Roger-Luc Chayer
Sa Majesté la Reine Élisabeth II du Canada (du Québec) et de dizaines d’autres États souverains célébrait le 21 avril dernier son 90ème anniversaire avec autant d’énergie, de classe et de détermination qu’au début de son règne. Oui, car la Souveraine est loin de vouloir prendre sa retraite. On dit même à Buckingham Palace, selon certaines sources proches du personnel, que Sa Majesté ne veut rien entendre quand on parle d’abdication.
Non seulement elle brisait récemment le record du plus long règne d’un monarque britannique, mais elle fait aussi partie de la liste très «select» des monarques les plus longtemps sur le trône de leur ou leurs pays.
Non seulement la Reine Élisabeth II règne sur une multitude d’États en démontrant des capacités exemplaires et exceptionnelles en matière de démocratie, elle a fait avancer de très nombreuses causes tant sociales, politiques et économiques. C’est le cas de la question gaie.
Non seulement la Reine suscite la réflexion de ses peuples en récompensant régulièrement des personnalités ou des groupes issus des communautés LGBT, je recevais moi-même en 2012 une médaille royale pour l’ensemble de ma carrière journalistique et celle de musicien classique, elle impose à ses homologues et aux gouvernements membres du Commonwealth des conditions spécifiques visant à assurer aux minorités une protection garantie.
C’est dans cette perspective qu’en 2011, à titre de Présidente du Commonwealth des nations, organisation intergouvernementale composée de 53 États membres indépendants et souverains. Tous, hormis le Mozambique et le Rwanda, sont des anciennes colonies ou protectorats de l’Empire britannique. Bref, elle exigeait que pour rester membre de la plus grande organisation économique du monde, les États devaient entreprendre des réformes visant à décriminaliser l’homosexualité et à protéger les minorités.
C’est ainsi que de nombreux pays se sont adaptés en modifiant leur constitution ou en votant des lois interdisant les discriminations sur la base de l’orientation sexuelle. Sans la Reine Élisabeth II, nous n’en serions pas là dans le monde. Il nous semblait important de le souligner à nouveau, dans le cadre des célébrations du 90ème anniversaire de la Reine. Gay Globe Magazine lui consacrait d’ailleurs en mars 2015 (édition 103) sa couverture. Sa Majesté nous écrivant par la suite pour nous en remercier.