une hausse de la dette et des augmentations continues des taxes municipales (plus de 4 % depuis 2022 et jusqu’à 30 % dans certains quartiers depuis 2017), la ville se retrouve dans une impasse. La dérogation de 2017 devait permettre une réduction progressive du déficit, mais l’administration Plante a utilisé toute la marge de manœuvre offerte par cette exception sans véritable plan de retour à l’équilibre budgétaire.
La loi oblige Montréal à rétablir un budget équilibré d’ici 2027, mais sans des réformes structurelles et une gestion rigoureuse des dépenses, ce retour à l’équilibre semble hors de portée. Des réductions drastiques dans les dépenses, une rationalisation des services publics et une privatisation de certains secteurs seront nécessaires pour éviter le pire. Sans ces mesures, la fin de la dérogation plongera la ville dans une crise financière majeure, avec un déficit dépassant les 20 % du budget, sans compter le déficit de près de 4 milliards $ de la Société de transport de Montréal et les 500 millions $ payés comptant en immobilisation !
Montréal se dirige à grande vitesse vers un mur ! (À noter que la Ville n’a toujours pas réagi à l’article publié par nos collègues de La Métropole depuis sa parution.)
Éléments factuels plausibles dans l’article de La Métropole:
- Vrai : le gouvernement Couillard a accordé à Montréal un pouvoir accru d’emprunt (jusqu’à 120 % de son budget) via une modification législative. Cette dérogation était censée être temporaire (10 ans, donc jusqu’en 2027).
- Selon les documents budgétaires de la Ville, la dette a effectivement augmenté : elle est passée d’environ 5,6 milliards $ en 2017 à plus de 7 milliards $ aujourd’hui, incluant la dette de la STM.
- Vrai : la Ville a créé de nombreux postes depuis 2017, notamment en lien avec les services sociaux, le développement durable et les transports actifs. Les critiques portent sur l’efficacité et la multiplication des directions administratives.
- Fin de la dérogation en 2027 = contrainte budgétaire réelle :
- Oui. La Ville devra respecter de nouveau les ratios d’endettement classiques et pourrait avoir à ajuster ses dépenses si elle ne contrôle pas sa trajectoire actuelle.
Est-ce que la Ville de Montréal pourrait réellement faire faillite?
La réponse rapide est non. On peut certainement parler de faillite morale ou économique, mais une faillite juridique de la Ville, au sens de la loi fédérale sur les mauvaises créances, semble impossible. En effet, les municipalités du Québec sont des créatures du gouvernement provincial, qui en garantit le fonctionnement.
En cas de difficultés financières graves, le gouvernement du Québec pourrait intervenir, comme il l’a déjà fait dans d’autres villes, notamment Laval ou Longueuil par le passé. Pour l’instant, Montréal a mis en place certaines mesures de contrôle des dépenses, bien que jugées insuffisantes par plusieurs observateurs. La Ville tente également de générer de nouveaux revenus (taxes vertes, redevances, ententes avec Québec), mais compte tenu de l’ampleur de la dette actuelle, il paraît très peu probable qu’elle puisse la résorber d’ici deux ans.
Souhaitons-nous collectivement bonne chance, car si la Ville devait faire défaut de rembourser sa dette, non seulement sa cote de crédit serait sévèrement affectée — entraînant une hausse des taux d’intérêt —, mais ce sont les citoyens et les entreprises montréalaises qui, en bout de ligne, en paieraient le prix, avec des hausses de taxes foncières pouvant atteindre 50 à 75 %. Et personne ne souhaite cela.
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