RÉJEAN THOMAS, M.D. …Ou comment dire merci, en couleur!

Roger-Luc Chayer

Il y a des moments où, dans la carrière d’un journaliste, le destin fait parfois que l’on rencontre des êtres si connus et possédant une telle renommée, qu’on ne sait plus par où et par quoi commencer…

C’est ce qui s’est produit avant mon entrevue avec le docteur le plus populaire au Québec, Réjean Thomas. Au début, je voulais relater ma conversation en page éditoriale mais voilà, avec sa magie habituelle, son discours facile et toujours innovateur, j’ai vite réalisé que l’espace allait manquer. C’est donc ici que se devait d’être publiée cette entrevue exclusive et inusitée, car avec la permission du Dok, je me suis permis de poser des questions qui sortaient des sentiers battus, confrontant même mes propres préjugés et clichés sur la santé gaie en général.

Réjean Thomas, pour la petite histoire, est le cofondateur de la Clinique l’Actuel de Montréal, premier cabinet de médecins spécialisés en santé gaie (VIH/SIDA) et il est aussi un des médecins les plus connus au monde pour son approche spécifique dans la prévention et le bien-être moral des personnes touchées par le VIH. Au Canada, il est l’un des médecins qui en sait le plus sur la question de la gestion pré et post VIH et il se fait un plaisir de livrer son expertise là et quand il le faut. Il n’a pas peur des avions croyez-moi!

Sur la question d’une «explosion» de cas de VIH, annoncée par l’OMS à la mi-juillet, le docteur Thomas constate plus ou moins ce fait en clinique mais ce qu’il observe, en fait, est une nette remontée, explosive cette fois-ci en effet, des cas de maladies transmises sexuellement comme la Syphilis, l’Hépatite C ou de Lymphogranulome. À noter qu’il observe une nette diminution des cas de VIH chez les toxicomanes, ce qui, selon lui, est un exploit. Quand je lui demande si les médias gais en font assez et de la bonne manière face au VIH, là, son opinion est directe: «Avant, les homosexuels étaient très préoccupés évidemment par le VIH parce qu’on pouvait en mourir alors qu’aujourd’hui, une certaine négation de la maladie existe et les priorités sont le mariage, la famille, les enfants, l’adoption, etc», déclare le Dok, mais «un grave problème de stigmatisation persiste à l’encontre des personnes atteintes du VIH et c’est là que nous devrions collectivement centrer nos efforts». Quand je consulte les personnes que je respecte le plus autour de moi, celles en qui l’opinion a le plus d’importance dans mes stratégies média, le nom de Réjean Thomas revient toujours comme celui qui a véritablement le plus contribué à notre bonne santé, de même qu’à notre émancipation sociale comme gais. En cela, le célèbre Dok des grandes causes méritait notre hommage, et notre couverture!

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