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L’association accompagne depuis 20 ans les femmes atteintes du VIH dans leurs démarches administratives et œuvre pour leur insertion professionnelle. Elle lance un appel aux dons.
Près de 2 150 femmes ont poussé la porte de l’association Ikambere depuis sa création à Saint-Denis, dans le département le plus touché par le VIH après Paris. Cette « Maison accueillante », la traduction d’Ikambere dans la langue du Rwanda, vingt ans d’existence cette année, prend en charge et accompagne toutes celles qui sont porteuses du VIH. C’est la seule de ce type en Ile-de-France.
« C’était un vrai besoin pour rompre la solitude de ces femmes abandonnées à elles-mêmes. Au sein d’Ikambere, elles ne se sentent plus seules », loue Bernadette Rwegera, fondatrice et directrice de l’association. La grande majorité de ces femmes sont originaires de l’Afrique subsaharienne, comme la Côte d’Ivoire et le Cameroun. « Elles viennent en France pour se faire soigner », poursuit Bernadette Rwegera.
Elles sont orientées vers Ikambere grâce aux médiateurs de l’association présents dans douze établissements hospitaliers d’Ile-de-France. « A leur arrivée, elles rencontrent l’une de nos trois assistantes sociales, qui va mettre en place un plan d’accompagnement personnalisé », décrit Fatem-Zahra Bennis, la responsable du développement de l’association. Première étape indispensable, la régularisation administrative. « Il faut près de deux ans pour obtenir un titre de séjour pour soins. C’est un délai qui handicape beaucoup l’insertion sociale et professionnelle de ces femmes », ajoute-t-elle.
L’association pilote aussi des chantiers d’insertion, organise des cours d’alphabétisation, et propose un service de cantine. « Elles sont 30 à 50 à venir chaque jour y manger, car elles n’ont pas les moyens de se restaurer », assure Fatem-Zahra Bennis.
Un appel aux dons pour rénover des logements passerelles
Autre obstacle majeur, l’accès au logement. La plupart des femmes sont sans domicile fixe et dorment dans des hébergements d’urgence. « Qu’on le veuille ou non, le Sida est une maladie de honte. Celles qui sont touchées sont exclues et chassées par leur famille ou par les compatriotes qui les hébergent », déplore Bernadette Rwegera.
L’association dispose de cinq logements passerelles pour dix places au total, loués à Plaine Commune Habitat. « Ils sont dédiés à celles qui présentent, en plus du VIH, d’autres pathologies comme le cancer ou le diabète. L’objectif est ensuite de trouver un logement définitif à ces femmes vulnérables pour qu’elles ne se retrouvent pas à la rue », explique Fatem-Zahra Bennis.
Ikambere lance ce mardi un appel aux dons pour rénover tout le mobilier de ces appartements : literie, cuisine, draps, pour offrir plus de confort à ses bénéficiaires. « Notre objectif est de recueillir 5 000 €. Ce montant sera doublé par le fonds Qualitel, qui accompagne les associations qui luttent contre l’habitat indigne », ajoute Fatem-Zahra Bennis.
Avec 500 femmes actuellement accompagnées, l’association souhaite voir pousser des petites sœurs d’Ikambere. « Certaines personnes que nous suivons font parfois deux heures de route pour venir nous voir », rappelle Bernadette Rwegera.
Appel aux dons sur www.lespetitespierres.org/heberger-des-femmes-migrantes-et-seropositives
R.C.