
(English below)
Carle Jasmin (Image : Drogue, aide et référence)
Il existe une situation qui empoisonne plus particulièrement les communautés LGBT, cela est connu depuis longtemps : la surconsommation de drogues de rue, le chemsex et l’usage de substances illicites.
Toutes les personnes LGBT ne consomment pas davantage de drogues, mais plusieurs études en santé publique montrent effectivement des taux plus élevés dans certains sous-groupes. Cela s’explique moins par l’orientation ou l’identité en soi que par des facteurs sociaux et psychologiques.
Stress minoritaire et consommation
L’un des principaux éléments est ce qu’on appelle le stress minoritaire. Les personnes LGBT sont plus susceptibles de faire face à la stigmatisation, au rejet familial, à l’intimidation ou à la discrimination. Cette pression constante peut générer de l’anxiété, de la dépression ou un sentiment d’isolement, et certaines personnes utilisent alors les substances comme moyen de soulagement ou d’évasion.
La solitude et le manque de soutien jouent aussi un rôle important. Lorsqu’on se sent en marge ou incompris, la consommation peut devenir une façon de composer avec l’ennui, le vide ou la détresse émotionnelle. À cela s’ajoute le fait que, historiquement, certains espaces de socialisation LGBT — bars, clubs, événements festifs — ont été associés à l’alcool et aux drogues, ce qui peut normaliser leur usage dans certains contextes.
Le phénomène du chemsex, surtout présent chez certains hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, s’inscrit également dans cette dynamique : il mêle sexualité, recherche de connexion et consommation de substances, parfois pour réduire les inhibitions ou augmenter le plaisir, mais avec des risques importants.
Enfin, l’accès inégal aux services de santé mentale adaptés et sans jugement peut aggraver la situation. Lorsqu’on ne trouve pas d’aide sécurisante, on peut se tourner vers des solutions plus risquées.
L’histoire de Franck
Hier, en parlant avec un ami qui a des problèmes de consommation de drogues illégales depuis environ un an et, après avoir été hospitalisé à deux reprises pour des psychoses liées à cette consommation, dans une conversation franche, ouverte et empreinte d’empathie, je lui ai demandé quels étaient les éléments déclencheurs de ses désirs de consommation.
Si j’ai abordé avec lui sa consommation, c’est parce que, selon moi, il n’est pas trop tard pour essayer de l’aider à se sortir de ce cercle vicieux qui l’empêche de vivre une vie valorisante.
Le sevrage : premier défi à surmonter
Évidemment, il y a le sevrage, qui constitue la première cause de son désir de consommer. Le sevrage est le processus par lequel une personne cesse ou réduit la consommation d’une substance dont son organisme est devenu dépendant, comme l’alcool, les drogues ou certains médicaments. Lorsque cette consommation s’arrête, le corps et le cerveau, habitués à la présence du produit, réagissent par des symptômes physiques et psychologiques appelés symptômes de sevrage.
Ces manifestations varient selon la substance, la durée de consommation et l’état de santé de la personne. Elles peuvent inclure de l’anxiété, de l’irritabilité, des tremblements, des sueurs, des troubles du sommeil, des nausées ou, dans les cas plus graves, des hallucinations et des crises. Le sevrage peut donc être inconfortable, voire dangereux, et nécessite parfois un encadrement médical.
Sur le plan psychologique, le sevrage s’accompagne souvent d’un fort désir de consommer à nouveau, appelé « craving ». Cette envie intense peut rendre l’arrêt difficile et entraîner des rechutes. C’est pourquoi le soutien d’un professionnel de la santé, ainsi que l’accompagnement psychologique et social, sont souvent essentiels pour réussir un sevrage.
Solitude et manque de soutien
Outre le sevrage, il m’a dit que la solitude et l’ennui le poussaient à consommer. Les conseils qu’on lui a prodigués à l’hôpital ainsi que la travailleuse sociale qu’il rencontre une fois par semaine ne suffisent pas à contrôler son envie. Ce qu’il souhaiterait, c’est avoir accès à un service d’aide et de soutien téléphonique, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, qui lui permettrait de parler à un intervenant lorsque les déclencheurs se manifestent.
Ce qu’il ne savait pas, c’est que le magazine Gay Globe a eu, pendant plus de 25 ans, un annonceur qui offre justement ce type de service.
Drogue : aide et référence
La mission de Drogue : aide et référence est relativement simple, mais essentielle sur le plan humain et social : offrir une aide immédiate, accessible et sans jugement aux personnes touchées par la consommation de substances.
Concrètement, cet organisme québécois a pour objectif d’informer, soutenir, écouter et orienter toute personne préoccupée par la consommation de drogues, d’alcool ou de médicaments — que ce soit pour elle-même ou pour un proche.
Sa mission repose sur plusieurs piliers fondamentaux. D’abord, offrir une écoute active et confidentielle, permettant aux gens de parler librement de leur situation sans crainte d’être jugés. Ensuite, fournir une information claire et fiable sur les substances, leurs effets et les conséquences de la dépendance. Le service agit aussi comme un pont vers les ressources spécialisées, en orientant les appelants vers les centres ou les services les mieux adaptés à leur situation.
Un aspect central de leur mission est l’accessibilité : le service est gratuit, bilingue, disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, par téléphone ou clavardage. Cela permet d’intervenir précisément au moment où une personne en ressent le besoin, notamment lors de crises ou de déclencheurs.
Leur rôle ne se limite pas aux personnes dépendantes. Ils soutiennent aussi l’entourage (famille, amis) et les intervenants, reconnaissant que la dépendance est une réalité qui touche tout un réseau humain.
