ASSEZ C’EST ASSEZ, COMPRIS ?

Roger-Luc Chayer Journaliste et éditeur de Gay Globe Média. Actif depuis plus de 30 ans, il s’est imposé par une pratique journalistique rigoureuse, entre enquêtes, analyse et couverture de l’actualité LGBTQ+. Ancien président de l’Association canadienne des journalistes (section Montréal) et récipiendaire de la médaille du Jubilé de la Reine, il privilégie une information exacte, accessible et ancrée dans les enjeux de société.

Opinion par Roger-Luc Chayer (Photos : Anonymes)

Dimanche 4 octobre 2026, 9 h — Village gai de Montréal, rue Sainte-Catherine Est, coin Papineau.

Assez, c’est assez. Et pourtant, on ne finit plus de le crier.

Voilà le triste spectacle qui s’offre aujourd’hui aux Montréalais, aux commerçants, aux résidants et aux touristes venus découvrir ce qu’on leur présente comme « le plus beau Village gai au monde ». Quelle foutaise.

Le Village est devenu le symbole d’un abandon qui dure depuis des années. Abandon des plus vulnérables, abandon des commerçants, abandon des résidants et, surtout, abandon d’un quartier qui mérite pourtant beaucoup mieux.

Pendant que les autorités multiplient les beaux discours, les consultations et les promesses, la réalité, elle, est sous nos yeux : le Village se dégrade, le sentiment d’insécurité s’installe et ceux qui y vivent ou y travaillent ont de plus en plus l’impression d’être laissés à eux-mêmes.

Et qu’on ne se raconte pas d’histoires : ce problème ne date pas d’hier. Il ne commence ni avec Soraya, ni avec Valérie Plante, ni avec Denis Coderre. Il est le résultat de décennies de laisser-faire, de décisions insuffisantes et d’une incapacité chronique à reprendre véritablement le contrôle du secteur.

Pendant combien de temps encore va-t-on tolérer cette situation?

Le Village n’a pas besoin d’un autre slogan, d’une autre campagne d’image ou d’une autre promesse. Il a besoin d’action, de présence, de sécurité, de propreté et d’une véritable volonté politique.

Parce qu’un quartier abandonné n’est pas un décor touristique.

Et le Village gai de Montréal mérite mieux que ça.

Mais on parle dans le vide. On crie, on dénonce, on exige des comptes, de l’aide et des interventions. Les commerçants appellent, écrivent, interpellent les responsables, frappent à toutes les portes. Et qu’est-ce qui se passe? Rien. Absolument rien.

Peu importe le service, le bureau ou le niveau de gouvernement auquel on s’adresse, on nous renvoie ailleurs, on nous sert des réponses toutes faites et on continue de prétendre que chacun fait « ce qui doit être fait ».

C’EST FAUX.

La réalité, c’est que pendant que le Village se détériore, pendant que les commerçants encaissent les coups et que les citoyens et les résidants paient le prix de cette inaction, les responsables continuent de se renvoyer la balle.

On nous parle de plans, de mesures, de concertation et de volonté d’agir. Mais sur le terrain, rien ne change.

Et pendant ce temps, les salaires continuent d’être versés, les postes sont maintenus et les responsabilités, elles, semblent toujours appartenir à quelqu’un d’autre.

Il est plus que temps de le dire haut et fort : ça suffit. Les citoyens ne demandent plus des excuses. Ils demandent des résultats.

Le Village n’a pas un problème de responsables. Il a un problème de reddition de comptes.

Les responsabilités sont réparties entre l’arrondissement de Ville-Marie, la Ville de Montréal, le SPVM, le gouvernement du Québec, le réseau de la santé et des services sociaux, la SDC du Village et plusieurs organismes partenaires. Très bien.

Mais lorsque tout le monde est responsable, qui répond aux citoyens lorsque le résultat n’est pas au rendez-vous?

C’est cette question que les commerçants et les résidants devraient maintenant poser publiquement.

Qui fait quoi? Avec quel budget? Selon quel échéancier? Et surtout : quels résultats pouvons-nous constater sur le terrain? Parce que le Village n’a pas besoin qu’on lui explique encore une fois que le problème est complexe.

Il a besoin de savoir qui est responsable de chaque morceau du problème — et qui doit rendre des comptes lorsque rien ne bouge.

Demain, il y aura élection d’un nouveau gouvernement au Québec. Après huit années de présence de Québec solidaire et de Manon Massé, une députée dont on semble surtout apercevoir l’ombre lors de grandes annonces, mais dont les résultats concrets sur le terrain se font attendre, il est plus que temps que le prochain élu regarde ce qui se passe dans le Village et passe à l’action.

Les photos parlent d’elles-mêmes.

Il faudra maintenant des réponses, des interventions et des résultats. On y reviendra…

2 comments to “ASSEZ C’EST ASSEZ, COMPRIS ?”
  1. desole,c’est comme si certains des paliers de gouvernement souhaitent la disparition du village ou son demenagement ailleurs au non de la gentrification sans doute

  2. Malheureusement, Montréal est devenu « la poubelle » de la province, les autres villes n’ayant aucune volonté d’aider à mettre en place l’aide aux personnes dans le besoin. « Allez, dégage! enwoueille à Montreal » est leur devise!

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