CHRONIQUE AUTO La Dodge Journey: L’Autobeaucoup 2.0

Philippe Lague

La Journey n’est pas une fourgonnette à proprement parler, mais plutôt un multisegment, appellation fourre-tout par excellence.

Comme les gens n’achètent plus de familiales et que les vraies fourgonnettes sont snobées, les constructeurs ont créé des hybrides qui sont un peu tout ça à la fois. Lorsqu’on leur ajoute la traction intégrale, ils empiètent aussi sur le terrain des VUS. La Journey joue plutôt dans les plates-bandes des Mazda5, Kia Rondo, Chevrolet Orlando et Ford C-Max. C’est cependant la seule à proposer des motorisations à 4 ou 6 cylindres ; la seule aussi à donner le choix entre 2 ou 4 roues motrices. Plus longue, plus large et plus haute que ses concurrentes, la Journey peut aussi se permettre une troisième banquette (en option). En fait de véhicule polyvalent, c’est dur à battre. Qu’ils soient petits ou grands, les véhicules multisegments misent sur leur habitabilité pour séduire les acheteurs. La Journey étant la plus volumineuse de sa catégorie, c’est aussi la plus spacieuse et celle qui offre le plus d’espace cargo. En entrée de gamme, la Journey reçoit un 4-cylindres de 2,4 litres, jumelé à une vétuste boîte automatique à quatre rapports. Étant donné le poids de la bête, je vous recommande plutôt le V6, d’autant qu’il ne consomme guère plus que le 4-cylindres: il dépense moins d’énergie pour se déplacer et en plus, sa boîte automatique compte deux rapports supplémentaires, ce qui est plus conforme à notre époque. Si la rapidité d’exécution n’est pas sa qualité première, sa fluidité est, en revanche, irréprochable. Je vous ai déjà dit tout le bien que je pense du V6 Pentastar, mais je vais encore le répéter : ce moteur est l’un des meilleurs de l’histoire de ce constructeur. Non, je ne beurre pas trop épais : il n’a pas de lacune et il peut être utilisé à toutes les sauces, dans une voiture de luxe comme dans un VUS. On le retrouve d’ailleurs dans la majorité des modèles de la famille Chrysler.

Cela dit, il ne faut pas espérer de miracle côté consommation, étant donné la masse du véhicule. L’injection directe et la boîte à six rapports, c’est bien beau, mais il faut aussi avoir des attentes conformes aux dimensions du véhicule. Évidemment, si l’agrément de conduite est votre priorité, vous n’êtes pas à la bonne adresse. Cela dit, ce n’est pas désagréable non plus ; je ne sais pas si c’est parce que la cinquantaine approche à grands pas, mais j’ai vraiment apprécié le confort de roulement de ce véhicule, comparable à celui d’une berline intermédiaire. Et si on conduit ce véhicule comme le conduisent ceux et celles qui en achètent un, il n’y aura pas de mauvaise surprise : il y a un peu de roulis, mais pas trop et la tenue de route est rassurante. Je précise cependant à nouveau que je conduisais une R/T Rallye à traction intégrale, chaussée de pneus de 19 pouces.

Rien à voir, donc, avec une Journey de base à deux roues motrices.

Dans l’ensemble, j’ai vécu un séjour agréable à bord de la Dodge Journey, mais j’ai failli m’étouffer quand j’ai regardé le prix de mon véhicule d’essai : avec les options, il atteignait 40 755 $ ! Je veux bien croire qu’il s’agissait d’une version tout équipée, avec V6 et traction intégrale de surcroît, mais je ne suis pas certain que je paierais une telle somme pour une Journey, aussi garnie soit-elle. (En fait, je suis plutôt certain du contraire !)

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NDLR: Il nous semblait important de compléter la chronique de notre collègue Philippe en vous mentionnant que ce véhicule est disponible à l’usagé à d’excellents prix. À voir!

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