
Carle Jasmin (Image : IA / Gay Globe)
Il se joue actuellement en Afrique un terrible drame humain, avec l’adoption de nouvelles lois durcissant les sanctions contre les membres des communautés LGBT, qui peuvent aller de simples amendes, souvent impossibles à payer, à des peines de prison, à la torture ou même à la peine de mort.
En 2026, plusieurs juridictions africaines prévoient encore la peine de mort pour certains actes sexuels consensuels entre personnes de même sexe, mais il faut faire une distinction importante entre « la peine de mort est prévue par la loi » et « des personnes LGBT sont effectivement exécutées pour homosexualité ».
L’un des principaux défis demeure l’accès à une information fiable. Beaucoup ignorent qu’ils peuvent demander une protection internationale ou ne savent pas comment entreprendre les démarches. Certains craignent également de contacter des organismes d’aide par peur d’être dénoncés aux autorités ou à leur entourage.
Les personnes LGBT qui arrivent dans un pays d’accueil doivent aussi raconter des expériences souvent traumatisantes devant des agents d’immigration ou des tribunaux. Cette étape peut être particulièrement difficile pour celles et ceux qui ont été victimes de violences, de menaces ou qui ont vécu pendant des années dans la peur de révéler leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.
Les organismes communautaires LGBT jouent donc un rôle essentiel en offrant de l’accompagnement, de l’aide juridique, du soutien psychologique et parfois un hébergement temporaire. Pour plusieurs demandeurs d’asile, ces ressources représentent la première véritable occasion de vivre ouvertement et en sécurité.
Les principaux cas sont :
| 🇲🇷 Mauritanie | La loi prévoit la lapidation à mort pour un homme musulman ayant des relations sexuelles avec un autre homme. Cependant, le pays observe un moratoire de facto sur les exécutions depuis 1987. |
| 🇺🇬 Ouganda | La loi de 2023 prévoit la peine de mort pour certaines formes d’« homosexualité aggravée », notamment dans certaines circonstances et pour des récidivistes. |
| 🇳🇬 Nigeria | La peine de mort peut s’appliquer dans 12 États du nord appliquant des dispositions pénales inspirées de la charia. Elle ne s’applique donc pas uniformément à tout le territoire nigérian. |
À la rédaction de Gay Globe, par exemple, nous recevons de nombreuses demandes d’aide et de renseignements concernant les démarches pour obtenir le statut de réfugié. En 2026, le nombre de ces demandes a atteint un niveau record. Voici ce qu’il faut savoir.
Pour de nombreuses personnes LGBT persécutées dans le monde, obtenir le statut de réfugié représente bien plus qu’une démarche administrative : c’est la reconnaissance officielle qu’un retour dans leur pays d’origine pourrait mettre leur vie, leur liberté ou leur sécurité en danger. Cette protection permet de fuir des systèmes où l’identité ou l’orientation sexuelle deviennent des motifs de persécution.
La grande majorité des pays démocratiques d’Europe et d’Amérique reconnaissent aujourd’hui que la persécution fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’expression de genre peut constituer un motif valable pour obtenir le statut de réfugié. Cette reconnaissance découle de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, qui protège notamment les personnes persécutées en raison de leur appartenance à un « groupe social particulier ». Les personnes LGBT sont généralement considérées comme pouvant appartenir à cette catégorie.
Amérique du Nord
Canada 🇨🇦
Le Canada est l’un des pays ayant développé une reconnaissance claire des demandes d’asile liées aux persécutions LGBT. Une personne peut demander une protection si elle démontre qu’elle risque la persécution en raison de son orientation sexuelle, de son identité ou de son expression de genre.
États-Unis 🇺🇸
Les États-Unis reconnaissent depuis plusieurs décennies que les persécutions liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre peuvent justifier une demande d’asile. Les décisions sont toutefois individuelles et dépendent des preuves présentées et de l’évaluation du risque.
Mexique 🇲🇽
Le Mexique reconnaît également les demandes d’asile fondées sur les persécutions liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.
Europe
Dans l’Union européenne, les personnes LGBT peuvent obtenir une protection internationale lorsqu’elles démontrent un risque réel de persécution dans leur pays d’origine. Parmi les pays qui accueillent régulièrement des demandes liées aux persécutions LGBT :
- 🇫🇷 France
- 🇩🇪 Allemagne
- 🇳🇱 Pays-Bas
- 🇧🇪 Belgique
- 🇪🇸 Espagne
- 🇵🇹 Portugal
- 🇮🇹 Italie
- 🇸🇪 Suède
- 🇩🇰 Danemark
- 🇫🇮 Finlande
- 🇳🇴 Norvège
- 🇨🇭 Suisse
- 🇬🇧 Royaume-Uni
Ces pays peuvent reconnaître comme réfugiées des personnes LGBT qui démontrent, par exemple, qu’elles risquent l’emprisonnement, la violence, la torture, des persécutions policières ou qu’elles ne peuvent pas vivre librement en raison de leur identité.
