PASCAL COSTE: 23 ANS DÉJÀ!

Roger-Luc Chayer

Il y a 23 ans cette année décédait Pascal Coste, un ami très cher de Marseille pour qui j’avais une belle affection et qui savait me rendre la pareille. Pascal est décédé en cachette, sans dire à ses amis qu’il était séropositif et avait même fait promettre à ses parents de ne rien dévoiler à quiconque avant son décès.

C’est uniquement près de quatre mois plus tard, lorsque je lui ai téléphoné pour m’enquérir de son silence, que j’ai reçu la nouvelle en pleine gueule, mais avec la plus grande gentillesse au monde, de sa maman.

Pascal est parti en silence parce qu’il avait terriblement honte d’être porteur de cette maladie, à une époque où il faut le dire, le mot VIH signifiait une sorte de cancer des gais qui pouvait, comme on le croyait à l’époque, contaminer tout le monde. Évidemment nous savons maintenant que c’est faux. Pire, Pascal est décédé en 1995, quelques mois avant l’arrivée de la trithérapie en France, qui aurait pu lui sauver la vie.

Malgré la fatalité de cette nouvelle, Pascal a laissé, indirectement et grâce à la complicité de sa mère, l’auteure Caroline Gréco, deux magnifiques récits qui expliquent au premier degré, selon le regard et la vision d’une mère aimante, deux situations qui se produisent souvent avec les jeunes personnes des communautés LGBT et qui expliquent comment éviter les pièges des préjugés et des drames quand on apprend d’abord l’homosexualité de son enfant, et ensuite la possibilité que cet enfant soit atteint du VIH ou d’une autre maladie qui met en péril la longévité et potentiellement la vie de cet enfant et de ses proches.

Dans «Julien, toi qui préfères les hommes», Caroline Gréco nous raconte que «Ce livre a été écrit avant tout pour venir en aide à des parents qui découvrent l’homosexualité de leur fils ou de leur fille, et leur faire voir que la route vers une compréhension mutuelle est praticable, puisque j’ai fini par la parcourir. Mais aussi pour aider les jeunes homosexuels à comprendre les difficultés que leurs parents ont à surmonter dans ce chemin».

Dans la suite et tome II «À Dieu, Julien», Julien est mort du sida. C’est avec sa famille qu’il a affronté la maladie et le regard des autres. Témoin et complice de tous ces jours, ces mois et années d’espoir, d’angoisse et de souffrance, Caroline Gréco, sa mère, nous raconte ce combat. Dans ce récit remarquable par sa pudeur, elle nous parle aussi de la complexité de sa relation avec ce fils aimé, de l’incommunicabilité et de l’agressivité qu’elle a dû parfois affronter avec humilité malgré sa douleur. Ensemble, ils ont parlé de la vie, de la mort. Ou simplement, ils ont échangé un regard, des gestes de tendresse. Caroline Gréco a accompagné son fils jusqu’au bout.

L’auteure Caroline Gréco, de son vrai nom Pia Schaufelberger, était la maman du Julien des deux livres, Julien étant Pascal Coste.

Pia est décédée quelques années après son fils et a fait cadeau de ses deux livres au Groupe Gay Globe qui peut les publier gratuitement et intégralement pour le bénéfice de toute la communauté. On peut télécharger les deux livres directement du site de Gay Globe au https://gayglobe.us/julien et pour ceux qui aiment les écrits de Pia, on peut lire son dernier roman basé sur une histoire vraie «Le déraillement» au https://gayglobe.us/deraillement.html

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