Mpox, le retour du virus à Montréal

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Roger-Luc Chayer

La Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal a émis un Appel à la vigilance le 19 mai et des mises à jour les 27 mai, 3 juin, 14 juin, 13 juillet, 16 août et 4 octobre pour informer les professionnels du réseau d’une éclosion de mpox à Montréal. 

De mai à octobre 2022, 400 cas probables et confirmés de mpox ont été diagnostiqués à Montréal. Le 14 février 2023, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) annonçait la fin de l’éclosion de mpox au Québec. L’organisation mondiale de la santé (OMS) considère toujours la situation mondiale en lien avec la mpox comme une urgence de santé publique de portée internationale. L’épidémie continue d’affecter disproportionnellement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) et le mode de transmission prédominant demeure le contact direct (peau-à-peau, peau-à-muqueuse, muqueuse-à-muqueuse) avec une personne infectée lors de contacts sexuels.

Après plusieurs mois sans déclaration de nouveaux cas dans la région de Montréal, la DRSP a été avisée de deux cas confirmés par laboratoire depuis le 17 mars 2023. Il s’agit de HARSAH qui ont acquis la maladie par le biais de contacts sexuels lors d’un voyage dans des pays où une transmission locale est documentée (voir la section des tendances récentes dans les données épidémiologiques de l’OMS). 

Les deux cas avaient reçu une et deux doses de vaccin contre la mpox. Les deux cas ont présenté des symptômes typiques, sans facteurs de gravité ni hospitalisation.

La vaccination avec le vaccin Imvamune réduit le risque d’infection et la gravité de la maladie. La vaccination primaire complète est composée de 2 doses à au moins 28 jours d’intervalle. Au début de l’éclosion de mpox, dans un contexte d’approvision-nement limité du vaccin, une seule dose de vaccin a été rendue disponible aux personnes éligibles (excepté pour les personnes immunodéprimées) afin de vacciner un plus grand nombre de personnes. Depuis le 6 octobre 2022, toutes les personnes éligibles peuvent recevoir la deuxième dose du vaccin. 

Il est estimé qu’environ 54 % de la population montréalaise à risque a reçu la première dose du vaccin contre la mpox et

seulement 24 % la deuxième dose.

La surveillance des eaux usées ne suggère pas qu’il y a actuellement une transmission locale soutenue non-détectée à Montréal, mais les dernières données disponibles datent de la semaine du 6 au 12 mars. Par ailleurs, des cas de mpox ont également été détectés dans la ville de Toronto, dont plusieurs auraient acquis la maladie localement. D’autres grandes villes nord-américaines ont également observé des cas de mpox en 2023.

NDLR: Chicago est fortement atteinte du mpox et il est à prévoir qu’avec la saison touristique à Montréal et aux grands rassemblements, le virus risque de se propager encore plus dans la métropole. La vaccination est gratuite et disponible dans les centres de vaccination du Ministère de la santé du Québec dans toutes les régions.