Roger-Luc Chayer
Je vous invite à lire l’article en page 5 de cette édition portant sur le Docteur Réjean Thomas et l’hommage que nous souhaitons lui rendre avec une couverture à l’image de la Fierté, car non seulement ses propos et ses analyses sont d’actualité, mais il se passe quelque chose avec la santé gaie qu’il faut réaliser.
En effet, pendant l’entrevue, le Dok Thomas m’a confirmé que trop de gais ne souhaitent pas se faire dépister pour le VIH ou ne se contrôlent pas régulièrement. Ceci est d’autant plus grave que 15% des gais seraient séropositifs, ne le savent même pas ou le savent et refusent de se faire traiter. C’est très grave car nous avons aujourd’hui les moyens de contrôler directement le taux de transmission, pas juste avec la prévention abstraite ou l’abstinence, comme on nous le recommandait dans les années ‘80, mais avec des techniques, des médicaments, des outils et des approches efficaces qui pourraient régler la question de la transmission et faire chuter le taux de VIH au Québec à des niveaux très bas et cela, en seulement 5 ans si on s’y mettait.
Il y a deux façons efficaces de s’y mettre: Se traiter avant d’être exposé au virus ou se traiter après y avoir été exposé et être devenu séropositif. Dans les deux cas, les résultats sont spectaculaires sur la durée et la qualité de vie, il faudrait donc passer à l’action, et vite!
Une autre situation au sein de la communauté gaie a été discutée lors de l’entrevue avec le Dok Thomas, c’est la méprise entre le fait d’être séronégatif et le fait d’être indétectable.
Beaucoup et je dis BEAUCOUP d’hommes séropositifs se prétendent de plus en plus le contraire, séronégatifs donc, du fait que leurs analyses sanguines démontrent qu’ils sont maintenant «indétectables». Or, il faut bien le comprendre, parce que la méprise peut coûter cher si on y croit, c’est que l’indétectabilité ne signifie pas que le virus ne soit plus présent, mais seulement qu’il est en moindre quantité dans le sang. La norme à l’ONUSIDA est de considérer qu’une personne est «indétectable» si elle a moins de 40 copies/mll de sang. Même si elle est indétectable, si elle passe un test de dépistage, elle sera toujours séropositive. Conclusion, même si une personne est classée indétectable, elle porte quand même le virus en elle et peut le transmettre même si nous savons qu’à ces niveaux, le risque est faible.
Le Docteur Réjean Thomas est une source infinie de bon sens, c’est clair. Au moment d’écrire ces lignes, il était déjà parti assister à des congrès en Asie, en Australie et ailleurs. Infatigable, ce phénomène unique à notre communauté est perçu comme un des hommes les plus aimés et respectés au Québec. Cool n’est-ce pas?