La procédure pour demander le statut de réfugié dépend du pays où la personne cherche protection, mais le principe est généralement le même : elle doit démontrer qu’elle ne peut pas retourner dans son pays d’origine parce qu’elle y risque des persécutions graves, notamment en raison de son orientation sexuelle, de son identité de genre ou de son expression de genre.
Dans le cas d’une personne LGBT, une demande solide repose habituellement sur les éléments suivants :
1. Déposer une demande auprès des autorités compétentes du pays d’accueil
La personne doit présenter une demande d’asile ou de protection internationale dès qu’elle est admissible à le faire. Selon le pays, la demande peut être faite à une frontière, dans un aéroport, auprès d’un bureau d’immigration ou auprès d’une instance spécialisée.
2. Expliquer clairement les motifs de persécution
La personne doit raconter son histoire de façon détaillée :
- les menaces reçues;
- les violences subies;
- les arrestations ou interventions policières;
- les discriminations graves;
- les risques liés aux lois de son pays;
- l’impossibilité de vivre ouvertement son orientation sexuelle ou son identité de genre.
3. Fournir des preuves lorsque c’est possible
Les preuves peuvent inclure :
- documents d’identité;
- rapports médicaux ou policiers;
- messages de menace;
- témoignages de proches;
- articles de presse sur la situation LGBT dans le pays d’origine;
- preuves d’activités communautaires ou associatives;
- tout document démontrant le risque encouru.
L’absence de documents ne signifie toutefois pas automatiquement un refus : beaucoup de personnes fuient dans l’urgence et ne peuvent pas tout conserver.
4. Passer une entrevue ou une audience
Les autorités évaluent la crédibilité du récit, la situation dans le pays d’origine et le niveau de danger. La personne doit démontrer que sa crainte est réelle et fondée.
5. Recevoir une décision
Si la demande est acceptée, la personne obtient une protection et peut généralement rester légalement dans le pays d’accueil. Si elle est refusée, il existe souvent des mécanismes d’appel ou de révision.
Pour de nombreuses personnes LGBT d’Afrique, la demande d’asile représente souvent la dernière possibilité d’échapper à un environnement où leur identité peut les exposer à la prison, à la violence ou à la mort. Certaines sont accompagnées par des organismes internationaux avant leur départ, tandis que d’autres doivent attendre d’atteindre une frontière ou un territoire sécuritaire pour demander officiellement une protection.
RESSOURCES
Voici une liste de 10 organisations internationales reconnues qui soutiennent les personnes LGBT confrontées à la discrimination, aux persécutions ou aux violences dans leur pays d’origine. Elles peuvent offrir de l’information, du soutien juridique, de l’accompagnement, de la documentation sur les violations des droits humains ou aider à orienter les personnes vers des ressources locales et internationales.
| Organisation | Rôle principal |
|---|---|
| ILGA World | Fédération mondiale de défense des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et intersexes. Elle documente les lois anti-LGBT, produit des rapports internationaux et soutient des organisations locales. |
| Human Dignity Trust | Organisation spécialisée dans la lutte contre les lois criminalisant l’homosexualité. Elle fournit une expertise juridique et soutient des recours stratégiques. |
| Rainbow Railroad | Organisation canadienne qui aide des personnes LGBT vivant sous la menace de violences ou de persécutions à accéder à des voies de protection et à du soutien d’urgence. |
| OutRight International | Défend les droits LGBT auprès des Nations unies et documente les persécutions dans plusieurs régions du monde. |
| Amnesty International | Documente les violations des droits humains, y compris les persécutions fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, et mène des campagnes internationales. |
| Human Rights Watch | Enquête sur les violations des droits LGBT dans le monde et publie des rapports destinés aux gouvernements et institutions internationales. |
| United Nations High Commissioner for Refugees (HCR) | Agence des Nations unies responsable de la protection des réfugiés. Elle reconnaît les personnes LGBT persécutées comme pouvant avoir besoin d’une protection internationale. |
| International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association Europe (ILGA-Europe) | Défend les droits LGBT en Europe et accompagne les organisations et militants confrontés aux discriminations. |
| TGEU | Réseau international consacré aux droits des personnes trans. Il produit des recherches et soutient les communautés trans confrontées aux violences et discriminations. |
| Asylum Access | Aide les personnes réfugiées et déplacées à connaître leurs droits, notamment l’accès aux procédures de protection et aux services juridiques. |
Ces organisations ne peuvent généralement pas « faire sortir » automatiquement une personne de son pays ni garantir un visa ou un statut de réfugié, mais elles peuvent jouer un rôle crucial en fournissant de l’information, en documentant les risques et en orientant les personnes vers les procédures appropriées.
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