Franck ne connaissait pas ce service et, en sa présence, je les ai contactés afin de le mettre en relation avec eux. Il a beaucoup apprécié savoir qu’il pouvait, en tout temps, parler à quelqu’un qui pourrait l’aider à mieux gérer sa situation. Il ne se sentait plus seul dans son combat pour reprendre le contrôle de sa vie.
Drogue Aide et Référence : 24/7. Gratuit. Confidentiel.
Téléphone : 514.527.2626 ou 1.800.265.2626
Site web : https://www.aidedrogue.ca/
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There is a situation that particularly poisons LGBT communities, and it has been known for a long time: the overconsumption of street drugs, chemsex, and the use of illicit substances.
Not all LGBT people consume more drugs, but several public health studies show indeed higher rates in certain subgroups. This is less explained by orientation or identity itself and more by social and psychological factors.
Minority stress and substance use
One of the main factors is what is called minority stress. LGBT people are more likely to face stigma, family rejection, bullying, or discrimination. This constant pressure can generate anxiety, depression, or a sense of isolation, and some individuals then use substances as a means of relief or escape.
Loneliness and lack of support also play an important role. When people feel marginalized or misunderstood, consumption can become a way to cope with boredom, emptiness, or emotional distress. In addition, historically, certain LGBT social spaces—bars, clubs, festive events—have been associated with alcohol and drugs, which can normalize their use in certain contexts.
The chemsex phenomenon, especially present among some men who have sex with men, also fits into this dynamic: it mixes sexuality, the search for connection, and substance use, sometimes to reduce inhibitions or increase pleasure, but with significant risks.
Finally, unequal access to mental health services that are adapted and nonjudgmental can worsen the situation. When safe help is not available, people may turn to riskier solutions.
Franck’s story
Yesterday, while talking with a friend who has been struggling with illegal drug use for about a year, and after having been hospitalized twice for psychoses related to this consumption, in an open, frank, and empathetic conversation, I asked him what the triggers for his urges were.
I addressed his consumption because, in my opinion, it is not too late to try to help him get out of this vicious circle that prevents him from living a fulfilling life.
Withdrawal: the first challenge
Of course, there is withdrawal, which is the primary cause of his urge to consume. Withdrawal is the process by which a person stops or reduces the consumption of a substance to which their body has become dependent, such as alcohol, drugs, or certain medications. When this consumption stops, the body and brain, accustomed to the presence of the substance, react with physical and psychological symptoms called withdrawal symptoms.
These manifestations vary depending on the substance, the duration of consumption, and the person’s health status. They can include anxiety, irritability, tremors, sweating, sleep disturbances, nausea, or, in more severe cases, hallucinations and seizures. Withdrawal can therefore be uncomfortable, even dangerous, and sometimes requires medical supervision.
Psychologically, withdrawal is often accompanied by a strong desire to consume again, called a “craving.” This intense urge can make stopping difficult and lead to relapses. That is why support from a healthcare professional, as well as psychological and social support, is often essential for successful withdrawal.
Loneliness and lack of support
Beyond withdrawal, he told me that loneliness and boredom pushed him to consume. The advice given to him at the hospital, as well as the social worker he meets once a week, are not enough to control his urge. What he would like is access to a telephone support and help service, available 24/7, which would allow him to speak to a counselor when triggers occur.
What he didn’t know is that Gay Globe magazine had, for more than 25 years, an advertiser who provides exactly this type of service.
Drogue: aide et référence
The mission of Drogue: aide et référence is relatively simple, yet essential on a human and social level: to provide immediate, accessible, and nonjudgmental support to people affected by substance use.
Specifically, this Quebec-based organization aims to inform, support, listen, and guide anyone concerned about drug, alcohol, or medication use—whether for themselves or a loved one.
Their mission relies on several fundamental pillars. First, to offer active and confidential listening, allowing people to speak freely about their situation without fear of judgment. Then, to provide clear and reliable information on substances, their effects, and the consequences of dependency. The service also acts as a bridge to specialized resources, directing callers to the centers or services best suited to their situation.
A central aspect of their mission is accessibility: the service is free, bilingual, available 24/7, by phone or chat. This allows intervention precisely at the moment a person needs it, especially during crises or triggers.
Their role is not limited to people with dependencies. They also support the network—family, friends, and professionals—recognizing that addiction is a reality that affects an entire human network.
Franck did not know about this service, and in his presence, I contacted them to connect him. He greatly appreciated knowing that he could, at any time, speak to someone who could help him better manage his situation. He no longer felt alone in his fight to regain control of his life.
Drogue Aide et Référence: 24/7. Free. Confidential.
Phone: 514.527.2626 or 1.800.265.2626
Website: https://www.aidedrogue.ca/
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🇫🇷 Articles en français
1. Chemsex : une hécatombe sans précédent à Montréal
Ce long article présente les chiffres récents des décès possiblement liés au chemsex à Montréal, les substances impliquées (méthamphétamine, GHB, fentanyl), les risques pour la santé et les ressources communautaires disponibles pour soutien et prévention.
👉 https://gayglobe.net/chemsex-une-hecatombe-sans-precedent-a-montreal/
2. What is Chemsex? (en anglais mais publié dans la section francophone de Gay Globe)
Un article explicatif qui détaille ce qu’est le chemsex, les drogues les plus souvent utilisées comme le crystal meth ou le GHB, et les risques physiques et psychologiques associés à cette pratique.
👉 https://gayglobe.net/what-is-chemsex/
🇬🇧 Article en anglais
3. Chemsex: An Unprecedented Death Toll in Montreal
Analyse des données montrant une augmentation des décès liés au chemsex à Montréal, avec statistiques sur la mortalité suspectée par intoxication et discussion sur les substances impliquées et les populations touchées.
👉 https://gayglobe.net/chemsex-an-unprecedented-death-toll-in-montreal/