Daniel DeMontigny
Cela fait plus d’un siècle que les femmes recherchent l’équité relativement à l’opportunité de participer et de se faire reconnaître dans les institutions sportives, dominées depuis toujours par les hommes. Pour les féministes, l’établissement du sport féminin, institution protégée par la séparation biologique des sexes, aurait été essentiel à l’émancipation des femmes. Par souci d’égalité et de justice sociale, les militants pour les droits des personnes transgenres demandent l’inclusion de celles-ci dans les sports, de l’école secondaire jusqu’aux Jeux olympiques, selon le genre auquel elles s’identifient. Les arguments apportés reposent en grande partie sur une croyance, répandue par les milieux académiques, que l’identité sexuelle ne relèverait pas de la biologie mais serait plutôt une construction sociale. Selon Doriane Lambelet Coleman, professeure en droit des femmes de l’université Duke, l’introduction des hommes “biologiques” dans le sport féminin diminuerait grandement la capacité des femmes biologiques d’atteindre le podium.
Les différences biologiques entre les sexes et dans les sports sont importantes et irréfutables, selon une revue de la littérature en endocrinologie de 2018. Les hormones seraient les régulateurs de ces différences. La testostérone serait l’hormone déterminant la séparation psychologique et physique des sexes, de la gestation jusqu’à l’âge adulte, mais particulièrement les différences de performances dans les sports, surtout chez les femmes. Chez les garçons, elle augmentera graduellement jusqu’à 15 fois celle des filles à la puberté. Cette augmentation produira des changements importants sur plusieurs tissus et organes: le volume et la composition des muscles, la densité et la structure des os, la stature, le volume des poumons et du cœur, le taux d’hémoglobine qui transporte l’oxygène, la quantité de gras et sa distribution sur le corps, et
l’habileté absolue à métaboliser les sucres. Ces différences importantes conféreront un avantage de 10 à 12 % de la performance athlétique des garçons sur les filles. Les athlètes féminines génétiques présentent des caractéristiques et des problématiques particulières relativement à la production d’oestrogène par les ovaires, à la puberté et suite à l’entraînement intensif: le bassin sera plus large, la taille et la densité des os sera moindre (les hommes sont de 7 à 8% plus grands en moyenne), la quantité de gras sera plus élevée et sa distribution sur le corps, différente. Ces facteurs affecteraient la performance athlétique, qui serait retardée chez les adolescentes par rapport aux garçons. Une baisse marquée d’oestrogène, due à l’irrégularité ou l’absence de menstruations, fréquente chez les athlètes féminines élites, affecte la masse osseuse, et conséquemment, il y aurait une incidence plus élevée de blessures osseuses par rapport aux hommes. Au cours de menstruations régulières, le taux de fer, qui transporte l’oxygène (hémoglobine), sera plus bas (anémie) et affectera donc la performance cardio-vasculaire.
Les institutions sportives exigent de ceux qui veulent participer dans le sport féminin de se “doper” avec des bloqueurs de testostérone pour se ramener au seuil biologique des femmes. S’il est vrai que bloquer cette hormone réduit le volume musculaire et le taux d’hémoglobine, restituant l’égalité des femmes transgenres avec les femmes biologiques selon les militants transgenres, il reste que l’architecture des os, la taille de l’athlète, et l’absence d’ovaires sont irréversibles et donnent un net avantage dans la plupart des sports. D’après Éric Vilain, un généticien et conseiller pour le CIO, remplacer le “sexe biologique” avec celui de “l’identité de genre” «serait un désastre pour le sport féminin…une fin triste à ce que les féministes réclament depuis si longtemps».