
Carle Jasmin (Image : Pixabay)
L’hépatite B a fait l’objet de campagnes de vaccination auprès des hommes gays à une certaine époque, en raison de sa propagation rapide et des risques de décès, particulièrement lorsqu’elle était associée au VIH. Ces campagnes gratuites comprenaient les vaccins contre les hépatites A et B et ont fait toute une différence dans les années qui ont suivi, avec des effets qui se font encore sentir aujourd’hui, alors que le taux d’infection est à son plus bas.
Toutefois, les personnes atteintes qui n’ont pas été vaccinées doivent prendre de nombreux médicaments pour contrôler le virus, ce qui représente un coût important pour la société. Or, un nouveau médicament vient d’être approuvé par la FDA américaine et permet une « guérison fonctionnelle » chez certaines personnes, même s’il ne s’agit pas d’une guérison complète et définitive.
Parlons-en !
Qu’est-ce que l’hépatite B ?
L’hépatite B est une infection virale qui s’attaque principalement au foie. Provoquée par le virus de l’hépatite B (VHB), elle peut entraîner une inflammation de cet organe essentiel, parfois sans provoquer de symptômes apparents pendant plusieurs années. C’est justement ce caractère silencieux qui rend cette infection particulièrement préoccupante.
Le virus se transmet principalement par contact avec du sang ou des liquides biologiques infectés, notamment lors de relations sexuelles sans protection, du partage de matériel servant à l’injection de drogues ou de l’utilisation d’instruments contaminés. Une mère infectée peut également transmettre le virus à son enfant au moment de l’accouchement.
Chez certaines personnes, l’organisme parvient à éliminer naturellement le virus après une infection aiguë. Chez d’autres, particulièrement lorsque l’infection survient durant la petite enfance, le virus persiste et devient chronique. Cette forme peut évoluer vers des complications graves, notamment la cirrhose, l’insuffisance hépatique et le cancer du foie.
Il faut toutefois distinguer la prévention du traitement. Une personne déjà infectée ne peut pas être guérie par le vaccin. Les personnes vivant avec une hépatite B chronique peuvent devoir prendre des médicaments antiviraux pendant de nombreuses années, parfois toute leur vie, afin de maintenir le virus sous contrôle et de réduire les risques de complications.
Qu’est-ce que le bepirovirsen?
Le bepirovirsen est un nouveau médicament développé par le laboratoire pharmaceutique britannique GSK en collaboration avec la société américaine Ionis Pharmaceuticals. Il représente une nouvelle approche dans le traitement de l’hépatite B chronique, une infection virale qui touche des centaines de millions de personnes dans le monde.
Commercialisé sous le nom de Hibsago, ce médicament a été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) américaine le 20 octobre 2026. Il s’agit du premier médicament de sa catégorie autorisé par cette agence pour traiter l’hépatite B chronique. FDA+1
Contrairement aux antiviraux classiques, qui cherchent principalement à empêcher le virus de se multiplier, le bepirovirsen utilise une technologie appelée oligonucléotide antisens.
En termes simples, il agit comme une sorte de message génétique de blocage. Il reconnaît certaines séquences d’ARN utilisées par le virus de l’hépatite B pour fabriquer ses composants. Il se fixe à ces séquences et favorise leur destruction par un mécanisme naturel de la cellule.
Cette intervention réduit la production de matériel viral et de protéines associées à l’infection, notamment l’antigène de surface de l’hépatite B (HBsAg). Elle pourrait également aider le système immunitaire à reprendre le contrôle de l’infection. accessdata.fda.gov+1
Des résultats qui changent les perspectives
Les essais cliniques de phase III B-Well 1 et B-Well 2 ont démontré des résultats encourageants.
- 19 % des participants traités ont obtenu une guérison fonctionnelle.
- Chez ces personnes, le virus était indétectable dans le sang.
- L’antigène de surface HBsAg était également devenu indétectable.
- Cette situation persistait 24 semaines après l’arrêt de tous les traitements.
Le médicament est administré par injections sous-cutanées pendant une période pouvant atteindre 24 semaines, en association avec les antiviraux habituels. FDA+1
Est-ce une guérison définitive?
Pas exactement. La guérison fonctionnelle signifie que le virus est suffisamment contrôlé pour que le patient puisse, dans certaines conditions, arrêter les traitements antiviraux sans que l’infection réapparaisse durant la période de suivi Le matériel génétique du virus peut néanmoins persister dans les cellules du foie. Il ne s’agit donc pas d’une éradication garantie et définitive.
Le traitement comporte aussi des risques, notamment des réactions hépatiques graves et une diminution des plaquettes sanguines. Une surveillance médicale étroite est indispensable.
Jusqu’à maintenant, plusieurs personnes atteintes d’hépatite B chronique devaient prendre quotidiennement des antiviraux pendant des années, parfois toute leur vie, pour maintenir le virus sous contrôle Le bepirovirsen ouvre une nouvelle possibilité : celle de permettre à une partie de ces patients de vivre sans traitement antiviral continu.
Ce n’est pas encore une solution universelle, mais c’est un changement important dans la recherche d’un traitement capable de libérer durablement les personnes atteintes de cette infection.
Le médicament vient tout juste d’être approuvé au Canada et au Japon, l’Europe suivra sous peu.
PUBLICITÉ

Lire aussi
1. Le fil de presse en santé : les nouvelles avancées médicales et la prévention
2. VIH : deux injections par an, une nouvelle liberté pour les patients
3. VIH au Québec : pourquoi les hommes gais ne sont pas responsables de la hausse des diagnostics
4. Les dangers du papillomavirus : vaccination et prévention
5. VIH : les nouvelles statistiques révèlent une réalité que peu de gens connaissent