
Par Bruno Geoffroy – Salle de presse de l’Université de Montréal (Image : Getty)
Nouveau mimétique moléculaire CJF-III-288 du récepteur CD4 : une avancée prometteuse contre le VIH
Dans une étude publiée dans Nature Communications, les chercheurs du Centre de recherche du CHUM, Jonathan Richard et Andrés Finzi, dévoilent un mimétique moléculaire innovant du récepteur CD4, nommé CJF-III-288, qui modifie la structure de l’enveloppe du VIH de manière inédite, déclenchant une réponse immunitaire plus efficace contre le virus.
Ce mimétique, proche de la protéine CD4 utilisée par le VIH pour infecter les cellules, se lie au virus et le force à exposer ses points faibles au système immunitaire. Contrairement aux mimétiques précédents, CJF-III-288 agit à faible dose sur plusieurs souches primaires du VIH, permettant aux anticorps spécifiques anti-CoRBS d’induire une cytotoxicité à médiation cellulaire dépendante des anticorps (ADCC), un mécanisme clé pour éliminer les cellules infectées.
Selon le virologue Jonathan Richard, associé de recherche au laboratoire d’Andrés Finzi : « Cette molécule redonne efficacité aux anticorps anti-CoRBS qui, auparavant, étaient inefficaces sans le mimétique CD4 et d’autres anticorps complémentaires. » Ce mécanisme représente une percée majeure dans la lutte contre les réservoirs viraux, ces cellules dormantes responsables de la persistance de l’infection malgré les traitements actuels.
Le mimétique CJF-III-288 agit en ouvrant de façon asymétrique et flexible l’enveloppe virale, facilitant le recrutement des cellules NK, essentielles pour détruire les cellules infectées. Cette flexibilité inégalée est au cœur de l’efficacité retrouvée des anticorps anti-CoRBS, explique Andrés Finzi, professeur de virologie à l’Université de Montréal.
L’étude, fruit d’une collaboration internationale impliquant des experts en modélisation animale, chimie, cryomicroscopie électronique et visualisation en temps réel de glycoprotéines, a montré l’efficacité du mimétique sur des échantillons de plasma de patients et sur des souris humanisées. Ces dernières ont vu un retard significatif de la réapparition du virus après arrêt de la thérapie antirétrovirale, indiquant une réduction importante des réservoirs viraux.
Les chercheurs envisagent désormais de combiner CJF-III-288 avec des cocktails d’anticorps et de poursuivre les tests sur des primates non humains, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour diminuer la dépendance aux traitements à vie.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 41 millions de personnes vivent avec le VIH en 2024, avec 1,3 million de nouvelles infections détectées chaque année, soulignant l’urgence de développer des solutions innovantes.
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